Comment et pourquoi utiliser les feuilles de chêne ?

Riches en tanins, flavonoïdes et polyphénols, les feuilles de chêne sont utilisées depuis des siècles à travers le monde. Découvrez leur composition, leurs usages traditionnels, leurs propriétés ainsi que les différentes façons de les utiliser au quotidien.

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Tour d'horizon : Quercus et feuilles de chêne

Les feuilles de chêne proviennent des arbres de différentes espèces du genre Quercus, qui regroupe près de 600 espèces. Ce groupe fait partie de la famille des Fagacées (Fagaceae). Les Quercus sont présents principalement dans l'hémisphère nord : bassin méditerranéen, Europe, Asie et Amérique du Nord.

Certaines régions du monde présentent une diversité particulièrement importante de chênes. C'est notamment le cas du Mexique, qui compte environ 170 espèces réparties entre les chênes blancs (section Quercus), les chênes rouges (section Lobatae) et les chênes intermédiaires (section Protobalanus). En Europe, la diversité est plus limitée, avec une trentaine d'espèces, mais le chêne reste l'un des arbres les plus emblématiques des paysages forestiers européens.

Parmi les espèces les plus connues : le chêne pédonculé (Quercus robur), le chêne sessile (Quercus petraea), le chêne vert (Quercus ilex) et le chêne-liège (Quercus suber). 

Les feuilles sont riches en nombreuses substances produites par les plantes pour se protéger des agressions extérieures :

Dans la plante, ces composés jouent un rôle important dans les mécanismes de défense contre les herbivores et les stress environnementaux. Ils font également l'objet de recherches en raison de leurs propriétés biologiques, et notamment antioxydantes.

Parmi les nombreuses molécules identifiées dans les feuilles de chêne : l'acide gallique, l'acide ellagique, l'acide chlorogénique, l'acide caféique, la quercétine, la rutine, l'épicatéchine, le kaempférol, etc.

Découvrez les différentes variétés de Quercus, ainsi que les bienfaits de l’écorce et des feuilles.

Pourquoi utiliser les feuilles de chêne ?

Les feuilles de chêne sont utilisées depuis longtemps dans différentes traditions populaires à travers le monde. 

Une source d’antioxydants

Les feuilles de chêne renferment de nombreux composés antioxydants, parmi lesquels des tanins, des flavonoïdes et différents acides phénoliques. Parmi les molécules identifiées : l'acide gallique, l'acide ellagique, l'acide chlorogénique, la quercétine, la rutine, l'épicatéchine et le kaempférol.

Une action astringente

L’écorce de chêne est particulièrement employée pour ses propriétés astringentes dues à sa teneur en tannins. Cette caractéristique signifie qu’elle provoque une légère contraction des tissus, ce qui explique le soutien contre les inflammations et les problèmes cutanés comme les engelures. Les feuilles sont également riches en tanins.

Des propriétés digestives

Les feuilles de chêne sont traditionnellement utilisées pour divers troubles du tractus gastro-intestinal, comme la diarrhée, les gastrites, les ulcères gastriques et les hémorroïdes.

Un intérêt pour la peau

Les feuilles de chêne renferment plusieurs polyphénols, notamment l’acide ellagique, la rutine et l’hypéroside. Ces composés sont particulièrement étudiés pour leurs propriétés antioxydantes, qui pourraient contribuer à protéger la peau des agressions environnementales et du stress oxydatif. Une étude réalisée sur un extrait de feuilles de Quercus robur a notamment mis en évidence une activité antioxydante intéressante ainsi qu’une bonne tolérance cutanée lors d’une application locale (3). 

Autres usages

Les feuilles de chêne sont aussi réputées contribuer à soulager angines, gerçures, aphtes, eczéma localisé, infections urinaires et pertes blanches (1).

Comment utiliser les feuilles de chêne au quotidien ?

Emploi en tisane

Pour son goût végétal, légèrement boisé et tannique, l'infusion fait partie des usages les plus simples et les plus courants des feuilles de chêne. Elle peut être appréciée seule ou associée à d'autres plantes aromatiques. 

Étape 1

Faites chauffer de l’eau jusqu’à frémissement.

Étape 2

Ajoutez une petite quantité de feuilles de chêne séchées dans une tasse ou une théière. 

