Dans plus de 85 % des cas, l’halitose prend naissance dans la cavité buccale. Cependant, d'autres facteurs digestifs, métaboliques ou même ORL peuvent également être en cause. Voici les principales origines identifiées :
Les causes bucco-dentaires
Les déséquilibres de la sphère buccale représentent la cause la plus fréquente de mauvaise haleine.
Une hygiène bucco-dentaire insuffisante favorise l’accumulation de plaque dentaire, de débris alimentaires et de bactéries anaérobies, notamment au niveau des gencives, des dents et de la langue. Ces bactéries décomposent les protéines et libèrent des composés soufrés volatils (CSV), à l’origine des odeurs désagréables.
La langue chargée, en particulier sa partie postérieure, constitue un réservoir propice à ces bactéries. Lorsqu’elle n’est pas nettoyée régulièrement, elle devient l’une des principales sources d’halitose.
Les caries non soignées, abcès dentaires ou infections chroniques sont autant de foyers de fermentation bactérienne générateurs de composés malodorants.
Les affections gingivales comme la gingivite ou la parodontite peuvent entraîner des saignements, des infections chroniques et une haleine persistante.
La sécheresse buccale (ou xérostomie), liée au stress, à certains médicaments ou à la déshydratation, réduit le pouvoir auto-nettoyant de la salive. Celle-ci étant un acteur clé dans la régulation du microbiote oral, son absence favorise la prolifération bactérienne.
Les causes digestives
Bien que moins fréquentes (environ 10 % des cas), les origines gastro-intestinales ne sont pas à négliger, surtout lorsque l’hygiène buccale est irréprochable.
Le reflux gastro-œsophagien (RGO) peut provoquer une remontée de gaz ou de fluides acides à l’odeur désagréable, perceptible dans l’haleine.
Une gastrite, un ulcère ou une digestion difficile peuvent également dégager des composés odorants depuis l’estomac.
La bactérie Helicobacter pylori, impliquée dans de nombreuses pathologies gastriques, est parfois associée à une mauvaise haleine chronique.
Enfin, une fermentation intestinale excessive, notamment en cas de dysbiose, peut également libérer des gaz malodorants qui transitent jusqu’à la cavité buccale.
Les causes métaboliques et systémiques
Certaines maladies chroniques ou déséquilibres internes peuvent se manifester par une haleine particulière, souvent révélatrice d’un trouble sous-jacent.
Le diabète mal équilibré, notamment en cas d'acidocétose, peut entraîner une haleine fruitée ou acétonée, en lien avec la production excessive de corps cétoniques.
Les insuffisances hépatiques ou rénales peuvent entraîner une accumulation de toxines et de composés azotés dans l’organisme, exhalés ensuite par la respiration, donnant lieu à une haleine fétide ou ammoniacale.
Dans ces situations, l’halitose n’est pas seulement un symptôme buccal : elle devient un signal d’alerte systémique.
Les causes ORL (oto-rhino-laryngologiques)
La sphère ORL peut aussi être impliquée, notamment en cas d'infections chroniques ou de stagnation de sécrétions.
Les sinusites, rhinites chroniques, amygdalites ou autres infections des voies respiratoires supérieures favorisent une accumulation de mucus riche en bactéries productrices de composés odorants.
Le caséum amygdalien, dépôts blanchâtres ou jaunâtres situés dans les cryptes des amygdales, est fréquemment à l’origine d’une mauvaise haleine persistante. Il s’agit de résidus alimentaires, cellulaires et bactériens en décomposition.
Les facteurs alimentaires et de mode de vie
Notre alimentation et nos habitudes quotidiennes influencent directement la qualité de notre haleine.
La consommation régulière d’aliments riches en composés soufrés (Ail, Oignon, épices fortes, fromage fermenté), de café, ou encore d’alcool, est souvent à l’origine d’odeurs tenaces dans la bouche et l’estomac.
Le jeûne prolongé ou les régimes pauvres en glucides (comme le régime cétogène) peuvent induire une dégradation accrue des graisses et produire des corps cétoniques, responsables d’une haleine à l’odeur sucrée ou acétonée.