Ferritine : taux bas ou élevé, à quoi faut-il être attentif ?

Ferritine : taux bas ou élevé, à quoi faut-il être attentif ?


Par Christine Barris

Publié le: mercredi 18 juin 2025, Mis à jour le: mercredi 30 septembre 2026

Lecture: 4 min

La ferritine est une protéine analysée lors d’un bilan sanguin pour estimer les réserves de Fer de l’organisme. Indispensable à l'évaluation d’une carence ou d’une surcharge, elle offre un éclairage précieux, à condition d’être interprétée avec d’autres marqueurs. Quelle est sa fonction ? Pourquoi son taux varie-t-il ? Et surtout, comment réagir en cas d’anomalie ? Décryptage.

Sommaire

Produits associés

Qu'est ce que la ferritine ?

La ferritine n’est pas du Fer à proprement parler, mais une protéine de stockage du Fer. Elle permet de réguler la disponibilité de ce minéral en l’emmagasinant dans les tissus (foie, moelle osseuse, rate) et en le libérant selon les besoins du corps. Le dosage de la ferritine dans le sang permet ainsi d’évaluer les réserves en Fer. Pour une vue d'ensemble, ce dosage est souvent associé à celui de la transferrine, qui reflète le Fer en circulation. Le Fer, quant à lui, est un minéral essentiel que l’organisme ne produit pas. On le retrouve dans l’alimentation sous deux formes : héminique (viande rouge, fruits de mer) et non héminique (légumineuses, fruits à coque). Contrairement au Fer, la ferritine n’est donc pas un nutriment, mais une protéine produite par l’organisme, cruciale pour la bonne gestion de ce minéral.

Quel est le rôle de cette protéine ?

La ferritine agit comme un réservoir de Fer. Elle stocke le minéral dans des organes stratégiques et le libère au besoin, notamment pour la fabrication de l’hémoglobine, protéine chargée du transport de l’oxygène. Elle joue donc un rôle indirect mais essentiel dans les fonctions physiologiques du Fer : oxygénation, réduction de la fatigue, soutien de l’immunité...

Quelles différences avec Fer sérique et transferrine ?

  • Le Fer sérique correspond au Fer circulant dans le sang

  • La transferrine est la protéine de transport du Fer, fabriquée par le foie

  • La ferritine stocke le Fer dans les tissus.

Ces trois marqueurs, combinés, permettent d'avoir une bonne idée du métabolisme du Fer propre à chacun.

Quel est bon taux de ferritine selon les profils ?

Profil

Valeurs usuelles de la ferritine (ng/mL)

Points d’attention

Femmes adultes

20 à 200 ng/mL

Les réserves en fer sont généralement plus basses que chez les hommes, en raison des pertes menstruelles. Un taux élevé est plus rare avant la ménopause.

Hommes adultes

30 à 300 ng/mL

Les taux de ferritine sont en moyenne plus élevés. Une ferritine élevée est plus fréquemment observée chez les hommes.

Femmes après la ménopause

20 à 200 ng/mL

Les différences de taux avec les hommes tendent à s’atténuer après la ménopause, du fait de l’arrêt des pertes menstruelles.

Enfants

7 à 140 ng/mL

(selon l’âge)

Les valeurs varient fortement selon l’âge et la croissance. L’interprétation doit toujours être adaptée au contexte pédiatrique.

Pourquoi le taux de ferritine peut-il varier ?

Le taux de ferritine reflète les réserves de fer de l’organisme. Il peut évoluer au cours de la vie en fonction de l’âge, du sexe, des besoins physiologiques et de certains contextes biologiques. Une variation, qu’elle soit à la baisse ou à la hausse, doit toujours être interprétée avec précaution et replacée dans son contexte.

Pourquoi le taux baisse ?

Causes et symptômes

Un taux de ferritine bas correspond le plus souvent à une diminution des réserves en fer. Cette situation peut survenir lorsque les pertes dépassent les apports ou lorsque les besoins augmentent.

Les causes les plus fréquentes incluent des pertes sanguines régulières, notamment lors des menstruations, mais aussi des saignements répétés ou discrets. Une absorption insuffisante du fer au niveau intestinal ou des besoins accrus liés à certaines périodes de la vie (croissance, grossesse, activité physique intense) peuvent également contribuer à cette baisse.

Lorsque les réserves s’épuisent, des signes progressifs peuvent apparaître :

  • une fatigue persistante, parfois accompagnée de douleurs musculaires

  • un teint plus pâle

  • des cheveux et des ongles fragilisés

  • des maux de tête, des difficultés de concentration ou des sensations d’étourdissement

Solutions naturelles

Face à un taux de ferritine bas, il est recommandé de consulter un professionnel de santé afin d’en identifier la cause précise. En complément, une attention particulière peut être portée à l’alimentation, en privilégiant des sources naturelles de fer et des apports adaptés aux besoins individuels.

