À l’automne, les journées raccourcissent et l’exposition à la lumière naturelle devient moins importante. Chez certaines personnes, cette variation naturelle peut perturber certains rythmes biologiques et contribuer à la baisse de moral souvent appelée "déprime saisonnière". Faisons le point sur les mécanismes biologiques en cause et sur la manière dont ils peuvent influencer le sommeil, l’énergie et l’humeur.
Une horloge biologique influencée par la lumière
La lumière naturelle, notamment celle reçue le matin, aide notre horloge biologique à rester synchronisée avec l’alternance du jour et de la nuit (4). Lorsque les journées raccourcissent, cette exposition diminue. Chez les personnes sensibles aux variations saisonnières, cela peut perturber les rythmes circadiens et se traduire par une fatigue plus importante, une somnolence dans la journée ou des difficultés à se réveiller le matin. Peu à peu, cette fatigue peut s’installer et parfois s’accompagner d’une baisse de moral.
La production de mélatonine peut évoluer
La mélatonine est une hormone dont la production est étroitement liée au cycle lumière-obscurité (3). Elle participe notamment à la préparation de notre organisme au sommeil. Les changements de lumière peuvent perturber les rythmes circadiens et modifier, chez certaines personnes, les mécanismes liés au sommeil. 8(5). Cela peut notamment contribuer à une somnolence plus importante et à un besoin accru de sommeil, deux manifestations fréquemment retrouvées dans le trouble affectif saisonnier. La fatigue et l’envie de dormir davantage peuvent alors s’installer progressivement et peser sur l’énergie et le moral au quotidien.
L'activité sérotoninergique peut varier
La lumière naturelle intervient dans le fonctionnement de plusieurs neurotransmetteurs, dont la sérotonine, qui participe notamment à la régulation de l’humeur. Lorsque l’exposition à la lumière diminue, certains mécanismes liés à la sérotonine peuvent également être modifiés. Des travaux menés chez des personnes souffrant de dépression saisonnière suggèrent notamment l’existence de variations saisonnières du fonctionnement du système sérotoninergique, qui pourraient être associées à l’intensité des symptômes (6). La sérotonine n’explique toutefois pas à elle seule la dépression saisonnière, qui fait intervenir plusieurs mécanismes.