Peut-on manger des crevettes enceinte ?

Peut-on manger des crevettes enceinte ?


Par Marie Anne Vion

Publié le: mercredi 09 septembre 2026, Mis à jour le: mardi 15 septembre 2026

Lecture: +4 min

Manger des crevettes enceinte, bonne ou mauvaise idée ? Appréciées pour leur chair délicate et leur richesse en protéines, elles peuvent tout à fait trouver leur place dans l’alimentation pendant la grossesse. Leur consommation demande toutefois quelques précautions, notamment concernant leur cuisson, leur fraîcheur et leur conservation. Crues, cuites, surgelées ou au restaurant, toutes ne se consomment pas de la même façon. Découvrez comment bien choisir vos crevettes et les savourer sereinement enceinte.

Sommaire

Produits associés

En bref

• Les crevettes peuvent être consommées pendant la grossesse et apportent 20,5 g de protéines pour 100 g cuites, avec seulement 91,3 kcal et 0,79 g de lipides. Leur intérêt nutritionnel est réel, mais leur sécurité dépend surtout de la cuisson, de la fraîcheur et de la conservation.

• Un protocole précis s’impose : privilégier des crevettes achetées crues, puis les cuire complètement avant consommation. Les versions crues, marinées ou insuffisamment cuites sont déconseillées, tandis que les crevettes déjà cuites et décortiquées demandent une vigilance particulière. L’article détaille les précautions selon qu’elles sont fraîches, surgelées, préparées à domicile ou consommées au restaurant.

• La principale vigilance concerne les infections alimentaires, notamment la listériose et certaines contaminations bactériennes, avec un risque accru en cas de contamination après cuisson. Les crevettes déjà cuites et décortiquées sont déconseillées dans les recommandations françaises. L’article précise aussi pourquoi la toxoplasmose n’est pas le risque principal associé aux crevettes.

Pourquoi certains aliments sont-ils interdits pendant la grossesse ?

La grossesse s’accompagne de modifications de l’organisme, notamment du système immunitaire. Certaines infections d’origine alimentaire peuvent alors présenter davantage de risques pour la femme enceinte et le bébé. C’est pourquoi les recommandations alimentaires évoluent pendant cette période et invitent à être particulièrement attentive au choix et à la préparation de certains aliments.

Quels sont les principaux risques associés à certains aliments ?

Certains aliments peuvent être à l’origine d’infections alimentaires qui nécessitent une vigilance particulière pendant la grossesse. Les principales à connaître sont 2:

  • La listériose : causée par la bactérie Listeria monocytogenes, elle peut être associée à certains aliments crus, réfrigérés ou prêts à consommer contaminés [2 ; 3 ; 4]

  • La toxoplasmose : due au parasite Toxoplasma gondii, elle est principalement associée à la viande crue ou insuffisamment cuite ainsi qu’aux végétaux souillés et mal lavés [2]

  • La salmonellose : provoquée par des bactéries du genre Salmonella, elle peut notamment être liée à des œufs, viandes ou autres aliments contaminés consommés crus ou insuffisamment cuits [2 ; 4]

  • D’autres infections d’origine alimentaire : certains poissons, coquillages et crustacés crus peuvent également être exposés à des bactéries, virus ou parasites [2 ; 4]

Tous les aliments ne présentent donc pas les mêmes risques. Les précautions recommandées sur certains aliments pendant la grossesse dépendent de leur nature, de leur préparation et de leurs conditions de conservation.

Pourquoi les aliments crus ou insuffisamment cuits sont-ils déconseillés ?

La cuisson tient un rôle important dans la réduction de nombreux micro-organismes potentiellement présents dans les aliments. Les viandes, poissons, coquillages et crustacés consommés crus ou insuffisamment cuits demandent donc une attention particulière pendant la grossesse.

Certaines préparations comme les sushis, tartares, carpaccios ou produits simplement marinés peuvent ainsi être déconseillées selon les ingrédients utilisés et leur mode de préparation.

Qu’en est-il des poissons et des fruits de mer ?

Les poissons et fruits de mer ne sont pas interdits dans leur ensemble pendant la grossesse. Les précautions dépendent de l’espèce choisie et de la manière dont elle est consommée. Les produits de la mer crus ou insuffisamment cuits nécessitent notamment davantage de vigilance.