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Dans ce cadre, certains choisissent d’intégrer des superaliments naturellement riches en nutriments, comme la spiruline. Source de fer et de minéraux, elle peut s’inscrire dans une démarche globale visant à soutenir les apports nutritionnels, en l’absence de contre-indication. Une introduction progressive est conseillée, et un avis médical est indispensable pour certaines populations, notamment les femmes enceintes ou allaitantes.

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Pourquoi le taux augmente ?

Causes et symptômes

Un taux de ferritine élevé ne reflète pas systématiquement une surcharge en fer. La ferritine étant également une protéine de réponse biologique, son taux peut augmenter dans différents contextes.

Cette élévation peut être observée lors d’une inflammation ou d’une infection, dans certaines affections hépatiques ou au cours de pathologies chroniques. Plus rarement, une surcharge en fer, comme dans l’hémochromatose, peut être en cause.

Les manifestations associées à une ferritine élevée sont variables :

  • Une fatigue inexpliquée peut apparaître, parfois accompagnée de douleurs articulaires, notamment au niveau des poignets, des genoux ou des chevilles.

  • Des troubles digestifs, tels que des ballonnements

  • Des modifications de la pigmentation de la peau ou certains déséquilibres hormonaux.

Solutions naturelles

En cas de ferritine élevée, la priorité est de déterminer l’origine de l’élévation avec l’aide d’un professionnel de santé. L’approche repose avant tout sur une prise en charge adaptée au contexte, qui peut inclure un rééquilibrage alimentaire et des ajustements du mode de vie.

Dans cette situation, il est recommandé d’éviter les produits riches en fer, notamment les compléments alimentaires contenant du fer ou des superaliments comme la spiruline, en particulier lorsqu’une surcharge en fer est suspectée ou confirmée.

A retenir

Un taux de ferritine bas ou élevé constitue un indicateur d’alerte, mais ne suffit pas à poser un diagnostic. Avant toute modification alimentaire ou supplémentation, il est essentiel de demander l’avis d’un professionnel de santé, afin d’adopter une approche personnalisée et sécurisée.

Précautions d'usage

Un excès de Fer peut générer un stress oxydatif et endommager le foie, le cœur ou le pancréas. Avant toute prise de compléments, il est indispensable de confirmer la carence par une analyse prescrite par un professionnel de santé. La prise de Fer est déconseillée en cas d’hémochromatose, de maladies hépatiques ou digestives chroniques, et nécessite un avis médical pour les enfants, femmes enceintes/allaitantes et personnes sous traitement.

Conseil de l'expert

Le Fer est vital, mais ni son excès ni sa carence ne doivent être pris à la légère. L’organisme n’éliminant pas naturellement le surplus, l’autodiagnostic est à proscrire. Une prise de sang est le seul moyen fiable de connaître ses besoins.

Zoom sur Christine Barris, Naturopathe, Sophrologue et formatrice

Christine Barris

Après un Master en Management, puis une vingtaine d'années passées au sein d'entreprises renommées des secteurs des compléments alimentaires et des cosmétiques naturels, j'ai décidé de faire de ma passion, la nature, mon métier.

Je pratique à présent la naturopathie humaine et animale, ainsi que la sophrologie. Et j'accompagne de futurs naturopathes et sophrologues au sein de différentes écoles.

Bibliographie

  1. https://www.doctissimo.fr

  2. https://www.topsante.com

  3. Ferritin: an important iron storage protein in the regulation of iron homeostasis

    M. Gozzelino, V. Arosio — Biochimica et Biophysica Acta (BBA) - General Subjects (2016)

  4. Serum ferritin: Past, present and future

    R. Worwood — Biochimica et Biophysica Acta (BBA) - General Subjects (1990)

  5. Ferritin: Structure, Function, and Regulation

    Y. Arosio, P. Levi — Biochimica et Biophysica Acta (BBA) - General Subjects (2010)

  6. Ferritin, iron homeostasis, and oxidative damage

    Paolo Santambrogio, Paolo Arosio — Free Radical Biology and Medicine (2010)

  7. Iron deficiency without anemia: a diagnosis that matters

    Camaschella C. — Haematologica (2017)

  8. Iron overload and the liver: new insights into pathogenesis, diagnosis and therapy

    A. Pietrangelo — Journal of Hepatology (2016)

Questions fréquentes

Questions fréquentes