Les causes d’un saignement de nez sont multiples. Elles peuvent être locales, lorsqu’elles touchent directement les structures nasales, ou générales, lorsqu’elles découlent de l’état de santé global ou de déséquilibres internes.
La sécheresse de la muqueuse nasale et les variations climatiques
La sécheresse de l’air est l’une des causes les plus courantes d’épistaxis. En hiver, le chauffage, l’air climatisé ou les atmosphères confinées assèchent la muqueuse nasale. Cette déshydratation fragilise les capillaires et favorise la formation de croûtes qui, en se détachant, peuvent provoquer de petits saignements.
Les variations brusques de température entre l’intérieur et l’extérieur accentuent cette fragilité. Les muqueuses, mal hydratées, deviennent plus vulnérables aux microfissures et aux ruptures vasculaires.
Les traumatismes locaux
Les traumatismes de la muqueuse nasale représentent une cause fréquente de saignement, en particulier chez les enfants. Le grattage du nez ou l’introduction d’un doigt ou d’un corps étranger peut endommager les vaisseaux sanguins superficiels.
Un mouchage trop vigoureux, une éternuement bouche fermée ou un coup porté au nez peuvent également provoquer la rupture des capillaires.
Dans certains cas, un choc plus important (accident, chute, sport de contact) peut entraîner une fracture des os du nez accompagnée d’un saignement plus abondant.
Les infections et les inflammations des voies respiratoires
Les infections ORL telles que la rhinite, la rhinopharyngite ou la sinusite irritent les muqueuses nasales et les rendent plus fragiles. L’inflammation locale augmente la perméabilité des vaisseaux et les rend donc plus fragiles, notamment lors des éternuements ou des mouchages répétés.
Les rhinites allergiques peuvent aussi être à l’origine de saignements de nez récurrents. L’exposition chronique aux allergènes (pollens, acariens, poussières) entretient une inflammation persistante qui fragilise la paroi nasale.
Les troubles de la coagulation et certains médicaments
Certains troubles hématologiques peuvent altérer la coagulation et entraîner des saignements plus fréquents ou prolongés. C’est le cas de l’hémophilie, de la maladie de von Willebrand ou de certaines thrombopénies.
La prise de médicaments anticoagulants (antivitamine K, héparine) ou antiagrégants plaquettaires (aspirine, anti-inflammatoires non stéroïdiens) fluidifie le sang, ce qui peut rendre les épistaxis plus difficiles à contrôler.
De même, l’utilisation prolongée de sprays décongestionnants ou de corticoïdes nasaux assèche la muqueuse et en fragilise les tissus.
L’hypertension artérielle
L’hypertension artérielle n’est pas toujours la cause directe d’un saignement, mais elle peut en favoriser la survenue ou la persistance. Une pression artérielle élevée exerce une contrainte sur les petits vaisseaux, les rendant plus susceptibles de se rompre.
Chez les personnes âgées, un saignement de nez spontané et abondant peut parfois révéler une hypertension non diagnostiquée, justifiant un contrôle médical.
Les carences nutritionnelles
Certaines carences peuvent fragiliser la paroi des vaisseaux et perturber la coagulation sanguine.
Une carence en vitamine K diminue la capacité du sang à coaguler, ce qui augmente le risque de saignement.
Un manque de vitamine C altère la synthèse du collagène, élément essentiel à la solidité des capillaires, ce qui favorise leur rupture.
Un déficit en Fer peut aussi affaiblir les tissus et réduire la qualité de la vascularisation.
Une alimentation variée et riche en micronutriments est donc essentielle pour maintenir l’intégrité des muqueuses nasales.
Les facteurs hormonaux
Les variations hormonales influencent parfois la fragilité des muqueuses. Certaines femmes constatent des saignements de nez liés à leur cycle menstruel, pendant la grossesse ou lors de la ménopause.
Chez les adolescents, l’épistaxis pubertaire est également fréquente, en lien avec les modifications hormonales et la croissance vasculaire.
Les allergies et les irritants environnementaux
Les allergies respiratoires et l’exposition à des irritants (fumée de tabac, parfums, produits chimiques, pollution) entretiennent une inflammation chronique du nez.
Cette irritation répétée fragilise les capillaires et favorise les micro-ruptures responsables de petits saignements, souvent unilatéraux.
Dans les environnements très pollués ou poussiéreux, l’épistaxis peut devenir récurrente si la muqueuse n’est pas régulièrement nettoyée et hydratée.
Les malformations vasculaires et les anomalies locales
Plus rarement, des anomalies structurelles du nez ou des malformations des vaisseaux peuvent expliquer des saignements répétés.
La maladie de Rendu-Osler (télangiectasie hémorragique héréditaire) est un trouble rare caractérisé par des vaisseaux fragiles et dilatés qui saignent facilement.
Certaines tumeurs bénignes (polypes, angiomes) ou lésions nasales peuvent également provoquer des épistaxis localisées et récidivantes, généralement du même côté.
Dans ces cas particuliers, une évaluation médicale s’impose pour identifier la cause et adapter la prise en charge.