Étape 3

Laissez infuser environ 5 à 10 minutes avant de filtrer puis dégustez.


Utilisation broyée (poudre)

Les feuilles de chêne séchées sont aussi réduites en poudre pour être facilement incorporées dans des préparations maison.

Étape 1

Broyez finement les feuilles séchées à l’aide d’un mortier ou d’un mixeur.

Étape 2

Incorporez la poudre obtenue dans une préparation bien-être : bain végétal, mélange avec une argile, toute préparation pour soins traditionnels maison.

Étape 3

Utilisez la préparation après l’avoir appliqué préalablement sur une petite zone au préalable pour vérifier la tolérance au niveau de la peau.


Usage en décoction

Les feuilles sont aussi souvent prises en décoction.

  • Mettez une poignée de feuilles dans un litre d’eau

  • Faites bouillir pendant dix minutes

  • Buvez-en trois tasses par jour.

La recette d’une préparation traditionnelle est mentionnée pour un usage contre la toux et les convulsions ou spasmes, dans une publication iranienne (8) : décoction de 28 g de feuilles de chêne dans 0,5 litre d'eau.

Quels sont les bons gestes à adopter ?

Pour profiter pleinement des feuilles de chêne dans vos préparations maison, voici quelques gestes simples à mettre en place et recommandations à appliquer :

  1. Utiliser des feuilles correctement séchées et conservées à l’abri de l’humidité 

  2. Respecter les quantités recommandées 

  3. Bien filtrer les infusions 

  4. Effectuer un test cutané avant une application sur la peau 

  5. Conserver les feuilles dans un contenant hermétique, à l’abri de la lumière et de la chaleur

  6. Opter pour une utilisation ponctuelle et raisonnée.

Quels produits ou associations privilégier ?

Les feuilles de chêne peuvent être associées à différentes plantes ou ingrédients naturels. En effet, leur goût végétal et légèrement tannique se marie facilement avec les végétaux aromatiques.

En infusion

Pour une tisane plus douce ou aromatique, elles peuvent être combinées avec différentes plantes telles que la mélisse, la menthe poivrée, le thym, la camomille, etc.

Dans des préparations maison

Les feuilles de chêne broyées peuvent être associées à :

  • L’argile blanche

  • L’avoine colloïdale

  • Certains hydrolats apaisants comme la camomille.

Ces associations permettent de créer des préparations naturelles simples inspirées des usages traditionnels des plantes.

Usages traditionnels des feuilles de chêne à travers le monde, recensés dans la littérature scientifique

Les usages rapportés varient selon les régions et les espèces concernées. La plupart concernent des préparations destinées au bien-être général, au confort digestif ou à des applications externes traditionnelles. Voici quelques exemples de Quercus cités dans des travaux ethnobotaniques documentant ces utilisations populaires.

  • Quercus robur L. : Des notes ethnopharmacologiques sur les usages anciens des plantes médicinales dans la région de Trás-os-Montes au nord du Portugal indiquent que des décoctions préparées à partir des feuilles ou de l'écorce de chêne étaient utilisées pour au confort digestif (4)

  • Quercus leucotrichophora A. Camus : Dans certaines régions de l'Inde, les feuilles sont traditionnellement utilisées pour leurs propriétés astringentes et dans des préparations destinées au bien-être intestinal (5)

  • Quercus incana Roxb. : Cette espèce est mentionnée dans plusieurs usages traditionnels pour son caractère astringent et son emploi dans des préparations liées au confort digestif. Des études ont été menées sur des extraits de Quercus incana (issus des feuilles, de l'écorce, du bois et des galles. Elles ont mis en évidence in vitro une activité antioxydante, des activités antibactériennes, antifongiques et anti-inflammatoires (6)

  • Quercus brantii Lindl : En Iran, les feuilles étaient parfois associées à la mélisse (Melissa officinalis), au lamier blanc (Lamium album) et à l'eucalyptus dans certaines préparations traditionnelles destinées au bien-être digestif et au confort du quotidien (7).

Précautions

Comme pour de nombreuses plantes, les feuilles de chêne doivent être employées avec précaution. Elles ne doivent pas être utilisées pour les enfants et les adolescents, ni chez les femmes enceintes. Elles sont à éviter en cas de sensibilité digestive, en raison de leur teneur élevée en tanins. Elles sont également déconseillées pour les personnes souffrant de constipation.

