Le stress ne provoque pas à lui seul une plaque d’eczéma sous l’aisselle. Il peut toutefois accompagner certaines poussées de dermatite atopique et renforcer les démangeaisons ou le grattage. Une irritation localisée doit d’abord faire rechercher une cause directe, comme un déodorant, le rasage, les frottements, la transpiration ou une infection. Attribuer systématiquement les symptômes au stress risquerait de retarder le bon diagnostic.
Comprendre l'eczéma des aisselles et le soulager naturellement
Une plaque rouge, sèche ou prurigineuse sous les bras peut évoquer un eczéma des aisselles. Cette zone est particulièrement exposée à la transpiration, aux frottements, au rasage et aux produits cosmétiques, notamment les déodorants. Toutes les irritations des aisselles ne sont toutefois pas des eczémas. Une mycose du pli, un psoriasis, une infection bactérienne ou une hidradénite suppurée peuvent donner des signes proches. Les soins naturels peuvent accompagner le confort d’une peau sèche ou fragilisée, mais ils ne remplacent pas un diagnostic médical si les lésions persistent, s’étendent, suintent ou deviennent douloureuses.
Par Lauréna Valette

Qu'est-ce que l'eczéma des aisselles ?
L’expression « eczéma des aisselles » désigne une inflammation cutanée localisée dans le creux axillaire ou autour de celui-ci. La peau peut devenir rouge, sèche, prurigineuse, sensible ou fissurée. Elle peut aussi présenter de petites vésicules ou suinter lors d’une poussée aiguë.
Deux situations sont principalement à envisager :
L’eczéma atopique ou dermatite atopique : cette maladie inflammatoire chronique évolue par poussées et s’accompagne d’une fragilité de la barrière cutanée. Les plis peuvent être touchés, notamment chez les personnes ayant déjà de l’eczéma sur d’autres zones. La chaleur, la transpiration et les frottements peuvent entretenir l’inconfort [1,2] ;
L’eczéma de contact irritatif ou allergique : la dermatite irritative peut apparaître rapidement après l’utilisation d’un produit agressif ou sur une peau fragilisée par le rasage. L’eczéma allergique de contact correspond à une réaction retardée à une substance précise, comme un parfum, un conservateur ou un ingrédient présent dans un déodorant. Les signes apparaissent généralement dans les heures ou les jours suivant l’exposition [3,4].
L’eczéma atopique et l’eczéma de contact peuvent coexister. Une peau atopique, dont la barrière cutanée est déjà fragilisée, peut être plus sensible aux produits appliqués localement [1,3].
Quelle est la différence entre une mycose et un eczéma ?
Une mycose des aisselles est une infection provoquée par un champignon microscopique. Elle fait partie des intertrigos mycosiques, c’est-à-dire des mycoses qui se développent dans les plis. La chaleur, l’humidité et la macération favorisent leur apparition [5]. L’eczéma et la mycose peuvent tous deux provoquer des rougeurs, des démangeaisons, une sensation de brûlure ou des fissures. Certains éléments orientent davantage vers l’une ou l’autre atteinte, sans suffire à poser un diagnostic.
Eczéma des aisselles | Mycose ou intertrigo mycosique |
Peau souvent sèche, rugueuse ou desquamante | Pli souvent humide, luisant ou macéré |
Démangeaisons parfois intenses | Démangeaisons, brûlures ou douleurs |
Possibilité de vésicules et de suintement en phase aiguë | Possibilité de fissures, d’un dépôt blanchâtre ou jaunâtre et d’une odeur inhabituelle |
Lien possible avec un déodorant, le rasage ou un terrain atopique | Favorisée par la transpiration, la chaleur et l’humidité persistante |
Contours parfois diffus ou irréguliers | Extension possible à la peau voisine, parfois avec de petites lésions en périphérie |
Traitement anti-inflammatoire selon le diagnostic | Traitement antifongique si la mycose est confirmée |
La distinction peut être difficile, car un eczéma peut suinter et une mycose peut être sèche. Un prélèvement mycologique peut être réalisé en cas de doute, de récidives ou d’échec du traitement [5,6]. Il ne faut pas appliquer au hasard une ancienne crème corticoïde ou un antifongique. Un traitement inadapté peut masquer les signes sans agir sur leur cause.
Quelles sont les causes les plus fréquentes ?
Un terrain atopique
La dermatite atopique est associée à une altération de la barrière cutanée. La peau retient moins bien l’eau et réagit plus facilement aux irritants, aux allergènes, aux frottements ou à la transpiration [1]. L’atteinte des aisselles peut s’accompagner d’autres plaques d’eczéma sur le cou, le visage, les mains ou les plis des membres.
Une irritation provoquée par un déodorant