Certaines espèces de poissons font par ailleurs l’objet de recommandations spécifiques en raison de leur teneur potentielle en contaminants environnementaux. Varier les espèces permet de profiter de leurs qualités nutritionnelles tout en limitant l’exposition à ces substances.

Qu’est-ce qu’une crevette ?

La crevette est un crustacé, comme le crabe, le homard ou la langoustine. Il en existe de nombreuses espèces provenant de la pêche ou de l’élevage. Elles sont commercialisées sous différentes formes : fraîches ou surgelées, entières ou décortiquées, crues ou déjà cuites.

Ces différentes présentations n’impliquent pas les mêmes précautions pendant la grossesse. Le mode de préparation constitue donc un critère important au moment de choisir ses crevettes lorsque l'on est enceinte.

Peut-on manger des crevettes pendant la grossesse ?

Crues, cuites, marinées ou déjà préparées, les crevettes peuvent être consommées sous différentes formes. Pendant la grossesse, certaines formes de consommation nécessitent davantage de précautions que d’autres.

Les crevettes cuites sont-elles autorisées ?

Oui, les crevettes bien cuites peuvent être consommées pendant la grossesse. Les recommandations françaises conseillent de privilégier les crustacés achetés crus puis cuits soi-même [2]. Cette précaution permet notamment de limiter les risques liés à une éventuelle contamination après cuisson.

Les crevettes et autres crustacés vendus déjà cuits et décortiqués demandent davantage de vigilance et font partie des aliments déconseillés aux femmes enceintes dans les recommandations officielles.

Crevettes crues, marinées ou insuffisamment cuites : quelles différences ?

Les crevettes crues ou insuffisamment cuites sont déconseillées lorsque l'on est enceinte en raison du risque de contamination par des micro-organismes potentiellement présents dans les produits de la mer.

Une marinade au citron, au vinaigre ou dans une autre préparation acide ne remplace pas la cuisson. Même si elle modifie l’aspect et la texture de la chair, une crevette marinée reste crue lorsqu’elle n’a pas été cuite auparavant. Pendant la grossesse, privilégiez donc une cuisson complète avant consommation.

Quels sont les risques pour la femme enceinte ?

Les crevettes, comme les autres crustacés, peuvent être exposées à des micro-organismes responsables d’infections d’origine alimentaire, notamment lorsqu’elles sont crues, insuffisamment cuites ou contaminées après leur cuisson. Pendant la grossesse, certaines de ces infections nécessitent une vigilance particulière en raison de leurs conséquences possibles pour la mère et le bébé.

Les principaux risques à connaître sont 1:

  • La listériose : la bactérie Listeria monocytogenes peut contaminer certains produits de la mer et se multiplier à basse température [2 ; 3 ; 4]. Chez la femme enceinte, l’infection peut être discrète, mais présenter des risques pour le fœtus. Les recommandations françaises déconseillent notamment les crustacés décortiqués vendus déjà cuits en raison d’un risque de contamination après cuisson

  • Les infections bactériennes d’origine alimentaire : les crevettes crues, insuffisamment cuites ou contaminées lors de leur manipulation peuvent exposer à différents micro-organismes pathogènes, dont certaines bactéries comme Salmonella [2 ; 4]

  • Certaines contaminations liées aux produits de la mer : les crustacés crus ou insuffisamment cuits peuvent également être exposés à d’autres micro-organismes, dont une cuisson complète contribue à réduire ce risque [2 ; 3 ; 4]

Ces risques ne signifient pas que les crevettes doivent être exclues pendant toute la grossesse. Leur mode de préparation et les conditions dans lesquelles elles sont manipulées sont déterminants pour une consommation adaptée à cette période.

À noter : Contrairement à certaines idées reçues, la toxoplasmose n’est pas le risque principalement associé aux crevettes pour une femme enceinte. Les recommandations françaises relient surtout cette infection à la consommation de viande crue ou insuffisamment cuite ainsi qu’aux fruits  et légumes susceptibles d’être contaminés par des agents pathogènes présents dans la terre.

Quels sont les apports nutritionnels de la crevette ?

