Comment savoir si on a une chlamydia ?

Des démangeaisons inhabituelles, une gêne en urinant, ou simplement l'envie de faire le point après un rapport non protégé : ces situations peuvent concerner de nombreuses femmes et de nombreux hommes. Parmi les infections sexuellement transmissibles (IST), la chlamydia est l'une des plus fréquentes (7) et bien qu'elle ne provoque dans la majorité des cas aucun symptôme visible, elle peut créer des infections génitales et impacter une grossesse. Se faire dépister est donc particulièrement utile pour limiter la transmission de la maladie et la survenue de complications.

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En bref : 

  • La chlamydia est une IST fréquente, souvent silencieuse puisque près de la moitié des personnes infectées n’ont aucun symptôme. Lorsqu’ils apparaissent, entre une et trois semaines après l’exposition, brûlures urinaires, écoulements, douleurs pelviennes ou testiculaires et saignements peuvent alerter. Un dépistage précoce limite la transmission et les complications, notamment l’infertilité ou les risques pendant la grossesse.

  • Le diagnostic repose sur une PCR, ou test d’amplification des acides nucléiques, réalisée selon les pratiques sexuelles à partir d’un écouvillon vaginal, du premier jet d’urine du matin, ou de prélèvements génitaux, rectaux, pharyngés ou conjonctivaux. Le dépistage est recommandé chaque année chez les femmes sexuellement actives de 15 à 25 ans en cas de nouveau partenaire, avec des modalités détaillées dans l’article.

  • L’infection se traite par antibiotiques, mais une absence de prise en charge peut provoquer une salpingite, une épididymite ou des complications néonatales. Le préservatif et l’information du partenaire sont essentiels, tandis que les solutions naturelles peuvent soutenir le confort intime sans traiter la bactérie. L’article détaille les situations nécessitant un dépistage, les prélèvements adaptés et les précautions à respecter.

Qu'est-ce que la chlamydia ?

Une infection sexuellement transmissible fréquente

La chlamydia est une infection sexuellement transmissible (IST) provoquée par la bactérie Chlamydia trachomatis.

En France, cette infection touche majoritairement les jeunes de 15 à 25 ans mais aussi les plus de 50 ans.

D'après les estimations, près d'une femme sur 100 et 1 homme sur 200 seraient atteints par la Chlamydia.(1)

Comment se transmet la chlamydia ?

La transmission se fait principalement lors de rapports sexuels non protégés, qu'ils soient vaginaux, anaux ou oraux. La bactérie peut également se transmettre d'une mère à son enfant au moment de l'accouchement. En revanche, elle ne se transmet pas par un baiser, le partage de couverts ou de verres, l'utilisation de toilettes communes, ou un simple contact cutané non sexuel.

Comment savoir si on a une chlamydia ?

Il est difficile de savoir si on a attrapé une Chlamydia, 2car près de la moitié des personnes infectées par la bactérie Chlamydia n’ont pas de symptômes (2). On parle alors d’« infection silencieuse » ou asymptomatique.

Pour ceux qui déclarent des symptômes, ils peuvent survenir d'une à trois semaines après un rapport sexuel.

Chez la femme, les symptômes sont discrets et s'inscrivent dans la durée, ils témoignent notamment d'une inflammation du col de l'utérus dont voici les signes :

  • des pertes vaginales blanchâtres 

  • des douleurs et brûlures en urinant

  • des douleurs lors des rapports sexuels

  • l’apparition de spotting, petits saignements inexpliqués entre les règles après les rapports sexuels

  • des douleurs dans le bas du ventre et/ou des douleurs rectales et des écoulements par l’anus.

