Baisse de tension : causes et symptômes

La baisse de tension, aussi appelée hypotension, désigne une pression artérielle plus basse que d’ordinaire. Dans la vie courante, elle correspond souvent à un épisode transitoire, par exemple après un lever brusque, une chaleur marquée, une déshydratation ou la prise de certains médicaments. Chez d’autres personnes, elle peut s’accompagner de malaises répétés, de chutes ou d’une gêne plus nette au quotidien. Il faut rester prudent : une tension artérielle plutôt basse n’a pas toujours la même signification d’un individu à l’autre. Certaines personnes vivent avec des chiffres bas sans symptôme particulier. À l’inverse, une baisse plus brutale ou associée à des signes comme un évanouissement, un essoufflement ou une douleur thoracique appelle davantage de vigilance.

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Qu'est-ce qu'une baisse de tension ?

La tension artérielle correspond à la pression exercée par le sang sur la paroi des artères. Elle est exprimée par deux chiffres.

  • Le premier est la pression systolique, mesurée quand le cœur se contracte

  • Le second est la pression diastolique, mesurée quand le cœur se relâche entre deux battements.

On parle d’hypotension lorsque la pression artérielle est abaissée au point de provoquer des symptômes, comme des étourdissements, une faiblesse ou un malaise. Autrement dit, ce n’est pas seulement un chiffre qui compte, mais aussi le contexte et le retentissement ressenti.

Il existe aussi une forme bien définie sur le plan médical : l’hypotension orthostatique. Le terme « orthostatique » signifie « liée au passage en position debout ». Elle est définie par une baisse de la pression systolique d’au moins 20 mmHg et, ou, de la pression diastolique d’au moins 10 mmHg dans les trois minutes suivant le lever. Cette situation reflète une adaptation insuffisante de l’organisme au changement de position.

Quelles sont les causes de la chute de tension ?

Un manque d’eau ou des pertes de liquides

La déshydratation fait partie des causes fréquentes de baisse de tension. Elle peut survenir en cas de chaleur, de fièvre, de vomissements ou de diarrhée. Dans ces situations, l’organisme perd de l’eau, parfois aussi des sels minéraux, ce qui réduit le volume sanguin et peut faire baisser la pression artérielle.

Un changement de position trop rapide

Le passage brusque de la position couchée ou assise à la position debout peut provoquer une chute transitoire de la tension. On parle alors souvent d’hypotension orthostatique. Ce phénomène apparaît lorsque l’organisme ne s’adapte pas assez vite au redressement. Le repos au lit prolongé peut aussi favoriser ce type de malaise, car le corps s’habitue moins bien à la station debout.

Certains médicaments

Les médicaments occupent une place centrale parmi les causes possibles. Les diurétiques, certains traitements de l’hypertension, certains antidépresseurs, les neuroleptiques, certains médicaments utilisés dans la maladie de Parkinson, les opiacés ou encore certains traitements urologiques peuvent favoriser une baisse de tension. Chez les personnes âgées, ce mécanisme est particulièrement fréquent, notamment en cas de traitements multiples.

Certaines maladies ou fragilités de terrain

D’autres causes existent. Une anémie, c’est-à-dire une diminution de l’hémoglobine, peut s’accompagner d’une sensation de faiblesse ou de malaise. Certaines maladies neurologiques touchant le système nerveux autonome, qui régule automatiquement plusieurs fonctions de l’organisme, peuvent aussi être en cause. Le diabète, lorsqu’il s’accompagne d’une atteinte nerveuse, fait également partie des situations associées à un risque plus élevé.

Une baisse de tension après les repas

Chez certaines personnes, surtout âgées, la baisse de tension survient principalement après le repas. On parle alors d’hypotension postprandiale. Le terme « postprandial » signifie « après un repas ». Cette situation correspond à une baisse de la pression artérielle qui apparaît dans le contexte digestif et peut favoriser une sensation de faiblesse ou d’instabilité.

Quels sont les symptômes d’une chute de tension ?

