Excès de fer : quelles causes et symptômes ?

Le Fer est un oligo-élément essentiel au bon fonctionnement de l’organisme, notamment pour le transport de l’oxygène. Pourtant, un excès de Fer dans le sang peut perturber certains équilibres internes. On entend plus souvent parler de carence en fer, néanmoins avoir trop de Fer dans le corps n’est pas souhaitable car il peut avoir un effet pro-oxydant sur nos cellules et s’accumuler progressivement dans les organes. Découvrons ce qu'est le Fer, les causes et manifestations d'un excès et les solutions pour le prévenir ou le limiter.

Temps de lecture : +4 min.

Qu'est-ce que l'excès de fer ?

Le fer : Définition

Le fer est un minéral essentiel, c'est à dire qu'il n'est pas présent naturellement dans l'organisme et doit donc obligatoirement être apporté par l'alimentation, car il est indispensable au bon fonctionnement de notre corps. Il joue un rôle dans l'oxygénation de nos cellules en participant à la formation de l'hémoglobine, la protéine qui transporte l'oxygène dans le sang, et contribue au bon fonctionnement de notre système immunitaire. On distingue le fer héminique, bien absorbé, présent dans les sources animales comme la viande et les fruits de mer et le fer non héminique, moins bien absorbé, issu de sources végétales comme les légumineuses et les oléagineux. Après absorption par les intestins, l'excès de fer est stocké dans le foie sous forme de ferritine. Certaines personnes ont des besoins en fer accrus, comme les femmes en âge de procréer (dont les menstruations entraînent une perte de fer), les femmes enceintes, les enfants et les adolescents en pleine croissance.


L'excès de fer : Définition

Bien que ce minéral soit essentiel, un excès dans le corps n'est pas souhaitable car il peut avoir un effet prooxydant sur nos cellules. Il s'accumule progressivement dans divers organes comme le foie,  le pancréas, le cœur ou encore la peau et les articulations, ce qui entraîne divers symptômes sur le long terme. Il peut être diagnostiqué grâce à une prise de sang en mesurant la ferritine (qui reflète leniveau de fer stocké dans l’organisme) et le coefficient de saturation de la transferrine (qui correspond au niveau de fer en circulation dans le sang). Le corps a la capacité de réguler naturellement la quantité de fer grâce à l'hepcidine, une hormone produite par le foie, c'est-à -dire qu'il peut en absorber davantage lorsque les réserves sont basses ou au contraire limiter son absorption si elles sont élevées. C'est pourquoi en l'absence de pathologie génétique entraînant une absorption trop importante, l'alimentation ne peut pas à elle seule expliquer un excès de fer.


La ferritine : Définition

La ferritine est une protéine qui permet le stockage du fer dans le corps. Son taux révèle la quantité de réserves de fer dont le corps dispose, principalement dans le foie, la moelle osseuse et la rate. Cette protéine permet de capter le fer en excès dans le corps pour le stocker et le libérer au fur et à mesure des besoins, en particulier pour participer à la production des globules rouges et au transport de l'oxygène vers les cellules. Un dosage sanguin de la ferritine permet de connaître le niveau des réserves de fer de l'organisme, mais il ne doit pas être considéré de manière isolée, car un taux élevé de ferritine peut aussi être le signe d'un trouble inflammatoire ou hépatique. Il faut également tenir compte du coefficient de saturation de la transferrine, qui reflète la quantité de fer en circulation dans le corps, afin d'avoir une vision plus précise du taux de fer dans le corps et de pouvoir diagnostiquer un excès ou une carence.

Quelles peuvent être les causes d'un excès de fer ?

L’origine d’un excès de Fer dans le sang est rarement unique. Plusieurs facteurs peuvent y contribuer, qu’ils soient d’ordre génétique, alimentaire ou liés au mode de vie. Dans certains cas, cette surcharge est transitoire et sans conséquence ; dans d'autres, elle peut nécessiter un suivi médical spécifique.

