La communauté scientifique s'accorde à ce jour pour estimer que les changements dans le microbiome, le métabolome microbien (c’est-à-dire l'ensemble des petites molécules appelées métabolites) et leur interaction avec le système immunitaire, endocrinien et nerveux sont corrélés à un large éventail de désordres. Agir sur le microbiome pourrait donc favoriser la santé et le bien-être.
Parce que l'hygiène de vie a un impact sur sa composition
Comme pour le microbiote, la composition du microbiome est propre à chaque individu. La colonisation du microbiome a lieu dans les premières années de vie. Puis, il varie en fonction de l'âge (notamment lors de la puberté), des facteurs environnementaux, de la prise de médicaments, du maquillage, des soins et produits d'hygiène. Il est, par exemple, sensible aux changements de régime alimentaire, il peut être temporairement altéré par un nettoyage décapant sur la peau, etc.
Le mode de vie aurait par conséquent une forte influence sur la composition du microbiome, car il influe sur l’expression des gènes microbiens, en modulant la réponse immunitaire cutanée, la production de lipides, l’hydratation de la peau, la résistance aux agents pathogènes et au stress oxydatif, ainsi que la régénération cellulaire.
L'exercice physique agirait positivement sur la composition du microbiome en réduisant les inflammations et le vieillissement cutané, en augmentant la diversité microbienne et en optimisant la production de métabolites régulateurs de l’expression génétique de la peau.
Une alimentation saine permettrait d'augmenter la présence des bonnes bactéries stimulant la production de lipides et de peptides antimicrobiens, de réduire le stress oxydatif et de calmer les inflammations.
Un sommeil de qualité aurait un impact sur l’expression des gènes liés à l’hydratation et à la réparation cutanée.
D'autre part, une trop forte exposition aux UV et à la pollution réduirait la production de métabolites protecteurs et favoriserait la prolifération de bactéries pathogènes en cause dans le stress oxydatif et le vieillissement cutané.
Enfin, l'utilisation de cosmétiques agressifs et antibactériens modulerait l’expression des gènes impliqués dans la barrière cutanée.
Parce qu'une dysbiose cutanée peut créer des problèmes de peau
Maintenir une symbiose, c'est-à-dire un équilibre entre la peau et le microbiote cutané - ce qui a pour conséquence directe de modifier le microbiome - permet de prévenir les inflammations, les infections, les allergies et les réponses auto-immunes. Une dysbiose, soit une perturbation du microbiome cutané, peut à l'inverse être responsable de manifestations, comme l'acné, l'eczéma, le psoriasis et autres infections. Elle engendre également un déséquilibre du film hydrolipidique pouvant rendre la peau sèche ou atopique. Juste après l'intestin, le microbiome cutané présente la plus grande diversité de micro-organismes ; faire en sorte de maintenant cette grande diversité a également une raison d'être, celle de limiter les allergies et les inflammations de la peau.