Un déodorant peut provoquer une irritation, notamment s’il est appliqué sur une peau fraîchement rasée, déjà sèche ou fragilisée. L’alcool, le parfum, certaines huiles essentielles, le bicarbonate ou d’autres ingrédients peuvent être mal tolérés selon la sensibilité de la peau. Une brûlure qui apparaît rapidement après l’application évoque plutôt une irritation. Il reste toutefois difficile de déterminer le mécanisme uniquement à partir du délai d’apparition.
Une allergie de contact
Les parfums, conservateurs et autres substances présentes dans les cosmétiques peuvent déclencher un eczéma allergique de contact chez une personne sensibilisée [3]. La réaction n’apparaît pas nécessairement dès la première utilisation. Un produit toléré pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois peut devenir responsable de poussées récidivantes. Des patch-tests peuvent alors être proposés pour rechercher l’allergène en cause [4].
Le rasage ou l'épilation
Le rasage peut entraîner de petites coupures et altérer temporairement la barrière cutanée. Les passages répétés de la lame, le rasage à sec ou l’utilisation d’un rasoir émoussé augmentent les frottements. La cire, les produits dépilatoires et certains soins appliqués juste après l’épilation peuvent aussi irriter la zone. Une folliculite, c’est-à-dire une inflammation autour des poils, peut parfois être confondue avec un eczéma.
La transpiration et la macération
La transpiration n’est pas une allergie. En revanche, l’humidité prolongée dans le pli peut fragiliser la peau, augmenter les frottements et entretenir une irritation. La macération favorise aussi les mycoses et certaines infections bactériennes. Une plaque humide sous l’aisselle ne doit donc pas être automatiquement attribuée à l’eczéma [5].
Les frottements
Les vêtements serrés, les coutures, les tissus rugueux ou l’activité physique peuvent provoquer des frottements répétés. La peau du creux axillaire peut alors devenir rouge, sensible ou douloureuse. Les frottements sont plus marqués lorsque la zone reste humide ou lorsque le bras frotte régulièrement contre le thorax.
Des produits d'hygiène trop agressifs
Les savons détergents, les produits antibactériens, les gommages et les soins très parfumés peuvent altérer la barrière cutanée. Des lavages fréquents ou un rinçage insuffisant peuvent aussi laisser des résidus irritants dans le pli. L’accumulation de plusieurs produits rend parfois difficile l’identification de celui qui entretient la réaction.
Le stress
Le stress n’est pas la cause directe d’une plaque localisée sous l’aisselle. Il peut toutefois accompagner certaines poussées d’eczéma atopique, augmenter la perception des démangeaisons et entretenir le grattage. Une plaque nouvelle ou persistante ne doit donc pas être attribuée au stress sans avoir recherché les causes locales.
Quels sont les symptômes typiques ?
Les signes dépendent du type d’eczéma et du stade de la poussée. Ils peuvent être limités à une aisselle ou toucher les deux côtés.
Des rougeurs : elles apparaissent dans le creux de l’aisselle et peuvent déborder sur la peau voisine ;
Des démangeaisons : elles peuvent être importantes et entraîner des lésions de grattage ;
Une sensation de brûlure : elle survient parfois après l’application d’un déodorant, le rasage ou le contact avec la transpiration ;
Une peau sèche ou rugueuse : le pli peut tirer, peler ou présenter de petites squames ;
De petites vésicules : elles contiennent un liquide clair et peuvent se rompre lors d’une poussée aiguë ;
Un suintement : il peut apparaître lorsque les vésicules se rompent, mais doit aussi faire rechercher une infection ou une mycose ;
Des fissures : elles se forment parfois au fond du pli, notamment lorsque la peau est très sèche ou macérée ;
Des croûtes : elles peuvent résulter du suintement ou du grattage. Des croûtes épaisses, jaunâtres ou purulentes peuvent évoquer une surinfection ;
Un épaississement de la peau : le grattage répété peut rendre la zone plus épaisse et plus rugueuse ;
Une modification de la pigmentation : après la poussée, la peau peut rester temporairement plus foncée ou plus claire.
Des nodules profonds, des abcès récidivants, des écoulements, des cicatrices ou des trajets sous la peau ne sont pas caractéristiques d’un simple eczéma. Ces signes peuvent évoquer une hidradénite suppurée, aussi appelée maladie de Verneuil [7].
Comment soulager ?
Avant d’appliquer un soin, il faut suspendre les produits suspects et vérifier que les lésions ne correspondent pas à une mycose ou à une infection. Le traitement médical d’un eczéma confirmé peut reposer sur un dermocorticoïde adapté aux plis et prescrit pour une durée définie [2,4]. Les produits cosmétiques peuvent accompagner le confort d’une peau sèche ou fragilisée. Ils ne doivent pas être appliqués sur une zone purulente, infectée ou très suintante.

