L’arthrose des doigts correspond à une atteinte progressive des petites articulations de la main. Elle touche principalement les articulations situées près des ongles (interphalangiennes distales), celles du milieu des doigts (interphalangiennes proximales), ainsi que la base du pouce (articulation trapézo-métacarpienne). Lorsque cette zone du pouce est concernée, on parle alors de rhizarthrose.
Dans une articulation saine, les extrémités osseuses sont recouvertes d’un cartilage lisse et élastique, véritable amortisseur naturel. Il permet aux os de glisser l’un contre l’autre sans frottement excessif et absorbe les contraintes liées aux mouvements quotidiens. Avec le temps et sous l’effet de différents facteurs, ce cartilage peut s’amincir, se fragiliser et se fissurer. L’os situé juste en dessous réagit alors en se remodelant et peut former de petites excroissances appelées ostéophytes, à l’origine des nodosités visibles sur certains doigts. L’articulation devient moins fluide et plus sensible, ce qui peut réduire la précision et la force des gestes fins.
L’arthrose est un processus chronique : nous ne pouvons pas reconstruire un cartilage déjà altéré, mais nous pouvons agir pour préserver la mobilité, soutenir les tissus environnants, limiter l’inconfort et maintenir la fonctionnalité de la main au quotidien.
Que se passe-t-il exactement dans l’articulation ?
Pour comprendre l’arthrose, il faut examiner ce qu'il se passe à l’intérieur de l’articulation. Dans une articulation saine, le cartilage, riche en collagène, en protéoglycanes et en eau, assure résistance et élasticité. Il est lubrifié par le liquide synovial, dont l’acide hyaluronique permet un glissement optimal et protège les tissus.
Dans l’arthrose des doigts, plusieurs changements surviennent : la production de collagène diminue tandis que sa dégradation augmente. Les chondrocytes, cellules chargées d’entretenir le cartilage, voient leur activité modifiée par différents facteurs, notamment le vieillissement, les hormones, la génétique et les contraintes mécaniques répétées. Le cartilage perd en hydratation et en souplesse, le liquide synovial devient moins visqueux, et de petites réactions inflammatoires locales stimulent des enzymes qui fragilisent la matrice cartilagineuse. L’os sous-jacent se densifie et forme parfois des excroissances appelées ostéophytes.
L’articulation devient moins stable, moins souple et plus sensible aux mouvements. Les gestes fins peuvent perdre en précision et en force. Bien comprendre ces mécanismes permet d’adopter une approche cohérente, visant à soutenir le cartilage, préserver la lubrification et maintenir la mobilité articulaire.





