  • Alimentation très riche en Fer héminique : le Fer d’origine animale, particulièrement bien absorbé par l’organisme, peut, en grande quantité, favoriser une élévation du taux de ferritine.

  • Complémentation non encadrée : l'excès de fer peut avoir des conséquences sérieuses sur la santé et notre corps est incapable de l'éliminer, c'est pourquoi il est recommandé de ne pas se supplémenter en fer en l'absence de carence avérée, diagnostiquée par une prise de sang. Une supplémentation injustifiée ou la prise de compléments alimentaires trop fortement dosés peut entraîner un excès de fer dans l'organisme, d'autant plus si l'alimentation en est déjà bien pourvue.

  • Consommation excessive d’alcool : l’alcool peut augmenter l’absorption intestinale du Fer et perturber son métabolisme hépatique.

  • Exposition professionnelle : certains environnements industriels, comme les fonderies ou les ateliers de soudure, peuvent exposer à des poussières contenant du Fer.

  • Hémochromatose héréditaire : l'hémochromatose est une maladie génétique qui empêche l’organisme de réguler l’absorption du fer ; par conséquent, trop de fer est absorbé même lorsque les réserves sont suffisantes.

    Pour les personnes souffrant de cette pathologie, l'hepcidine est produite en quantité insuffisante ou ne fonctionne pas correctement. Chez les personnes en bonne santé, elle permet de limiter l'absorption à environ 1 ou 2 mg de fer sur les 10 à 20 ingérés quotidiennement. Mais pas chez les personnes souffrant d'hémochromatose, pour lesquelles une alimentation riche en fer peut suffire à faire augmenter son taux de manière excessive, ce qui peut avoir diverses conséquences sur la santé comme une fatigue chronique, des douleurs articulaires ou l'apparition de troubles liés à l'atteinte de certains organes (foie, pancréas...).

  • Mutations génétiques ponctuelles : des variations de certains gènes impliqués dans la régulation du Fer peuvent moduler son absorption intestinale.

  • Inflammation chronique : des maladies inflammatoires peuvent provoquer une hausse de la ferritine, qui n’est alors pas nécessairement liée à une surcharge réelle.

  • Maladie hépatique : certaines affections chroniques touchant le foie, comme la stéatose hépatique, la cirrhose ou l'hépatite, peuvent entraîner un excès de ferritine, sans pour autant que le fer soit présent en trop grande quantité dans le corps. C'est pourquoi il est essentiel lors d'un bilan sanguin de croiser ce dosage avec celui de la transferrine, qui révèle la quantité de fer en circulation dans l'organisme, sans quoi le diagnostic d'un excès de fer peut être faussé.

  • Transfusions de sang : les personnes qui reçoivent des transfusions sanguines reçoivent aussi du fer puisqu'il est présent dans le sang. Le corps n'ayant pas la capacité de l'éliminer, une répétition des transfusions peut aboutir à un excès de fer dans l'organisme. Cette cause est moins fréquente que l'hémochromatose, mais doit tout de même être prise en compte.

Comment se manifeste-t-il ?

  • Fatigue persistante : elle est la conséquence de l'accumulation de fer dans les cellules et les différents systèmes de l'organisme qui fonctionnent alors moins bien, ce qui a un impact sur la vitalité. Cela peut aussi entraîner une perte de poids, ce qui accentue davantage l'état de faiblesse générale.

  • Douleurs musculaires et articulaires : la fixation du fer sur les articulations endommage les tissus et crée une inflammation, ce qui entraîne des douleurs et raideurs articulaires, notamment au réveil. Ces signes touchent en particulier les doigts, les poignets, les épaules, et peuvent faire penser à de l'arthrose. On peut également constater une baisse du tonus musculaire et de la force physique. 

  • Troubles de la peau et des phanères : L'accumulation de fer dans les cellules cutanées donne à la peau une couleur plus foncée et stimule la production de mélatonine, responsable du bronzage, même en l'absence d'exposition au soleil. L'excès de fer peut aussi entraîner une perte de cheveux et une fragilité des ongles.

