Comment ressentir la satiété ?

Naturelle, la faim est un signal physiologique alertant sur le besoin de se nourrir afin de regagner de l'énergie. Elle fait souvent suite à une hypoglycémie ou à l'estomac vide. Dès lors que nous nous mettons à manger, de nombreux facteurs influencent le rassasiement, puis la satiété. Ces deux processus sont à la fois des états physiques, physiologiques et psychologiques qualifiés de "non-faim". Ces sensations individuelles varient d'un jour à l'autre. Explorez ici des astuces pour être à l'écoute de votre faim et satisfaire au mieux votre appétit.

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Qu'est-ce que la satiété ?

En théorie, la satiété désigne la sensation qui nous indique que nous n’avons plus faim après avoir mangé ou au cours d'un repas. C'est le moment où le cerveau reçoit les différents signaux hormonaux indiquant qu'il n'est plus nécessaire de manger davantage. Il est important de noter que la sensation d'être rassasié dure plus ou moins longtemps selon la composition des repas et des aliments choisis. Elle va dépendre également des situations : accès à la nourriture, repas à l'extérieur, rapport au corps et image de soi, périodes de jeûne ou de détox... Finalement, nous alternons état de faim et état de satiété tous les jours. D'où l'importance d'être à l'écoute et de réguler ses comportements alimentaires sur le long terme.

Les mécanismes de la faim

Sensation naturelle et complexe, la faim résulte de différents signaux d'alerte du corps qui cherche à obtenir de la nourriture :

  • Petit creux dans l'estomac jusqu'aux gargouillis bruyants

  • Gde fatigue et des difficultés à se concentrer jusqu'aux vertiges

  • Humeur irritable jusqu'aux maux de tête voire aux sensations de nausée.

Généralement, la faim s'installe au bout de quelques heures sans manger comme la conséquence d'une glycémie (taux de sucre dans le sang) déjà basse : l'organisme cherche à réapprovisionner ses cellules en glucose pour bien fonctionner à nouveau. Une fois le repas terminé, la faim est normalement comblée à plus ou moins long terme et le besoin de manger n'est plus une priorité. Des études ont su expliquer que c'est dans notre cerveau que se situe le centre de la faim : c'est plus précisément l'hypothalamus qui contrôle notre appétit.

Les hormones liées à la faim

Les hormones qui orchestrent la régulation de l'appétit, la satiété et l'équilibre énergétique du corps sont au nombre de quatre et fonctionnent en symbiose :

  • La ghréline : chargé d'augmenter l'appétit, son taux est élevé avant de manger et diminue en situation post-prandiale. Cette hormone de la faim est facilement perturbée selon la qualité du sommeil et le niveau d'activité physique.

  • La leptine : elle est produite par les cellules adipeuses et informe le cerveau de l'état des réserves lipidiques. Elle est plutôt considérée comme l'hormone da satiété et à l'inverse de la ghréline, sa quantité augmente en mangeant. En cas de surpoids et d'obésité, son taux est abondant sans que l'hypothalamus n'y soit plus sensible, c'est ce qu'on appelle la résistance à la leptine.

  • L'insuline : fabriquée par le pancréas, l'insuline intervient lorsque le taux de sucre dans le sang augmente, pour distribuer le glucose aux cellules, afin de produire de l'énergie ou de stocker. Si elle monte trop rapidement, elle chute ensuite et peut pousser à se "resucrer" par manque de glucose dans le sang.

  • La cholécystokinine (CCK) : produite par l'intestin grêle, la CCK envoie un message au système nerveux central pour informer les neurones d'une certaine plénitude, en présence de graisses et de protéines. En situation d'obésité, elle peut aussi être perturbée.

Qu'est-ce qui peut influencer la faim et la sensation de satiété ?

