Tout d'abord, un petit rappel sur ce qu'est la rosacée. C'est une maladie de peau chronique qui touche principalement les petits vaisseaux sanguins du visage. Cette pathologie affecte principalement la zone T (front, nez), ainsi que les joues et le menton.
Cette pathologie cutanée se manifeste principalement par :
Des rougeurs occasionnelles ou persistantes
De la couperose, une dilatation permanente des petits vaisseaux sanguins de l'épiderme, les rendant visibles à l'œil nu
Des lésions inflammatoires, papules et pustules dans les formes avancées, pouvant évoluer vers des lésions hypertrophiques du nez appelées rhinophyma
Dans des cas plus rares (environ 30 %), la rosacée peut également impacter les yeux.
Il faut savoir que c'est une pathologie bénigne, mais associée à un fort impact psychologique en raison de la visibilité des lésions au niveau du visage. Cette pathologie évolue par poussées, alternant entre phases inflammatoires et éruptives. Avec l'âge, cette alternance tend à s'estomper, rendant l'évolution plus prévisible pour les personnes atteintes. Seul un rhinophyma installé n'est pas réversible.
Mais alors, quel lien entre rosacée et intestin ? De plus en plus d'études mettent en lumière une connexion entre le microbiote intestinal et l'influence directe de l'état de la peau. Cette connexion de l'axe intestin-peau met en lumière les déséquilibres que peuvent favoriser une inflammation systémique et ses manifestations cutanées. Les études montrent que les personnes souffrant de rosacée présentent souvent des troubles digestifs associés comme le SIBO (surpopulation bactérienne au niveau de l'intestin grêle) ou alors une perméabilité intestinale accrue.
Ces troubles digestifs ne sont pas anodins. Le SIBO, par exemple, entraîne une fermentation excessive dans l'intestin grêle, produisant des toxines qui peuvent circuler dans l'organisme via la circulation sanguine. Ces substances inflammatoires atteignent ensuite la peau et peuvent déclencher les mécanismes de la rosacée.
La perméabilité intestinale accrue, quant à elle, permet le passage d'éléments normalement filtrés par la barrière intestinale. Fragments alimentaires non digérés, bactéries et toxines traversent cette barrière affaiblie, créant une réaction inflammatoire systémique à laquelle l'organisme tente de faire face. Il est maintenant évident que votre intestin et votre peau communiquent en permanence par ce qui est nommé l'axe intestin-peau.
Cette communication bidirectionnelle explique également pourquoi les émotions fortes peuvent déclencher simultanément des troubles digestifs et des poussées de rosacée. Le stress libère des hormones comme le cortisol qui perturbent à la fois la digestion et la microcirculation cutanée, créant un cercle vicieux inflammatoire difficile à briser sans une approche globale.