  • Étourdissements et sensation de tête légère : ce sont parmi les signes les plus fréquents ; ils donnent souvent l’impression que l’équilibre devient moins stable, surtout au lever 

  • Vertiges au passage en position debout : ils apparaissent souvent quelques secondes après s’être levé ; ce phénomène est typique des baisses de tension liées au changement de position 

  • Vision floue : certaines personnes décrivent un voile devant les yeux ou une impression de vue moins nette pendant quelques instants 

  • Faiblesse et fatigue inhabituelle : une baisse de tension peut s’accompagner d’une sensation de perte d’énergie, parfois assez brutale 

  • Impression que les jambes se dérobent : cette sensation traduit souvent une difficulté transitoire à rester bien stable debout 

  • Sensation de flottement ou malaise bref : certaines personnes parlent d’un moment de flottement, d’un inconfort soudain ou d’un malaise de courte durée 

  • Difficulté à se concentrer : lorsque le cerveau est momentanément moins bien perfusé, c’est-à-dire moins bien irrigué par le sang, la concentration peut devenir plus difficile 

  • Chute ou évanouissement : lorsque la baisse de tension est plus marquée, elle peut aller jusqu’à provoquer une perte d’équilibre, une chute ou un évanouissement

  • Parfois peu ou pas de symptômes : une hypotension peut aussi passer presque inaperçue ; chez certaines personnes, en particulier âgées, les signes sont discrets, voire absents, alors même qu’un risque de chute existe.

Chute de tension : dans quels cas faut-il être attentif ?

Une vigilance accrue s’impose quand les épisodes se répètent, quand ils s’aggravent ou quand ils s’accompagnent d’une chute, d’une perte de connaissance, d’une confusion ou de troubles visuels marqués. Une attention particulière est aussi justifiée chez les personnes âgées, les personnes diabétiques, celles qui vivent avec une maladie de Parkinson, une dénutrition, une déshydratation, ou qui prennent plusieurs médicaments pouvant faire baisser la pression artérielle.

Le contexte d’apparition a aussi beaucoup de valeur. Un malaise après un lever rapide, après un repas, par temps chaud ou après une perte de liquide oriente volontiers vers une hypotension transitoire. En revanche, un épisode associé à une douleur thoracique, un essoufflement brutal, une faiblesse d’un membre, une absence de réaction après perte de connaissance, ou des signes de choc comme des extrémités froides et une pâleur marquée relève d’une évaluation urgente.

Que faire en cas de diminution de la tension ?

Lorsqu’un malaise évoque une baisse de tension, le premier repère est de sécuriser la situation. S’allonger ou s’asseoir immédiatement, éviter de rester debout et attendre que les symptômes diminuent limite le risque de chute. Si l’épisode survient au lever, un redressement progressif est préférable. En cas de répétition des épisodes, la mesure de la tension dans différentes positions peut aider le médecin à orienter l’évaluation.

Concernant l'hypotension orthostatique :

Quelques mesures simples sont décrites pour limiter les symptômes chez les personnes sujettes à l’hypotension orthostatique : se lever lentement après un court temps assis, éviter la station debout prolongée, croiser les jambes en position debout, éviter l’alcool et l’exposition à une chaleur marquée, et veiller à un apport hydrique suffisant. Certaines recommandations mentionnent aussi une alimentation un peu plus salée dans des situations ciblées, mais ce point ne convient pas à tout le monde, notamment en cas d’hypertension, d’insuffisance cardiaque ou d’atteinte rénale. Il ne peut donc pas être généralisé sans avis médical.

À savoir : Si la personne perd connaissance, ne réagit pas, présente une douleur thoracique, un essoufflement, des signes neurologiques ou un traumatisme après chute, il faut contacter rapidement les secours. Le 15 ou le 112 sont les numéros à composer.

Comment prévenir l'hypotension ?

La prévention repose d’abord sur l’identification du contexte déclenchant.

  1. Chez une personne sensible au lever : un passage plus progressif de la position couchée à la position debout est souvent utile 

  2. Chez une personne qui boit peu ou qui a perdu des liquides, la correction de la déshydratation compte beaucoup 

  3. Quand les épisodes surviennent après les repas : des repas plus petits et fractionnés peuvent parfois réduire les symptômes, surtout chez les sujets âgés présentant une hypotension postprandiale.

Une activité physique régulière est également mentionnée dans les conseils de prise en charge non médicamenteuse, car elle aide à limiter le déconditionnement, c’est-à-dire la perte d’adaptation du corps à l’effort et à la station debout. La prévention passe aussi par l'analyse minutieuse des prescriptions médicamenteuses. Cette réévaluation relève du médecin, surtout chez les personnes âgées polymédiquées.