Tout d'abord, il est important de comprendre ce qu'est la faim. Cette sensation se traduit par une volonté et un besoin de manger, après quelques heures sans nourriture. Il est souvent question d'une baisse de la glycémie, d'une fatigue physique, cognitive ou psychologique. La sensation est peu agréable, accompagnée de gargouillis et motive à se nourrir. Une fois la faim satisfaite, la satiété peut apparaître grâce à plusieurs mécanismes :

Le centre hypothalomo-hypophysaire du cerveau

Le cerveau joue un rôle central dans la régulation de la faim et de la satiété, via une zone spécifique : l’hypothalamus. Cette structure reçoit en permanence des informations en provenance du tube digestif, du sang et du tissu adipeux. L’hypothalamus intègre ces signaux pour ajuster le comportement alimentaire : il déclenche la sensation de faim lorsque les réserves diminuent et active la satiété dès que les besoins énergétiques sont comblés.

Les hormones

Plusieurs hormones interviennent dans la régulation de la faim et du rassasiement : la ghréline, produite par l'estomac, qui stimule l'appétit avant les repas ; la leptine, sécrétée par les cellules graisseuses, qui signale au cerveau que les réserves d'énergie sont suffisantes ; l'insuline, libérée par le pancréas après ingestion de glucides, qui participe aussi à la diminution de l'appétit et enfin la cholécystokinine (CCK), produite par l'intestin grêle et libérée dès que les graisses et protéines atteignent l'intestin, renforçant le sentiment de satiété.

L'état émotionnel et le stress

Les émotions influencent fortement la perception de la faim et de la satiété. Le stress chronique, l’anxiété, la fatigue émotionnelle ou encore certaines habitudes liées à l'ennui, peuvent perturber les mécanismes hormonaux et favorise souvent une suralimentation, en particulier d’aliments gras et sucrés. Au contraire, un stress aigu stimule la sécrétion de cortisol et d’adrénaline, pouvant temporairement inhiber l’appétit.

La composition des aliments consommés

Tous les aliments n'ont pas le même impact sur la satiété. Les aliments riches en eau, en protéines et en fibres alimentaires sont particulièrement rassasiants car ils ralentissent la digestion et prolongent l'absorption des nutriments. À l’inverse, les produits ultra-transformés, très pauvres en fibres mais riches en sucres et en graisses, induisent des variations rapides de la glycémie et entraînent une sensation de faim prématurée.

Les habitudes de vie

Le rythme de vie et certaines habitudes quotidiennes conditionnent aussi notre sensation de faim. Sommeil insuffisant, mastication insuffisante, manque d'hydratation, repas sautés, écrans... sont autant d’éléments perturbateurs pouvant nuire aux ressentis des besoins réels de l’organisme.

Mieux ressentir la satiété en 10 étapes

Mieux gérer fringales et grignotage pour plus de bien-être et/ou accompagner une perte de poids est un objectif à portée de main. Découvrez 10 recommandations que vous pouvez adopter facilement, afin d'être plus attentif à votre satiété.

  1. Ne pas lutter contre la faim : restez à l'écoute de vos sensations de faim pour commencer : quand apparaissent-elles ? Que pouvez-vous manger de sain pour y répondre ?

  2. S'hydrater régulièrement avant les repas : les signaux de la soif et de la faim pouvant parfois être confondus par notre cerveau, boire 1 à 2 verres d'eau avant de manger aiderait à être rassasié et à mieux réguler les quantités ingérées. 

  3. Manger lentement et en pleine conscience : il faut 15 à 20 minutes au cours du repas pour que les premiers signaux de satiété soient envoyés au cerveau. Appréciez chaque bouchée, prenez le temps de bien mâcher, en éveillant tous vos sens.

  4. Faire le plein de fibres : légumes, fruits, légumineuses, céréales complètes... Les fibres sont un élément essentiel du processus de rassasiement. Elles prolongent la satiété, prennent soin de la flore intestinale et régulent le transit.

  5. Manger des protéines à chaque repas : à retenir, les protéines sont les meilleures alliées de la satiété ! Manger des oeufs le matin par exemple ou ajouter un shaker de protéines dans la journée favorise la libération de la leptine et une meilleure régulation de la prise alimentaire tout au long de la journée.