Petite par sa taille, la crevette mérite pourtant que l’on s’intéresse de près à son profil nutritionnel. Faisons le point sur ses principaux apports nutritionnels [1 ; 5 ; 6] :

Nutriment

Teneur pour 100 g de crevettes cuites

Intérêt nutritionnel

Énergie

91,3 kcal

Les crevettes apportent relativement peu d’énergie tout en fournissant une quantité intéressante de protéines

Protéines

20,5 g

Elles apportent les acides aminés nécessaires à la fabrication et au renouvellement des tissus. Les besoins en protéines évoluent pendant la grossesse pour accompagner les changements de l’organisme maternel et le développement du bébé

Lipides

0,79 g

La crevette est naturellement peu grasse. Ses lipides comprennent notamment des acides gras polyinsaturés

Iode

26,3 µg

L’Iode contribue au fonctionnement normal de la thyroïde et à la production normale des hormones thyroïdiennes. Des apports adaptés sont particulièrement importants pendant la grossesse

Sélénium

28,8 µg

Le Sélénium contribue au fonctionnement normal du système immunitaire et à la protection des cellules contre le stress oxydatif

Phosphore

110 mg

Le Phosphore contribue au maintien d’une ossature normale et intervient dans le métabolisme énergétique

Sodium

640 mg

Le Sodium participe au fonctionnement normal des muscles et du système nerveux ainsi qu’à l’équilibre hydrique de l’organisme. Les besoins étant généralement couverts par l’alimentation, sa consommation reste à modérer, notamment en tenant compte du sel apporté par l’ensemble des aliments

Vitamine B12

1,52 µg

La Vitamine B12 contribue à la formation normale des globules rouges, au fonctionnement du système nerveux et au processus de division cellulaire

 

Les valeurs nutritionnelles peuvent varier selon l’espèce de crevette, son origine et son mode de préparation. Pendant la grossesse, l’intérêt nutritionnel des crevettes s’inscrit dans une alimentation diversifiée, en variant également les autres poissons et produits de la mer consommés.

Comment savoir si les crevettes sont sûres à consommer ?

De l’achat à l’assiette, quelques indices et bonnes pratiques permettent de choisir et de préparer les crevettes durant la grossesse dans de bonnes conditions. Les principaux points de vigilance à connaître sont les suivants :

Les critères de fraîcheur

Avant de consommer des crevettes, vérifiez plusieurs éléments :

  • L’odeur : elle doit être légère et marine 4; une odeur forte ou inhabituelle peut indiquer une altération

  • L’aspect : la chair doit présenter une couleur homogène, sans tache ou coloration inhabituelles

  • La texture : elle doit rester ferme ; une texture anormalement molle ou visqueuse doit vous alerter

  • L’emballage : pour les crevettes conditionnées, assurez-vous qu’il est intact et vérifiez la date limite de consommation

  • Les conditions de vente : les crevettes fraîches doivent être maintenues au froid et transportées rapidement jusqu’au domicile

L’absence d’odeur ou de modification visible ne garantit toutefois pas l’absence de micro-organismes. Les règles de préparation et de conservation des crevettes restent donc essentielles 5lorsqu'on en consomme pendant la grossesse.

Les bonnes pratiques de cuisson et de conservation

Si vous êtes enceinte, quelques bonnes pratiques sont à adopter pour préparer et conserver les crevettes :

  • Cuisson : privilégiez des crevettes achetées crues et bien cuites à la maison, jusqu’à ce que leur chair devienne ferme et opaque

  • Dégustation : évitez de goûter les crevettes lorsqu’elles sont encore crues ou insuffisamment cuites

  • Conservation : l'ANSES recommande de les conserver dans un réfrigérateur réglé entre 0 et 4°C, une conservation pendant 2 jours maximum après l'ouverture, ou plus court selon la date de limite de consommation indiquée sur l'emballage [7]

  • Chaîne du froid : limitez le temps passé à température ambiante après l’achat

  • Hygiène des mains : lavez-vous les mains avant et après avoir manipulé des crevettes crues

  • Ustensiles et surfaces : nettoyez soigneusement le matériel et le plan de travail après la préparation

  • Contaminations croisées : séparez les crevettes crues des aliments prêts à être consommés

Quelle quantité et quelle fréquence privilégier ?

