Deux causes majeures sont à l'origine des pancréatites aiguës. Les connaître permet de mieux prévenir les conséquences et de consulter son médecin rapidement en cas de sensations douloureuses.
Les calculs biliaires
C'est la cause majeure (1,3). La vésicule biliaire peut former des calculs : de petites concrétions solides, un peu comme des graviers. Lorsqu'un calcul migre et vient bloquer le canal où se rejoignent voies biliaires et canal pancréatique, plus rien ne s'écoule. La pression monte, les enzymes stagnent et s'activent sur place.
On observe une prédominance de cette forme chez les femmes de plus de cinquante ans. Elle s'accompagne fréquemment d'un ictère : ce jaunissement de la peau et du blanc des yeux qui trahit l'obstruction (4). Une fois l'épisode passé, l'ablation de la vésicule est généralement proposée pour éviter les récidives (1,2,3).
La consommation d'alcool
L'alcool est la seconde grande cause. Il agit sur deux fronts (1,2,3):
Il épaissit les sécrétions pancréatiques : l'alcool modifie la composition du suc pancréatique. Il devient plus riche en protéines. Ces sécrétions visqueuses s'écoulent moins facilement. Cela forme des petits bouchons équivalents aux calculs biliaires, mais à l'intérieur du pancréas
Il exerce une toxicité directe sur les cellules de la glande : une fois digéré, l'alcool génère des substances qui fragilisent la membrane des cellules et perturbent leur fonctionnement. Résultat : les enzymes normalement inactives peuvent s'activer à l'intérieur du pancréas au lieu des intestins
Contrairement à une idée répandue, une pancréatite alcoolique ne résulte presque jamais d'un unique excès. Elle traduit le plus souvent une consommation régulière, étalée sur plusieurs années. Le tabac, lui, agit comme un facteur aggravant à part entière, surtout dans le passage à la forme chronique (1,4).
L'hypertriglycéridémie
Un taux de triglycérides très élevé dans le sang peut, lui aussi, déclencher une pancréatite. C'est un mécanisme qui est peu abordé en prévention, alors que cela concerne un grand nombre de personnes.
Un surpoids abdominal, un diabète mal équilibré sont autant de facteurs de risque pour une pancréatite liée à une hypertriglycéridémie.
Heureusement cet aspect est en partie modifiable avec une bonne prise en charge médicale, une alimentation saine, de l'exercice. Un simple bilan lipidique permettra de déterminer son facteur de risque et d'agir en conséquence (1,2,3,4).
Certains médicaments
Plusieurs familles de médicaments figurent parmi les causes possibles : des corticoïdes à fortes doses, des diurétiques, certains immunosuppresseurs, certains anti-infectieux. Les analogues du GLP-1, utilisés dans le diabète et l'obésité, font aussi l'objet d'une surveillance à ce titre.
Attention à ne pas s'alarmer pour autant : ce risque reste rare au regard du nombre de personnes traitées. Il rappelle surtout une règle simple : ne jamais s'automédiquer, et signaler toute douleur abdominale inhabituelle à votre médecin ou à votre pharmacien (1,2,3).
Des causes plus rares
Un traumatisme abdominal, une hypercalcémie, une anomalie des canaux pancréatiques, une forme auto-immune ou des mutations transmises dans certaines familles complètent ces facteurs de risque.
Une exploration endoscopique des voies biliaires peut même, dans une minorité de cas, provoquer un épisode dû à l'irritation des tissus de l'organe.
Et parfois, malgré le bilan, aucune cause n'est retrouvée. On parle alors de pancréatite idiopathique. Cela n'empêche ni la prise en charge, ni le suivi par un médecin.