Profiter des bienfaits de l'avoine
Le Baume relipidant Avoine & Céramide NP est destiné aux peaux sèches, fragilisées ou à tendance atopique. Sa formule associe notamment de l’huile d’avoine et du céramide NP. Il peut être envisagé pour accompagner le confort d’une peau sèche sous les bras, une fois le diagnostic clarifié [8].
Utilisation : Appliquez sur le visage et/ou le corps matin et/ou soir sur une peau propre et parfaitement sèche. Puis faites chauffer la matière quelques instants dans la paume de vos mains avant de masser délicatement les zones concernées.
Conservation : À stocker à l’abri de la chaleur.
Précautions : Appliquer sur peau saine. Ne pas appliquer sur une peau très irritée ou abîmée ou sur des lésions suintantes. La personnalisation est recommandée pour les adultes uniquement. Dans le creux de l’aisselle, une petite quantité suffit. L’application doit être interrompue si elle provoque une brûlure, une augmentation des rougeurs ou des démangeaisons.

Reprendre un déodorant sans parfum après amélioration
Pendant une poussée, il est préférable de suspendre le déodorant, même s’il est présenté comme doux ou sans parfum. Une fois la peau redevenue saine, la reprise peut se faire progressivement, en testant un seul produit à la fois. Le Déodorant nature sans parfum Aroma-Zone est formulé sans alcool et sans parfum. L’absence de parfum réduit une source fréquente d’exposition, mais elle ne garantit pas l’absence de réaction à un autre ingrédient [3,10].
Utilisation : Appliquer quotidiennement sur des aisselles propres et sèches.
Conservation : Stocker à l’abri de la chaleur.
Précautions : Ne pas appliquer sur une peau encore rouge, fissurée, fraîchement rasée ou douloureuse. Arrêter l’utilisation en cas de brûlure, de gonflement ou de réapparition des démangeaisons.
Comment prévenir cet eczéma ?
Quelques gestes limitent l’exposition aux irritants et la macération du pli :
Simplifier les gestes d’hygiène et de soin : limiter le nombre de produits appliqués sous les bras et éviter de superposer plusieurs déodorants ou soins ;
Choisir un déodorant bien toléré : privilégier une formule simple et arrêter tout produit qui provoque des brûlures ou des démangeaisons ;
Éviter le déodorant sur une peau lésée : attendre la disparition des coupures, des rougeurs ou de l’irritation après le rasage ;
Raser avec douceur : utiliser une lame propre et bien aiguisée, un produit de rasage adapté et limiter les passages répétés ;
Sécher soigneusement le pli : tamponner la peau après la toilette ou une activité physique, sans la frotter ;
Porter des vêtements respirants : privilégier des vêtements amples lorsque la transpiration et les frottements entretiennent l’inconfort ;
Éviter les produits parfumés : parfums, huiles essentielles et produits d’hygiène très odorants augmentent le nombre de substances en contact avec la zone ;
Rincer soigneusement : éliminer les résidus de savon, de gel douche ou de produit dépilatoire ;
Réintroduire les produits un par un : attendre plusieurs jours avant d’ajouter un autre produit ;
Consulter en cas de récidives : une allergie de contact peut nécessiter des patch-tests et l’éviction précise de l’allergène [4].
Précautions d'emploi
Avant d’utiliser un nouveau produit, un test de tolérance peut être réalisé pendant 48 heures sur une petite zone de peau saine, à distance de l’aisselle. L’absence de réaction lors de ce test ne garantit pas une tolérance parfaite lors des utilisations suivantes.
Les huiles essentielles, gommages, préparations fortement parfumées et soins contenant de nombreux actifs sont à éviter sur une peau inflammatoire. Aucun cosmétique ne doit être appliqué sur une zone purulente, très douloureuse, très suintante ou présentant une plaie ouverte.
Une consultation médicale est recommandée si la plaque persiste malgré l’arrêt des produits suspects, s’étend, récidive fréquemment ou dégage une odeur inhabituelle. Une douleur importante, de la fièvre, un écoulement purulent, des croûtes jaunâtres ou une rougeur qui progresse rapidement nécessitent également un avis médical.
Une boule profonde, un abcès récurrent, des cicatrices ou des écoulements sous l’aisselle doivent faire rechercher une hidradénite suppurée [7].
Conseil de l'expert
Devant une plaque sous l’aisselle, le premier réflexe consiste à réduire le nombre de produits plutôt qu’à en ajouter. Suspendre temporairement le déodorant, le rasage et les soins parfumés aide à repérer une irritation de contact.
Observez ensuite l’aspect de la zone. Une plaque sèche après l’utilisation d’un nouveau produit n’oriente pas vers la même cause qu’un pli humide, fissuré et malodorant, ou qu’une boule profonde et douloureuse.
Si les signes ne diminuent pas rapidement après la simplification des soins, le diagnostic doit être vérifié avant d’essayer d’autres soins. Eczéma, mycose, psoriasis des plis et hidradénite nécessitent des prises en charge différentes.
En savoir plus

