Définition
Un spasme musculaire correspond à une contraction involontaire et soudaine d’un muscle, d’une partie d’un muscle ou d’un groupe musculaire (1). Cette contraction échappe temporairement à la commande volontaire. Elle peut rester discrète, provoquer une sensation de tressautement ou devenir suffisamment intense pour raidir et déformer brièvement la zone concernée (2). Le terme « spasme » recouvre cependant plusieurs manifestations. Dans cet article, nous nous intéressons principalement aux spasmes des muscles squelettiques, c’est-à-dire ceux qui permettent les mouvements des bras, des jambes, du dos, du cou ou du visage. Les contractions des muscles lisses, présents notamment dans les organes digestifs, urinaires ou reproducteurs, répondent à des mécanismes et à des causes différents.
Spasme, crampe, fasciculation ou contracture : quelles différences ?
Ces mots sont parfois employés comme des synonymes, mais ils ne désignent pas exactement les mêmes manifestations :
La crampe est une contraction brusque, soutenue et généralement douloureuse, qui dure de quelques secondes à quelques minutes (3)
La fasciculation correspond à la contraction involontaire d’une unité motrice, visible sous la forme d’un léger tressautement sous la peau et généralement indolore (4)
La contracture désigne couramment une tension musculaire douloureuse et plus durable, sans apparition aussi brutale qu’une crampe
La dystonie est un trouble du mouvement caractérisé par des contractions involontaires prolongées ou répétitives, parfois responsables de mouvements ou de postures anormales (5).
Ces manifestations ne s’interprètent donc pas de la même manière : une paupière qui tressaute ponctuellement, une crampe nocturne du mollet et des contractions répétées du cou peuvent avoir des origines très différentes.
Que se passe-t-il dans le muscle ?
La contraction musculaire repose sur un échange permanent entre le système nerveux et les fibres musculaires. Un signal électrique transmis par un nerf moteur entraîne la libération de Calcium à l’intérieur de la fibre musculaire. Celui-ci permet aux filaments d’actine et de myosine de glisser les uns par rapport aux autres, ce qui raccourcit la fibre. L’ATP (adénosine triphosphate) fournit quant à lui l’énergie nécessaire à la contraction, mais aussi au relâchement du muscle. Dans le cas d’une crampe, la commande neuromusculaire devient temporairement excessive ou mal régulée. Les neurones moteurs activent involontairement le muscle de manière répétée, ce qui maintient sa contraction et retarde son relâchement (6). La fatigue musculaire, la modification de certains réflexes nerveux ainsi que les déséquilibres hydriques ou électrolytiques peuvent contribuer à cette hyperexcitabilité. Pour les crampes associées à l’exercice, les recherches actuelles retiennent un mécanisme multifactoriel plutôt qu’une explication fondée uniquement sur la déshydratation ou un manque de Magnésium (7).




