Conseil de l’expert

Les feuilles de chêne sont naturellement riches en tanins, des composés qui peuvent être moins bien tolérés par certaines personnes sensibles sur le plan digestif. Il est donc préférable de commencer par de petites quantités et d'augmenter progressivement l'utilisation si la tolérance est bonne.

En savoir plus

Quelle est la différence entre feuilles de chêne et salade feuille de chêne ?

La « Feuille de chêne » désigne aussi des variétés de laitues, comme la feuille de chêne verte ou la feuille de chêne rouge. On retrouve également pour ces salades, des appellations comme « feuille chêne rouge salade », « feuille de chêne blonde » ou encore « feuille de chêne à couper ». Elles appartiennent à l’espèce Lactuca sativa. Leur nom vient de la forme de leurs feuilles qui rappelle celle des feuilles du chêne Quercus.

Quels composés trouve-t-on dans les feuilles de chêne ?

Les feuilles de chêne contiennent naturellement des tanins, des flavonoïdes et différents polyphénols. 

Comment conserver les feuilles de chêne ?

Afin de préserver leurs qualités, les feuilles de chêne séchées doivent être conservées dans un contenant hermétique, à l'abri de la lumière, de la chaleur et de l'humidité.

Zoom sur notre rédactrice, experte en nutrition, Lila Bouber

Ingénieure Agronome spécialisée en Nutrition et Docteure en Sciences alimentaires, Lila est journaliste et rédactrice scientifique. Elle collabore avec des magazines professionnels B2B, et des entreprises innovantes en santé et bien-être. Passionnée par la transmission du savoir, elle s’attache à rendre les informations scientifiques complexes accessibles à tous. Convaincue du rôle essentiel des micronutriments, des plantes et du microbiote, elle explore les liens entre science et nature pour mieux comprendre les bases de notre équilibre.

Bibliographie

1

Taib M, Rezzak Y, Bouyazza L, Lyoussi B. Medicinal Uses, Phytochemistry, and Pharmacological Activities of Quercus Species. Evid Based Complement Alternat Med. 2020 Jul 31;2020:1920683.

doi: 10.1155/2020/1920683.

2

Coyotl-Martinez E, Hernández-Rivera JA, Parra-Suarez JLA, Reyes-Carmona SR, Carrasco-Carballo A. Phytochemical profile, antioxidant and antimicrobial activity of two species of oak: Quercus sartorii and Quercus rysophylla. Applied Biosciences. 2025;4(1):13.

doi:10.3390/applbiosci4010013

3

Almeida IF, Valentão P, Andrade PB, Seabra RM, Pereira TM, Amaral MH, Costa PC, Bahia MF. Oak leaf extract as topical antioxidant: free radical scavenging and iron chelating activities and in vivo skin irritation potential. Biofactors. 2008;33(4):267-79.

doi: 10.1002/biof.5520330403.

4

J. M. Neves, C. Matos, C. Moutinho, G. Queiroz, and L. R. Gomes, “Ethnopharmacological notes about ancient uses of medicinal plants in Trás-os-Montes (northern of Portugal),” Journal of Ethnopharmacology,

vol. 124, no. 2, pp. 270–283, 2009.

5

A. K. Joshi and D. Juyal, “Traditional and ethnobotanical uses of Quercus leucotrichophora a. Camus (Quercus oblongata D. Don) in Kumaun and Garhwal regions of Uttarakhand, India: a review,” International Journal of Herbal Medicine,

vol. 5, pp. 06–08, 2017.

6

R. Sarwar, U. Farooq, A. Khan, S. Naz, S. Khan et al., “Evaluation of antioxidant, free radical scavenging, and antimicrobial activity of Quercus incana Roxb,” Frontiers in Pharmacology,

vol. 6, p. 277, 2015.

7

Miraldi E, Ferri S, Mostaghimi V. Botanical drugs and preparations in the traditional medicine of West Azerbaijan (Iran). J Ethnopharmacol. 2001;75(2-3):77-87.

doi:10.1016/S0378-8741(00)00381-0.

8

Bahmani M., Forouzan S., Fazeli-Moghadam E., Rafieian-Kopaei M., Adineh A., Saberianpour S. (2015). Oak (Quercus branti): An overview. Journal of Chemical and Pharmaceutical Research, 7(1), 634–639.