L’Harpagophytum, également appelé Harpagophyton ou griffe du diable, est une plante rampante originaire des régions semi-désertiques d’Afrique australe. Les deux espèces principalement utilisées en phytothérapie sont Harpagophytum procumbens et Harpagophytum zeyheri, de la famille des Pédaliacées. Son surnom vient de ses fruits pourvus de crochets. Ce ne sont cependant pas les fruits mais les racines secondaires tubéreuses qui sont employées. Après leur récolte, elles sont découpées puis séchées avant d’être transformées en poudre ou en extrait. La racine d’Harpagophytum contient plusieurs composés, dont des iridoïdes. L’harpagoside est le plus connu et sert souvent de marqueur pour évaluer la composition des extraits, mais il n’est pas le seul composé impliqué dans les propriétés de la plante.

Quels sont les bienfaits de l'Harpagophytum sur l'arthrose ?
Par Olivia Rabadan
Publié le: mercredi 06 août 2025, Mis à jour le: mercredi 30 septembre 2026
Lecture: +4 min
L’Harpagophytum est l’une des plantes les plus utilisées pour accompagner naturellement les douleurs liées à l’arthrose. Sa racine, riche en harpagosides, est traditionnellement appréciée pour contribuer au confort articulaire, atténuer les sensations de raideur et préserver la mobilité. Disponible sous différentes formes, elle peut compléter les mesures recommandées pour prendre soin de ses articulations au quotidien. Dans cet article, découvrez les bienfaits de l’Harpagophytum sur l’arthrose, ses différentes utilisations et les précautions à connaître.
Sommaire
Produits associés
Qu’est-ce que l’Harpagophytum ?
Quel lien entre l’Harpagophytum et l’arthrose ?
L’arthrose est une maladie qui affecte progressivement l’ensemble de l’articulation, notamment le cartilage, l’os sous-chondral, la membrane synoviale et les tissus environnants. Elle peut entraîner des douleurs principalement déclenchées par les mouvements, une raideur après une période d’inactivité et une diminution de la mobilité. Des réactions inflammatoires locales peuvent également contribuer aux épisodes douloureux.
L’intérêt de l’Harpagophytum repose principalement sur les iridoïdes présents dans sa racine secondaire, dont l’harpagoside. Les données expérimentales suggèrent que les extraits de la plante pourraient moduler plusieurs voies biologiques impliquées dans les réactions inflammatoires et la perception de la douleur. Ces propriétés pourraient expliquer son usage traditionnel pour apaiser les gênes articulaires, atténuer les sensations de raideur et faciliter les mouvements du quotidien.
Plusieurs essais cliniques menés chez des personnes souffrant de douleurs articulaires liées à l’arthrose ont observé une amélioration de la douleur ou de la mobilité après quelques semaines de prise. Ces résultats restent cependant variables selon la composition des extraits, leur teneur en harpagosides, les quantités utilisées et la méthodologie des études. Sur la base de son usage ancien, l’Agence européenne des médicaments reconnaît l’utilisation traditionnelle de la racine d’Harpagophytum pour soulager les douleurs articulaires mineures. Les données disponibles ne permettent toutefois pas de déterminer précisément quelles préparations sont les plus efficaces ni de confirmer leurs effets à long terme (1, 2).
L’Harpagophytum peut ainsi constituer un soutien intéressant pour améliorer le confort articulaire de certaines personnes souffrant d’arthrose. Lorsqu’un bénéfice est observé, il concerne principalement la douleur, la raideur et le confort articulaire. Son action reste donc symptomatique : il ne reconstruit pas le cartilage et aucune donnée ne démontre qu’il puisse, à lui seul, ralentir l’évolution de la maladie. Il doit donc être utilisé en complément d’une activité physique adaptée et des soins recommandés par les professionnels de santé.
Pourquoi consommer de l’Harpagophytum ?
En cas d’arthrose, l’Harpagophytum est principalement recherché pour ses effets sur la douleur, la raideur et la mobilité articulaire.
Pour accompagner les douleurs articulaires mineures
L’usage le mieux documenté de l’Harpagophytum concerne les douleurs articulaires légères à modérées. Chez certaines personnes souffrant d’arthrose, sa prise peut contribuer à rendre les mouvements du quotidien plus confortables. Cet effet reste variable et n’est pas systématique.
Pour réduire la sensation de raideur
L’arthrose peut provoquer une raideur après le réveil ou une période d’immobilité. Certains essais cliniques suggèrent que des extraits d’Harpagophytum peuvent atténuer cette sensation après plusieurs semaines d’utilisation. La plante ne remplace toutefois pas les exercices de mobilité et le renforcement musculaire, qui restent essentiels.
Pour soutenir la mobilité articulaire
Une diminution de la douleur et de la raideur peut faciliter la marche ou certains gestes devenus inconfortables. L’Harpagophytum peut ainsi accompagner le maintien de la mobilité, en complément d’une activité physique adaptée et des recommandations d’un professionnel de santé.