  • Troubles digestifs : l'excès de fer provoque une inflammation de la paroi digestive et un déséquilibre de la flore intestinale où se développent de mauvaises bactéries, ce qui entraîne des symptômes digestifs comme des ballonnements, des troubles du transit voire des nausées. Le foie peut aussi être impacté, avec une augmentation de son volume et une évolution possible vers une cirrhose ou une stéatose hépatique, appelée communément la maladie du foie gras. 

  • Troubles endocriniens : le système hormonal est affecté avec des conséquences diverses. On constate un risque accru de diabète car le fer endommage les cellules bêta du pancréas responsables de la production d'insuline, cette hormone qui permet de faire baisser le taux de sucre dans le sang.  Il peut aussi perturber la production d'hormones thyroïdiennes et entraîner une hypothyroïdie ou encore endommager l'hypophyse et les ovaires, ce qui a un impact sur la production de certaines hormones sexuelles et entraîne des troubles du cycle menstruel et de la libido.

  • Troubles cardiaques : trop de fer dans le cœur impacte principalement le myocarde, le muscle cardiaque, et entraîne diverses conséquences comme une altération de la souplesse du ventricule gauche ou une augmentation du volume du cœur. Les manifestations les plus fréquentes sont les troubles du rythme cardiaque, les palpitations et l'insuffisance cardiaque.

Que faire en cas d'excès ?

Ne pas se supplémenter en fer: c'est la base, bien entendu. Mais cela mérite d'être précisé car certains compléments alimentaires consommés pour d'autres nutriments que le fer peuvent en contenir, il faut donc être très vigilant. C'est le cas par exemple de la Spiruline, appréciée pour sa richesse en acides aminés et en minéraux. Attention aussi à la Vitamine C, qui favorise l'absorption du fer et doit être prise à distance des aliments qui en contiennent. 

Eviter les aliments riches en fer et l'alcool: en particulier les aliments d'origine animale contenant du fer héminique, dont l'absorption est plus importante que pour la forme non héminique contenue dans les sources végétales. Les aliments riches en fer héminique sont le foie, les abats, le boudin, la viande rouge et les fruits de mer. Il est également recommandé d'éviter la consommation d'alcool qui est néfaste pour le foie, l'un des principaux organes touchés en cas d'excès de fer.

Consommer des aliments qui limitent l'absorption du fer: certains nutriments inhibent l'absorption du fer par les intestins s'ils sont consommés en même temps que lui, comme le calcium dans les produits laitiers et les amandes, les fibres dans les légumineuses comme les lentilles et les pois chiches et dans les céréales complètes comme le blé ou le riz et leurs dérivés (pain, pâtes...). Les polyphénols, des antioxydants présents dans les petits fruits rouges ou le raisin, mais aussi le café et le thé, limitent l'absorption du fer.

Suivre un traitement médical spécifique: dans le cas de l'hémochromatose, le médecin peut prescrire des saignées médicales appelées phlébotomies. Il s'agit de prélever du sang afin de contraindre le corps à utiliser le fer présent en excès dans l'organisme pour produire du sang nouveau en remplacement de celui qui a été prélevé. Il existe aussi des traitement médicamenteux chélateurs de fer, c'est à dire qui se lient au fer présent dans le corps afin de former une substance soluble qui pourra être éliminée par les voies naturelles.

Comment prévenir l'excès de fer ?

  1. Réaliser régulièrement des bilans sanguins: faire doser régulièrement son taux de ferritine et de transferrine permet de diagnostiquer rapidement un excès de fer et de prendre les mesures nécessaires le plus tôt possible, afin d'éviter tout risque de complications. Cela est d'autant plus important en cas d'antécédents familiaux d'hémochromatose.