Le stress peut-il provoquer cet eczéma ?

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Le stress peut-il provoquer cet eczéma ?

Une plaque sèche sous l'aisselle est-elle toujours un eczéma ?

Une plaque sèche sous l'aisselle est-elle toujours un eczéma ?
Une plaque sèche sous l'aisselle est-elle toujours un eczéma ?
Non. Une plaque sèche sous l’aisselle peut correspondre à un eczéma, mais aussi à une dermatite irritative, un psoriasis des plis, une mycose ou une autre dermatose. L’aspect, la durée, la présence de démangeaisons, les produits utilisés et les autres zones touchées orientent le diagnostic. Une plaque persistante ou récidivante doit être examinée par un professionnel de santé.

Comment distinguer l'eczéma aux aisselles d'une mycose ?

Comment distinguer l'eczéma aux aisselles d'une mycose ?
Comment distinguer l'eczéma aux aisselles d'une mycose ?
L’eczéma donne souvent une peau sèche, rugueuse ou desquamante, parfois après l’utilisation d’un déodorant ou le rasage. Une mycose touche plutôt un pli humide et macéré, avec parfois des fissures, une odeur inhabituelle ou de petites lésions en périphérie. Ces signes peuvent toutefois se chevaucher. En cas de doute, un examen médical, voire un prélèvement, permet de confirmer le diagnostic.

Comment soulager cet eczéma ?

Comment soulager cet eczéma ?
Comment soulager cet eczéma ?
La première étape consiste à suspendre les produits susceptibles d’entretenir l’irritation, comme le déodorant, les soins parfumés ou le rasage. Si l’eczéma est confirmé, le médecin peut prescrire un traitement local adapté à cette zone de plis, souvent pour une durée limitée. Des soins cosmétiques doux peuvent accompagner le confort sur une peau saine et non suintante. Une consultation est nécessaire si les lésions persistent, s’étendent ou deviennent douloureuses.
Zoom sur notre rédactrice : Lauréna Valette

Lauréna est journaliste-rédactrice dans les thématiques lifestyle, bien-être et psycho. Entre deux articles, elle voyage pour découvrir le monde et ce qu'il a à nous apprendre.
Bibliographie
1
Assurance Maladie, Eczéma ou dermatite atopique : causes, symptômes et évolution, 2026, Ameli.fr
https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/eczema-dermatite-atopique/reconnaitre-eczema-atopique
2
Assurance Maladie, Consultation et traitement en cas d’eczéma ou dermatite atopique, 2026, Ameli.fr
https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/eczema-dermatite-atopique/consultation-traitement
3
Assurance Maladie, Eczéma de contact : causes, symptômes et évolution, 2026, Ameli.fr
https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/eczema-contact/reconnaitre-eczema-contact
4
Assurance Maladie, Consultation et traitement en cas d’eczéma de contact, 2026, Ameli.fr
https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/eczema-contact/consultation-traitement
5
Assurance Maladie, Reconnaître une mycose de la peau, 2026, Ameli.fr
https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/mycose-cutanee-peau/reconnaitre-mycose-cutanee
6
Assurance Maladie, Consultation et traitement en cas de mycose cutanée, 2026, Ameli.fr
https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/mycose-cutanee-peau/consultation-traitement
7
Centre de preuves en dermatologie, Diagnostic de l’hidradénite suppurée, 2026, Société française de dermatologie
https://reco.sfdermato.org/fr/recommandations-hidrad%C3%A9nite-suppur%C3%A9e/diagnostic















