Une altération de la microcirculation peut être liée à certaines habitudes de vie, au vieillissement ou à une maladie qui perturbe l’irrigation des tissus ou le fonctionnement des petits vaisseaux.
La sédentarité et l’immobilité prolongée
Les contractions musculaires, notamment celles des mollets, contribuent à faire remonter le sang des jambes vers le cœur. Rester longtemps assis ou debout sans bouger ralentit ce mécanisme et peut favoriser la stagnation du sang dans les membres inférieurs. Le manque d’activité physique, l’alitement, une mobilité réduite ou les longs trajets peuvent ainsi accentuer les sensations de jambes lourdes et les gonflements.
Le tabagisme
Les substances présentes dans la fumée de tabac altèrent l’endothélium, la couche de cellules qui tapisse l’intérieur des vaisseaux sanguins. La nicotine provoque également leur contraction et réduit temporairement le débit sanguin vers certains tissus. À long terme, le tabagisme constitue un facteur majeur de maladies cardiovasculaires et artérielles susceptibles de réduire l’irrigation des tissus.
Le diabète
Une glycémie durablement trop élevée peut endommager la paroi des petits vaisseaux. Cette atteinte, appelée microangiopathie diabétique, concerne notamment les capillaires des yeux, des reins et des nerfs périphériques. Au niveau des pieds, elle peut s’associer à une diminution de la sensibilité et à une atteinte des artères, ce qui augmente le risque de plaies difficiles à cicatriser.
L’hypertension artérielle
Une pression artérielle trop élevée exerce une contrainte répétée sur la paroi des vaisseaux. Au fil du temps, elle peut altérer leur structure, réduire leur souplesse et perturber leur capacité à se dilater en fonction des besoins des tissus. Les petits vaisseaux des reins, des yeux, du cerveau et du cœur peuvent notamment être concernés.
L’artériopathie oblitérante des membres inférieurs
Les maladies artérielles périphériques sont le plus souvent liées à l’athérosclérose, qui correspond à l’accumulation de plaques dans la paroi des artères. Lorsqu’une artère se rétrécit ou s’obstrue, les tissus situés en aval reçoivent moins de sang, ce qui retentit sur leur microcirculation. Une douleur du mollet pendant la marche, une extrémité froide ou une plaie persistante peuvent en être les manifestations. Le tabagisme, le diabète, l’hypertension artérielle et l’excès de cholestérol figurent parmi les principaux facteurs de risque.
L’insuffisance veineuse chronique
L’insuffisance veineuse chronique apparaît lorsque les veines des jambes ne ramènent plus suffisamment le sang vers le cœur, notamment en raison d’un mauvais fonctionnement de leurs valvules. L’augmentation de la pression veineuse se répercute alors sur les petits vaisseaux et favorise le passage de liquide vers les tissus. Elle peut provoquer des jambes lourdes, des gonflements, des varices et des modifications cutanées. Dans les formes avancées, des ulcères veineux peuvent apparaître.
Le phénomène de Raynaud
Le phénomène de Raynaud correspond à une contraction excessive et transitoire des petites artères des doigts, plus rarement des orteils. Les crises sont généralement déclenchées par le froid ou le stress et peuvent provoquer une succession de changements de couleur, des fourmillements, un engourdissement ou une douleur. Le phénomène de Raynaud peut apparaître sans cause identifiée ou être associé à une maladie, notamment auto-immune.
Le froid
Le froid provoque naturellement une contraction des vaisseaux sanguins superficiels afin de limiter les pertes de chaleur. Cette réaction diminue temporairement l’afflux de sang vers la peau et les extrémités. Elle peut accentuer les sensations de mains ou de pieds froids et déclencher des symptômes chez les personnes sujettes au phénomène de Raynaud.
L’âge
Avec les années, les vaisseaux sanguins peuvent perdre une partie de leur souplesse et leur capacité de dilatation peut diminuer. Le vieillissement peut également s’accompagner d’une altération du fonctionnement de l’endothélium et d’une réduction de la densité des capillaires dans certains tissus. Ces modifications ne provoquent pas systématiquement de symptômes, mais elles rendent la microcirculation plus sensible aux autres facteurs de risque cardiovasculaire.
Certaines maladies inflammatoires ou auto-immunes
Les vascularites correspondent à une inflammation de la paroi des vaisseaux sanguins. Certaines peuvent atteindre les petits vaisseaux et réduire l’irrigation des tissus. Des maladies auto-immunes, telles que la sclérodermie ou le lupus, peuvent également altérer la microcirculation, notamment au niveau des doigts. Les manifestations varient selon les vaisseaux et les organes concernés.
Certains médicaments
Certains médicaments peuvent modifier le calibre des vaisseaux, favoriser leur contraction ou provoquer un gonflement des membres inférieurs. C’est notamment le cas de certains traitements contre l’hypertension, de médicaments vasoconstricteurs ou de traitements hormonaux. N’interrompez jamais un médicament de votre propre initiative : si des symptômes circulatoires apparaissent après son introduction, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.