  6. Intégrer des graisses de qualité : pour un bon équilibre hormonal et pour le moral, les graisses insaturées, dont les omégas-3, améliorent la production de CKK et donnent du plaisir à vos papilles : oléagineux, huiles d'olive, de lin, poissons gras... Contrairement aux graisses saturées qui ont, elles, tendance à perturber nos sensations.

  7. Cuisiner avec des épices : parce qu'elles donnent du goût et qu'elles sont nombreuses à réguler la glycémie, ajoutez-en dans vos recettes  : Cannelle, Curcuma, Muscade, Safran...

  8. Faire du sport : la pratique d'une activité physique régule les hormones de la faim. En cas de perte d'appétit également, le sport peut être efficace. Choisissez une discipline qui vous plaît et en avant !

  9. Eviter de sauter des repas : contrairement aux idées reçues,sauter des repas ou ne pas combler les petits creux peut dérégler vos signaux de faim et perturber la satiété. La sous-alimentation n'est pas une solution coupe-faim, privilégiez plutôt des repas complets.

  10. Trouver une routine anti-stress : pratiquer des activités relaxantes comme la lecture, la méditation ou le yoga, peut aider à réduire l'hormone du stress, le cortisol, perturbant les hormones de la satiété comme la ghréline.

Nos solutions naturelles pour être plus facilement rassasié

Pour améliorer votre satiété, il existe de nombreux coups de pouce naturels aidant à retrouver et écouter vos sensations en douceur.

Le Psyllium blond

Véritable champion des fibres solubles, le Psyllium gonfle dans l’estomac au contact de l’eau et forme un gel qui augmente le volume du bol alimentaire. Résultat : une sensation de ventre plein qui limite naturellement la faim et permet un transit intestinal amélioré. Vous pouvez verser 1 cuillère à café dans un verre d'eau et le boire le matin au réveil ou avant le repas. Déconseillé aux femmes enceintes ou allaitantes. Déconseillé en cas de saignement rectal non diagnostiqué et incapacité à déféquer liés à l'utilisation d'un laxatif, en cas de rétrécissement anormal du tractus gastro-intestinal, en cas de maladies de l'oesophage et du cardia, un blocage intestinal potentiel ou existant, une paralysie de l'intestin ou un mégacôlon, ou en cas de trouble de la déglutition. Risque d'obstruction gastro-intestinale. Ne pas prendre en même temps que des médicaments (laisser au moins 1h d’intervalle). En cas de traitements médicamenteux, demander conseil à un professionnel de santé. Ne pas consommer avec des médicaments inhibant les mouvements péristaltiques.

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Les graines de Chia

Grâce à leur capacité exceptionnelle d'absorption de l'eau, les graines de Chia forment un gel visqueux dans l’estomac, favorisant un rassasiement durable tout en apportant des omégas-3 et des fibres. Utilitation : saupoudrez 1 à 2 cuillères à café par jour dans vos salades, soupes ou yaourts. Ne pas dépasser 15 g de graines de Chia par jour (environ 1,5 à 2 cuillères à soupe).

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Le Konjac

Très pauvre en calories et riche en glucomannane, une fibre capable d'absorber jusqu'à 100 fois son poids en eau, le Konjac ralentit la vidange gastrique et soutient la satiété. Vous pouvez le choisir sous forme de spaghettis ou tagliatelles ou en complément alimentaire sous forme de gélules. Prendre 2 gélules avant les 3 principaux repas de la journée, matin, midi et soir, avec un ou deux grands verres d'eau. Pour une bonne efficacité du Konjac, il est important de boire suffisamment d'eau lors de la prise. Pensez également à bien vous hydrater tout au long de la journée. Déconseillé aux femmes enceintes ou allaitantes. Déconseillé en cas de diffcultés de déglutition. Prendre à distance de toute médication.

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Les protéines de Chanvre

Riches en fibres, contrairement aux protéines animales, les protéines végétales contribuent à ralentir la digestion et soutiennent une sensation de satiété durable tout en apportant des nutriments essentiels. Nous vous conseillons celles de Chanvre : prendre 1/2 à 2 cuillères à soupe par jour à diluer dans un verre d'eau ou à incorporer dans vos smoothies, shakes, ou préparations culinaires. Il n’y a pas de contre-indication à consommer ces protéines pendant la grossesse ou l’allaitement, dans le cadre d’une alimentation variée et équilibrée.