Chez l'homme, les signes sont aussi peu spécifiques et peuvent ressembler à ceux d'autres IST :

  • une rougeur à l'extrémité du pénis 

  • des brûlures en urinant

  • des douleurs au niveau des testicules ou des douleurs rectales

  • des écoulements par le pénis ou le rectum

D'autres symptômes, touchant indifféremment les hommes et les femmes, peuvent évoquer une Chlamydia

  • Irritation ou mal de gorge (souvent discrets)

  • Conjonctivite avec un œil rouge et des écoulements

Ainsi le meilleur moyen de savoir si on a une chlamydia reste donc le dépistage. Si vous ou votre partenaire présentez des symptômes, si vous avez eu un rapport sexuel non protégé ou si vous voulez simplement en avoir le cœur net, il est utile de se faire dépister.

Comment se déroule le dépistage de la Chlamydia ?

Se faire dépister est un geste de santé sexuelle courant, au même titre qu'un bilan de santé classique. Il n'y a aucune honte à se faire dépister et cela ne témoigne pas non plus d'un comportement sexuel à risque. Vous pouvez consulter votre médecin si vous souhaitez faire un dépistage ou vous rendre directement dans un centre de dépistage pour bénéficier d'un test gratuit et accessible sans ordonnance à tout âge.

Quels examens permettent de confirmer l'infection ?

Le test de diagnostic de référence de la chlamydia repose sur une analyse de prélèvements par PCR(ou TAAN, test d'amplification des acides nucléiques). Elle détecte l'ADN de la bactérie avec une grande fiabilité, y compris en l'absence de symptôme.

Cette PCR se réalise à partir d'un ou plusieurs prélèvements qui peuvent être de plusieurs types :  

  • un écouvillon vaginal (kit d'auto-prélèvement) chez la femme

  • un test urinaire sur le premier jet d'urine du matin chez l'homme

  • un prélèvement en laboratoire, avec un instrument qui ressemble à un coton-tige à l’entrée du vagin, au niveau de l’anus, du rectum, du pénis 3

  • un prélèvement conjonctival est nécessaire en cas de conjonctivite

  • un écouvillon au niveau de la gorge ou de l'anus en complément selon les pratiques sexuelles

Les autorités sanitaires recommandent un dépistage systématique chez les femmes sexuellement actives de 15 à 25 ans, y compris pendant la grossesse, à renouveler chaque année en cas de nouveau partenaire.

A savoir : La prise de sang n'est donc pas utilisée pour diagnostiquer la chlamydia elle-même. Elle est en revanche proposée en complément dans le cadre d'un bilan plus large, pour dépister d'autres infections sexuellement transmissibles comme le VIH ou la syphilis qui se détectent, elles, par une analyse sanguine.

Quels sont les risques en l'absence d'une prise en charge ?

Une infection à chlamydia se traite par une prescription d'antibiotique. En cas de diagnostic, un médecin pourra vous proposer un traitement.

Une infection à chlamydia, non diagnostiquée et non traitée peut, dans certains cas, entraîner des complications plus sérieuses.

Chez la femme, la bactérie peut remonter vers les trompes de Fallope et provoquer, une infection des trompes utérines (salpingite), une maladie inflammatoire pelvienne qui peut conduire à l'infertilité ou d'augmenter le risque de grossesse extra-utérine.

Au cours de la grossesse, l'infection à chlamydia peut être responsable d'un accouchement prématuré, d'un poids de naissance insuffisant, et peut être transmise à la naissance au nouveau-né, provoquant des infections oculaires ou pulmonaires.

Chez l'homme, une complication possible est l'épididymite, une inflammation douloureuse du canal reliant le testicule aux voies génitales, une inflammation de la prostate ou le syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter qui associe inflammation de l’urètre, conjonctivite, rhumatisme et des lésions de la peau et des muqueuses.

Ces complications sont tout à fait évitables : c'est tout l'intérêt d'un dépistage précoce et d'un traitement.

Comment limiter le risque de transmission ?

Le préservatif, masculin ou féminin, reste le moyen de prévention le plus efficace contre la Chlamydia, et d'autres IST et ce quel que soit le type de rapport. 

Toutefois, sa protection n'est pas totale contre l'herpès génital pour la femme comme pour l'homme

D'autres infections, elles peuvent se développer indépendamment d'une transmission sexuelle, et peuvent aussi avoir une origine fongique, irritative ou hormonale, comme la vaginite.