Précautions

Certaines mesures simples peuvent être utiles en cas d'hypotension transitoire : boire davantage, augmenter le sel, utiliser des bas de compression... Néanmoins, un avis médical demeure indispensable dans la majorité des cas.

Conseil de l'expert

Voici un repère utile : une tension basse n’a pas la même signification chez tous les individus. Chez une personne qui dit avoir “souvent une baisse de tension”, l’enjeu n’est pas seulement de relever un chiffre, mais de comprendre quand cela survient, avec quels signes, et dans quel terrain. Cette approche aide à distinguer un épisode ponctuel, souvent bénin, d’une situation qui appelle un bilan plus poussé.

En savoir plus

Comment agir en cas de chute de tension ?

En cas de baisse de tension, le premier réflexe consiste à s’asseoir ou à s’allonger pour limiter le risque de chute. Il vaut mieux éviter de se relever trop vite et attendre que les symptômes diminuent. Si le malaise survient dans un contexte de chaleur, de perte de liquides ou de lever brusque, ces éléments peuvent orienter l’explication. En revanche, si les épisodes se répètent, s’aggravent ou s’accompagnent d’une perte de connaissance, une évaluation médicale devient nécessaire.

Quelles sont les causes les plus fréquentes de l'hypotension ?

Les causes les plus fréquentes sont la déshydratation, la chaleur, la fièvre, les vomissements, la diarrhée ou un lever trop rapide. Certains médicaments peuvent aussi favoriser une baisse de tension, notamment les diurétiques ou certains traitements cardiovasculaires. Chez les personnes âgées, plusieurs facteurs se cumulent souvent, comme les traitements multiples, une moindre adaptation au passage debout ou une hydratation insuffisante. Dans certains cas, une anémie ou une hypotension après les repas peuvent également être en cause.

Définition de l’hypotension : quelles sont les valeurs normales ?

L’hypotension correspond à une pression artérielle plus basse que d’ordinaire, au point de provoquer des symptômes comme des étourdissements, une faiblesse ou un malaise ; elle ne se résume donc pas à un chiffre isolé. Chez l’adulte, une tension artérielle est considérée comme normale lorsqu’elle est inférieure à 140/90 mmHg au cabinet médical et inférieure à 135/85 mmHg en automesure. En pratique, certaines personnes ont naturellement une tension plutôt basse sans gêne particulière. À part, l’hypotension orthostatique a une définition précise : il s’agit d’une baisse d’au moins 20 mmHg de la pression systolique et, ou, de 10 mmHg de la pression diastolique dans les trois minutes suivant le passage en position debout.

Quels sont les signes ou symptômes de gravité d'une hypotension ?

Les signes qui demandent une vigilance immédiate sont surtout la perte de connaissance, la répétition des malaises, une chute ou l’absence de retour rapide à un état normal après l’épisode. Une hypotension devient aussi plus préoccupante lorsqu’elle s’accompagne d’un essoufflement, d’une douleur thoracique, d’un pouls très irrégulier, très rapide ou très lent, ou d’une altération de l’état général. Chez certaines personnes, en particulier âgées, des troubles visuels, une confusion ou des chutes inexpliquées peuvent aussi traduire une situation à surveiller de près. En cas d’absence de réaction, de respiration anormale ou de malaise avec douleur thoracique ou essoufflement, il faut appeler rapidement le 15 ou le 112.

Zoom sur notre rédactrice pharmacienne et docteure en biologie moléculaire, Stéphanie LE GUILLOU

Stéphanie est pharmacienne (depuis 2010) et docteure en biologie moléculaire (depuis 2012). Passionnée de rédaction, elle écrit des contenus médicaux depuis près de 15 ans. Son objectif est de rendre accessible et compréhensible les informations, sans jamais perdre en justesse scientifique.

Bibliographie

1

Manuel MSD. Hypotension artérielle. Mai 2024.

2

Vidal. Hypotension orthostatique. Décembre 2023.

3

Assurance Maladie. Risque iatrogénique chez la personne âgée : situations à risque et médicaments cardiovasculaires. Septembre 2024.

4

Manuel MSD. Hypotension postprandiale. Août 2024.