Quels sont les bienfaits de l’Harpagophytum ?
La racine d’Harpagophytum est traditionnellement utilisée pour le confort articulaire, mais aussi pour accompagner certains troubles digestifs passagers.
Contribuer au confort articulaire : elle est traditionnellement utilisée pour soulager les douleurs articulaires mineures et les sensations de raideur
Accompagner la mobilité : elle peut aider certaines personnes à retrouver davantage de confort lors des mouvements du quotidien
Favoriser le confort digestif : ses composés amers sont traditionnellement employés en cas de ballonnements, de flatulences ou de digestion lente
Stimuler temporairement l’appétit : l’Harpagophytum peut être utilisé lors d’une perte d’appétit passagère, grâce à l’amertume de sa racine.
Ses bienfaits digestifs et articulaires reposent principalement sur l’ancienneté de l’usage de la plante. Les preuves cliniques restent limitées et ne permettent pas de lui attribuer une efficacité comparable à celle d’un médicament.
Le mot de la Docteure en nutrition
Pourquoi on la surnomme « griffe du diable » ?
Harpagophytum procumbens, communément appelé « griffe du diable », est une plante vivace aux tiges rampantes et aux fleurs tubulaires. Son nom botanique vient de « harpagos » qui signifie « crochet ». En effet, ses fruits lignifiés sont armés de crochets acérés. Ils s’accrochent ainsi facilement aux poils des animaux, permettant à la plante de disséminer ses graines, d’où le surnom de « griffe du diable ».
Lila Bouder - Docteure en nutriton et consultante scientifique
Comment utiliser l’Harpagophytum ?
Étape 1 : choisir une forme adaptée
L’Harpagophytum se présente sous forme de poudre de racine, de gélules, de comprimés, de tisane ou d’extrait liquide. Les extraits secs standardisés permettent généralement de connaître plus précisément la quantité de plante ou d’harpagosides apportée chaque jour. Les gels et baumes contenant de l’Harpagophytum sont destinés à un usage cutané. Leur composition et leur mode d’action diffèrent des préparations orales : les résultats obtenus avec un extrait ingéré ne peuvent pas leur être directement transposés.
Étape 2 : vérifier la composition du produit
Consultez la quantité d’Harpagophytum apportée par la dose journalière, le type d’extrait utilisé, son ratio d’extraction et, lorsque cette information est disponible, sa teneur en harpagosides. Une concentration élevée ne garantit pas nécessairement un meilleur résultat. Privilégiez un produit dont la composition, la dose journalière et les précautions d’utilisation sont clairement indiquées.
Étape 3 : respecter la dose recommandée
Les quantités ne peuvent pas être transposées d’un produit à un autre, car elles dépendent de la forme utilisée et de la concentration de l’extrait. Respectez toujours les indications du fabricant ou les conseils de votre pharmacien. En cas de sensibilité digestive, une prise au cours d’un repas peut être mieux tolérée, si les indications du produit le permettent.
Étape 4 : évaluer la tolérance et les effets
Les effets éventuels sur le confort articulaire ne sont généralement pas immédiats. Observez l’évolution de la douleur, de la raideur et de la mobilité, sans modifier vous-même votre traitement habituel. Si les douleurs persistent au-delà de quatre semaines, s’intensifient ou si aucun bénéfice n’est constaté, demandez l’avis d’un professionnel de santé avant de poursuivre l’utilisation.
Quelle routine naturelle pour soutenir la santé musculaire et articulaire ?
Différents soins et compléments alimentaires peuvent être utilisés pour accompagner le confort musculaire et articulaire, dans le respect de leurs précautions spécifiques.
Pour en savoir plus, découvrez notre Routine Détente Musculaire
Quels gestes adopter pour limiter les douleurs et préserver ses articulations ?