En cas de doute sur une possible infection à Chlamydia, éviter les rapports sexuels non protégés le temps d'obtenir un résultat de dépistage.

En cas de résultat positif, informer son partenaire est indispensable, même si l'idée peut sembler difficile de prime abord. Cela fait partie intégrante de la prise en charge, pour éviter qu'il ne développe aussi des symptômes et en évitant une propagation de l'infection.

Quelles solutions naturelles peuvent accompagner le confort intime ?

Le traitement antibiotique cible la bactérie responsable de l'infection, mais il peut aussi agir sur les bonnes bactéries qui composent naturellement la flore intime. Ce déséquilibre passager peut fragiliser temporairement les muqueuses et favoriser l'apparition d'une mycose sans aucun lien avec la chlamydia elle-même.

Quelques gestes simples et des solutions naturelles ciblées peuvent accompagner ce retour au confort intime, mais ne traitent pas directement la Chlamydia et ne se substituent en aucun cas à un traitement médical.

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Précautions d'usage

Face aux IST, un dépistage complet reste le réflexe à adopter après toute conduite à risque (rapport non protégé, préservatif rompu, changement de partenaire), même en l'absence de symptôme. Un rapport non ou mal protégé expose aussi à d'autres IST dont le VIH et à un risque de grossesse non désirée. Consultez un praticien de santé : médecin, pharmacien, planning familial ou centre de dépistage pour être orienté au mieux.

Conseil de l'expert

Le dépistage de la chlamydia est un geste rapide, indolore et anonyme si besoin, à intégrer simplement dans son suivi de santé sexuelle, avec ou sans symptôme. En cas de résultat positif, informer un ou une partenaire récent n'a rien d'un aveu : une phrase simple comme « je viens de recevoir un résultat positif à un dépistage, on devrait tous les deux se faire tester » suffit généralement à ouvrir la discussion sans dramatiser. Se faire dépister régulièrement reste le meilleur réflexe pour prendre soin de soi comme des autres.

En savoir plus

Comment attrape-t-on la chlamydia ?

La chlamydia s'attrape lors d'un rapport sexuel non protégé, vaginal, anal ou oral, avec une personne porteuse de la bactérie, même en l'absence de symptôme chez elle. Elle peut aussi se transmettre d'une mère à son enfant lors de l'accouchement. Aucune faute ni aucun comportement particulier n'est en cause : toute personne sexuellement active peut être concernée.

La chlamydia est-elle une IST ?

La chlamydia fait bien partie des infections sexuellement transmissibles (IST), au même titre que l'herpès génital, la gonorrhée ou la syphilis. Elle se transmet exclusivement par contact sexuel ou lors de l'accouchement, jamais par un contact du quotidien.

Est-ce que la Chlamydia est grave ?

Diagnostiquée et prise en charge à temps, la chlamydia peut se soigner à l'aide d'un traitement antibiotique sur prescription médicale. La durée dépend du traitement et de la localisation. Ce sont surtout les infections non dépistées, qui évoluent silencieusement pendant des mois, qui peuvent entraîner des complications plus sérieuses. D'où l'intérêt d'un dépistage régulier plutôt que d'attendre l'apparition de symptômes.

Bibliographie

1

Santé publique France. (2025). Chlamydiae.

2

Santé publique France. (2025). La maladie - Chlamydiae.

3

Ameli.fr. (2025). Infections à Chlamydia : symptômes, diagnostic et évolution.

4

Ameli.fr. (2025). Traitement des infections à Chlamydia.

5

Ameli.fr. (2026). Prévenir les infections à Chlamydia : dépistage et usage du préservatif.

6

Haute Autorité de Santé. (2018). IST : la HAS recommande un dépistage systématique de l'infection à Chlamydia trachomatis chez les jeunes femmes.

7

Ameli.fr. (2025). Comprendre les infections à Chlamydia.