  2. Eviter les supplémentations en fer: en l'absence de carence avérée, il est recommandé de ne pas consommer de compléments alimentaires qui en contiennent en grande quantité, car le corps n'a pas la capacité à l'éliminer. 

  3. Adapter son alimentation: privilégier les protéines végétales comme les légumineuses (lentilles, haricots...) et les fruits oléagineux (noix, amandes...) qui contiennent du fer héminique, moins bien absorbé que le fer héminique présent dans les protéines animales comme la viande et les fruits de mer. Pour ce qui concerne les inhibiteurs de fer comme le café, le thé ou les produits laitiers, il n'est pas recommandé de les favoriser dans la mesure où aucun excès de fer n'est avéré et que l'on est uniquement sur de la prévention, car une certaine quantité de fer est nécessaire à l'organisme.

  4. Varier ses sources de Fer : alterner entre Fer héminique (animal) et non héminique (végétal), en équilibrant les apports.

  5. Prendre soin de son foie : adopter une alimentation qui soutient la sphère hépatique, riche en végétaux et en antioxydants.

  6. Limiter l’alcool : réduire sa consommation peut avoir un effet bénéfique sur le métabolisme du Fer.

Quelles précautions ?

Le fer est un minéral essentiel mais son dosage doit être équilibré, car il n'est pas éliminé naturellement par notre corps et un excès peut être néfaste. Par conséquent, il est recommandé de ne pas faire d'auto-médication avec les supplémentations en fer et de demander un avis médical. Si une carence est diagnostiquée, le médecin pourra prescrire un complément ou éventuellement orienter vers un spécialiste de la nutrition, afin de revoir l'alimentation pour pouvoir reconstituer les réserves naturellement.

Cet article a une visée strictement informative. Il ne remplace en aucun cas un diagnostic médical, ni un traitement personnalisé adapté à votre situation.

Conseil de l'expert

Les manifestations d'un excès de fer sont similaires à celles d'autres troubles, c'est la raison pour laquelle le diagnostic est souvent difficile et tardif. En cas de doute ou si vous ressentez certains symptômes, il est préférable de consulter un médecin afin de réaliser un dosage sanguin car plus l'excès perdure, plus les différents organes risquent d'être touchés et les conséquences sont sérieuses.

En savoir plus

Excès de ferritine, qu'est-ce que c'est ?

Le taux de ferritine correspond à la quantité de fer stockée dans l'organisme. Un taux élevé peut refléter un excès de fer, mais pas obligatoirement. Il peut aussi être révélateur d'une inflammation ou d'une maladie chronique. Pour confirmer ou infirmer l'excès de fer et déterminer la cause d'un taux de ferritine trop élevé, il est indispensable de prendre en compte le coefficient de saturation de la transferrine, qui correspond à la quantité de fer circulant dans le corps.

Excès de fer et dépression, quel lien ?

Un excès de fer peut perturber la production de certains neurotransmetteurs impliqués dans la régulation de l’humeur, comme la dopamine et la sérotonine, ce qui peut entraîner de l'irritabilité et une perte de motivation. Dans le cas d’une hémochromatose non traitée, cet excès chronique de fer peut impacter le bon fonctionnement du cerveau et favoriser les symptômes dépressifs.

Zoom sur Christine Barris, Naturopathe, Sophrologue et formatrice

Après un Master en Management, puis une vingtaine d'années passées au sein d'entreprises renommées des secteurs des compléments alimentaires et des cosmétiques naturels, j'ai décidé de faire de ma passion, la nature, mon métier.

Je pratique à présent la naturopathie humaine et animale, ainsi que la sophrologie. Et j'accompagne de futurs naturopathes et sophrologues au sein de différentes écoles.

Bibliographie

1

2

3

4

5

Haute Autorité de Santé (HAS) – Pertinence du dosage de la Ferritine.

6

Ferritin and iron overload: clinical strategies – Seminars in Hematology, 2012.

7

European Association for the Study of the Liver (EASL) – Guidelines on iron overload disorders.