Il n’est pas toujours possible de prévenir l’arthrose, car l’âge, les prédispositions familiales, certaines anomalies articulaires et les traumatismes anciens jouent également un rôle. Plusieurs habitudes peuvent néanmoins contribuer à réduire les douleurs, à préserver la mobilité et à limiter les contraintes exercées sur les articulations. L’exercice thérapeutique adapté fait d’ailleurs partie des principales mesures recommandées dans la prise en charge de l’arthrose. (3)
Bouger régulièrement : la marche, la natation, le vélo ou des exercices adaptés entretiennent la mobilité et évitent les effets d’une immobilité prolongée. Après plusieurs heures en position assise ou allongée, réalisez quelques mouvements doux pour délier progressivement les articulations
Renforcer les muscles : des muscles suffisamment forts soutiennent les articulations et absorbent une partie des contraintes mécaniques. Un kinésithérapeute peut vous proposer des exercices adaptés à votre niveau, à la localisation de l’arthrose et à vos capacités
Adapter les sollicitations : augmentez progressivement la durée et l’intensité de vos activités, alternez les périodes d’effort et de récupération et limitez les gestes répétitifs. Une douleur qui augmente nettement ou persiste après l’activité indique que celle-ci doit être ajustée
Préserver les articulations au quotidien : veillez à votre posture, utilisez du matériel adapté lors du travail ou du port de charges et respectez la rééducation nécessaire après une blessure avant de reprendre une activité intensive
Maintenir un poids favorable à votre santé : en cas de surpoids, une diminution progressive du poids peut réduire les contraintes exercées sur les genoux et les hanches. Cet objectif doit rester personnalisé et accompagné si nécessaire
Utiliser la chaleur avec discernement : une bouillotte tiède ou une douche chaude peut détendre les muscles et atténuer la sensation de raideur. Évitez cependant la chaleur sur une articulation très gonflée, rouge ou anormalement chaude
Adopter une alimentation équilibrée : privilégiez les légumes, les fruits, les légumineuses, les céréales complètes et les sources d’Oméga-3. Aucun aliment ni complément ne suffit à lui seul à prévenir l’arthrose ou à soulager durablement ses symptômes, mais une alimentation variée contribue au maintien d’une bonne santé générale.
Dans quels cas demander l’avis d’un professionnel de santé ?
Une douleur articulaire persistante nécessite un diagnostic précis, car elle n’est pas toujours liée à l’arthrose. Consultez si la douleur apparaît brutalement, devient très intense, vous réveille régulièrement la nuit ou limite fortement vos mouvements. Un gonflement important, une rougeur, une articulation anormalement chaude, de la fièvre, une déformation récente ou une impossibilité d’appui justifient également un avis médical rapide. Demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien avant de prendre de l’Harpagophytum si vous suivez un traitement, si vous souffrez d’une maladie chronique ou si vous prenez déjà plusieurs compléments alimentaires.
Précautions
L’Harpagophytum est réservé à l’adulte. Son utilisation est déconseillée pendant la grossesse et l’allaitement ainsi que chez les personnes de moins de 18 ans, faute de données suffisantes. Il ne doit pas être utilisé en cas d’ulcère gastrique ou duodénal. Un avis médical est nécessaire en présence de reflux gastro-œsophagien, de calculs biliaires ou d’une maladie cardiovasculaire. Une interaction avec les médicaments qui réduisent la coagulation sanguine est suspectée, notamment à la suite d’un cas rapporté avec la warfarine. Par prudence, demandez conseil à un professionnel de santé si vous prenez un anticoagulant ou un autre traitement au long cours. Les effets indésirables rapportés comprennent principalement des douleurs abdominales, des nausées, des vomissements, des diarrhées, des maux de tête, des vertiges et, plus rarement, des réactions allergiques.
Conseil de l’expert
Tous les produits à base d’Harpagophytum ne sont pas équivalents. Pour les comparer, ne vous fiez pas uniquement au nombre de milligrammes de poudre ou au pourcentage d’Harpagosides affiché sur l’emballage. Vérifiez également la quantité réellement apportée chaque jour, le type d’extrait utilisé et la clarté des précautions d’emploi. Votre pharmacien peut vous aider à choisir une référence adaptée à votre situation et à vérifier sa compatibilité avec vos médicaments.
Zoom sur notre rédactrice naturopathe, Olivia Rabadan

Naturopathe depuis 2020 et praticienne en massage bien-être, Olivia accompagne celles et ceux qui souhaitent retrouver un équilibre durable, naturellement. Son approche est à la fois professionnelle et profondément humaine. L’écriture est pour elle une façon d’allier pédagogie et partage, avec simplicité et sincérité. À travers ses articles, elle propose des conseils simples, concrets et accessibles, dans une vision globale de la santé.
Bibliographie
European Medicines Agency. "Harpagophyti radix - herbal medicinal produit"- Devil’s claw roo t: Summary for the public" (2016).
https://www.ema.europa.eu/en/medicines/herbal/harpagophyti-radix
Bargsten FE, Seifert R. "Devil's claw (Harpagophytum procumbens): is the buzz in Google justified?" Naunyn Schmiedebergs Arch Pharmacol. (2025).
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12350520/
NICE. "Osteoarthritis in over 16s: diagnosis and management". (2022).
https://www.nice.org.uk/guidance/ng226
Organisation Mondiale de la Santé. "Arthrose". (2023).
https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/osteoarthritis
Pierre M., Gayet C. Ma Bible de l’herboristerie.
Éditions Leduc.s. (2016).
Larousse des plantes médicinales : Identifier, cueillir, utiliser.
Larousse. (2015).
VIDAL.fr. "Quelle place pour les compléments alimentaires dans l'arthrose". (2025).
https://www.vidal.fr/maladies/appareil-locomoteur/arthrose-rhumatismes/complements-alimentaires.html














