La stratégie dépend de l’étendue, de l’épaisseur de l’ongle atteint, du nombre d’ongles concernés et des facteurs de risque. Le diagnostic microbiologique est recommandé lorsqu’une prise en charge par voie orale est envisagée ou devant une présentation atypique.
Prise en charge de première ligne
En première ligne, pour des atteintes limitées, on utilise des traitements topiques sous forme de vernis médicamenteux. Les solutions filmogènes à base d’amorolfine s’appliquent une à deux fois par semaine ; celles à base de ciclopirox s’utilisent quotidiennement. Le traitement est poursuivi jusqu’à la repousse complète d’un ongle sain : en pratique, environ trois mois pour les ongles des mains, six mois pour les ongles des pieds. Cette durée ne correspond pas au délai d’éradication du champignon, mais au temps nécessaire à la régénération d’une tablette unguéale non colonisée.
En cas d'atteinte profonde
Lorsque l’atteinte est profonde, multiple, ou en cas d’échec/contre-indication du traitement local, un antifongique oral peut être prescrit. La terbinafine par voie orale est la référence dans de nombreux schémas : 250 mg par jour, généralement 6 semaines pour les ongles des mains et 12 semaines pour ceux des pieds. L’itraconazole peut être proposé en cures séquentielles (pulses) dans certaines situations. Ces médicaments exigent une évaluation des interactions et du terrain hépatique ; ils ne sont pas autorisés pendant la grossesse ou l’allaitement. Le résultat esthétique final n’apparaît qu’à la repousse d’un ongle neuf, parfois au terme de 12 à 18 mois pour un gros orteil.
Approches complémentaires
Des approches complémentaires existent. Une pommade associant urée (kératolytique) et antifongique peut débrider chimiquement l’ongle infecté en 2 à 4 semaines avant, ou à la place, du vernis, selon l’avis médical. Dans de rares cas, une avulsion partielle peut être indiquée pour retirer un bloc d’ongle malade. Ces gestes visent à réduire la charge fongique et à améliorer la pénétration des traitements locaux. En parallèle, traiter un pied d’athlète actif avec une crème antifongique interdigitale limite le risque d’auto-réinfection de l’ongle.