Les facteurs hormonaux
Les œstrogènes, principales hormones féminines, ont un impact sur la souplesse et la tonicité du plancher pelvien. Ils stimulent la production de collagène et d’élastine dans les tissus périnéaux qui garantissent leur flexibilité et leur capacité à résister aux contraintes physiques lors d’une grossesse ou de rapports sexuels, par exemple. Lorsque le taux d’œstrogènes baisse, les tissus s’affinent, perdent de leur élasticité et sont donc plus susceptibles de se relâcher.
Les événements de la vie d’une femme
La grossesse
La croissance du bébé dans l’utérus exerce une pression progressive sur le plancher pelvien. Les muscles s’étirent petit à petit et deviennent moins toniques. Par ailleurs, les hormones sécrétées pendant la grossesse, comme la relaxine (qui porte bien son nom), assouplissent les tissus conjonctifs et les ligaments pour préparer le corps à l’accouchement, mais rendent le périnée de la femme plus vulnérable. Enfin, la constipation, très commune durant la grossesse, accentue les efforts de poussées sur le périnée.
Accouchement
L’accouchement est l’un des principaux événements susceptibles d’affaiblir le périnée. Lors d’un accouchement par voie basse, les muscles et les tissus du périnée subissent une distension importante pour permettre le passage du bébé. Cette tension peut entraîner des microlésions, voire une déchirure du périnée si celui-ci a été trop étiré. Pour prévenir une déchirure grave du périnée ou aider le bébé à sortir plus rapidement lorsque cela est nécessaire, une épisiotomie peut être pratiquée par le médecin ou la sage-femme. Il s’agit d’une incision chirurgicale du périnée réalisée au moment où le bébé est sur le point de sortir, et refermée ensuite par des points de suture.
Par ailleurs, la naissance d’un bébé particulièrement lourd, un travail long ou l’utilisation d’instruments pour aider le bébé à sortir tels que des forceps ou des spatules accentuent la fragilisation du périnée.
Ménopause
La ménopause est une période de la vie de la femme qui s’accompagne de modifications hormonales, et notamment d’une chute des œstrogènes. Comme évoqué précédemment, ces hormones assurent la tonicité et l’élasticité des muscles du plancher pelvien. Une baisse de leur production entraîne un relâchement musculaire et une fragilisation du périnée. De plus, le vieillissement musculaire et ligamentaire naturel lié à l’avancée en âge amplifie ce phénomène.
Le mode de vie
Plusieurs habitudes de vie peuvent également fragiliser le périnée de la femme :
Manque d’activité physique : la sédentarité diminue le tonus musculaire général, y compris celui du périnée.
Activités sportives intenses : les activités à fort impact, comme la course à pied, le saut à la corde, le rugby ou l’haltérophilie soumettent le périnée à des pressions répétées et excessives.
Mauvaise posture : un ventre rentré en permanence, un dos voûté ou un bassin trop cambré peuvent fatiguer le périnée.
Constipation chronique : pousser fort pour évacuer les selles crée une pression excessive sur le plancher pelvien et affaiblit les muscles du périnée sur le long terme.
Toux chronique : une toux répétée, liée au tabac ou à une maladie respiratoire par exemple, provoque des à-coups et des pressions régulières sur le périnée.
Surpoids : la surcharge pondérale accroît la pression sur le plancher pelvien et accélère la fatigue et le relâchement musculaire. Les variations rapides de poids (prendre ou perdre beaucoup en peu de temps) fragilisent également les tissus qui composent le périnée.
Hygiène corporelle : une hygiène intime inadaptée et l’utilisation excessive de savons agressifs ou de lingettes peuvent entraîner des infections urinaires ou vaginales répétées rendant le périnée temporairement moins résistant.