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Précautions d'usage

Les compléments alimentaires ne se substituent pas à une alimentation équilibrée et variée. 

Coupe-faim Konjac : 

  • Réservé à l’adulte

  • Déconseillé aux femmes enceintes ou allaitantes

  • Déconseillé en cas de difficultés de déglutition

  • Prendre à distance de toute médication.

Thé vert Matcha : contient de la caféine (2,3 g/100 g). Déconseillé aux enfants et femmes enceintes ou allaitantes.

Spiruline de France : 

  • Réservé à l’adulte.

  • Pour les femmes enceintes et allaitantes, demander l'avis de votre médecin.

  • La spiruline est déconseillée chez les personnes souffrant de phénylcétonurie, hémochromatose, excès d'acide urique et en cas de pathologie musculaire ou hépatique.

Présence de phycocyanine pouvant être source de réaction allergique.

Conseil de l'expert

Vous l'avez compris, sensations de faim et satiété sont un sujet complexe. Alimentation, hormones, neurotransmetteurs interagissent en permanence et s'influencent les uns et les autres. En cas de troubles du comportement alimentaire (TCA) ou de difficultés à réguler les habitudes, l'accompagnement par un ou plusieurs professionnels de santé est important. Médecins, diététiciens, naturopathes, psychologues et associations peuvent vous aider.

En savoir plus

Faim ou envie de manger ?

Si la faim physique et physiologique est plus ou moins aisée à comprendre, la faim psychologique selon l'état émotionnel ainsi que l'envie de manger restent bien plus complexes. L'envie de manger peut donc fluctuer selon le moral, les stimuli olfactifs comme les odeurs de cuisine, ou encore la relation à la nourriture. Il est possible d'avoir envie de manger sans avoir faim, et il est essentiel de garder à l'esprit que manger intègre une notion de plaisir essentielle, pas seulement un besoin corporel. 

Qu'est-ce qu'un coupe-faim ?

L'expression coupe-faim sous-entend un pouvoir satiétogène à plus ou moins long terme de certains ingrédients ou compléments alimentaires. C'est-à-dire, leur capacité à rassasier et à améliorer la satiété entre deux repas. Plusieurs facteurs les rendent si nourrissants : leur texture, leur vitesse de digestion, leur teneur en fibres, protéines, graisses et/ou antioxydants.

Zoom sur notre spécialiste en nutrition, Raquel BARROS

Passionnée par la nutrition et le bien-être, c’est avant tout par gourmandise et goût du partage que Raquel a fait de la diététique son métier. Diplômée d’un BTS et spécialisée en nutrition sportive, c’est au sein de différents laboratoires pharmaceutiques qu’elle a pu découvrir l’univers des solutions naturelles (compléments alimentaires, oligothérapie…). Depuis quelques années, l’accompagnement nutritionnel et la rédaction d’articles s’ajoutent à ses outils pour combler papilles et soif de connaissances de celles et ceux qui en ont besoin. Santé au féminin, alimentation anti-inflammatoire, sport et équilibre alimentaire sont, entre autres, ses sujets de prédilection.

Bibliographie

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Smith, J, The Science of Hunger and Satiety. Nutrition Journal, 2021

2

The Leptin System and Diet: A Mini Review of the Current Evidence, 2021

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Brown, L. - Natural Appetite Suppressants: A Review of Herbal and Nutritional Supplements - Phytotherapy Research, 2020

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Water consumption increases weight loss during a hypocaloric diet intervention in middle-aged and older adults. Obesity, 2010

5

The Impact of Dietary Fibers on Satiety and Weight Management - Nutrition Reviews, 2018

6

Mindful Eating and its Effect on Weight Control, Journal of Behavioral Health, 2018

7

Does green tea affect postprandial glucose, insulin and satiety in healthy subjects: a randomized controlled trial. Nutr J. 2010