Il n’existe pas de recommandation officielle fixant une quantité précise de crevettes à consommer pendant la grossesse. Elles peuvent s’intégrer ponctuellement à une alimentation variée, en alternance avec d’autres produits de la mer.

Les recommandations françaises conseillent de consommer du poisson deux fois par semaine, dont un poisson gras, tout en variant les espèces. Les crevettes étant des crustacés, elles ne remplacent pas cette portion de poisson gras à forte teneur en EPA et DHA, intéressante notamment pour ses apports en Oméga-3 [2].

Pour les crevettes, privilégiez avant tout la variété et une quantité adaptée au repas. Pendant la grossesse, les recommandations invitent également à acheter les crustacés crus et à bien les cuire à la maison, plutôt qu’à consommer des crustacés décortiqués vendus déjà cuits.

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Précautions

Si vous êtes enceinte, privilégiez des crevettes achetées crues puis bien cuites à la maison. Évitez les préparations à base de crevettes crues, marinées sans cuisson préalable ou insuffisamment cuites, ainsi que les crustacés décortiqués vendus déjà cuits.

Respectez la chaîne du froid, la date limite de consommation et les indications figurant sur l’emballage. Après manipulation de crevettes crues, lavez soigneusement vos mains, les ustensiles et le plan de travail afin d’éviter les contaminations croisées.

En cas d’allergie aux crustacés, ne consommez pas de crevettes. Au restaurant ou lorsque vous ne connaissez pas les conditions de préparation et de conservation, renseignez-vous avant de les consommer.

Conseil de l'expert

Pendant la grossesse, pensez avant tout à varier les sources de protéines et les produits de la mer consommés au fil de la semaine. Privilégiez autant que possible le fait maison, qui permet de mieux maîtriser le choix des ingrédients et leur préparation, ainsi qu'une alimentation variée. Au moment de l’achat, prenez également le temps d’observer les crevettes : vérifiez leur aspect, leur odeur, leur texture et leur date limite de consommation. Ces réflexes simples vous permettent de choisir des produits de qualité et de les intégrer sereinement à vos repas.

Zoom sur notre notre experte en nutrition et alimentation, Marie-Anne Vion

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Confrontée à des troubles digestifs comme le SII et le SIBO, Marie-Anne s’est tournée vers la nutrition et les solutions naturelles. Passionnée par le bien-être, elle se forme désormais en diététique et nutrition. Elle partage son expertise à travers des articles, offrant conseils et analyses accessibles. Séduite par l’approche naturelle de la marque, elle contribue à promouvoir une alimentation équilibrée et une autonomie en matière de santé.

Bibliographie

  1. ANSES. Table de composition nutritionnelle des aliments.

    https://ciqual.anses.fr/#/aliments/10007/crevette-cuite

  2. ANSES. (2019). AVIS de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail relatif à l’actualisation des repères alimentaires du PNNS pour les femmes enceintes ou allaitantes.

    https://www.anses.fr/fr/system/files?file=NUT2017SA0141.pdf

  3. ANSES. (2025).Qu’est-ce que la listériose et comment s’en prémunir ? | Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.

    https://www.anses.fr/fr/content/quest-ce-que-la-listeriose-et-comment-sen-premunir

  4. ANSES. (2011). AVIS de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.

    https://www.anses.fr/en/system/files/MIC2011sa0114.pdf

  5. ANSES. (2017). Risques endocriniens et métaboliques relatifs à l’apport au cours de la grossesse de vitamine D et d’iode par des compléments alimentaires impliqués dans des cas de nutrivigilance. Avis de l’Anses.

    https://www.anses.fr/fr/system/files/NUT2013SA0240Ra.pdf

  6. ANSES. (2025). Les références nutritionnelles en vitamines et minéraux | Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.

    https://www.anses.fr/fr/content/les-references-nutritionnelles-en-vitamines-et-mineraux

  7. ANSES. (2013). Poissons et produits de la pêche : synthèse des recommandations de l’Agence.

    https://www.anses.fr/fr/content/poissons-et-produits-de-la-peche-synthese-des-recommandations-de-lagence

Questions fréquentes

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