L’hyperpigmentation post-inflammatoire, ou HPI, correspond à une coloration plus foncée qui apparaît sur une zone précédemment touchée par une inflammation ou une lésion. Elle se présente généralement sous la forme d’une macule ou d’une plaque de couleur brune, brun foncé ou parfois gris bleuté, dont la forme rappelle celle du bouton, de l’irritation ou de la blessure initiale. Cette modification de couleur est plane : elle ne constitue pas une cicatrice en relief ou en creux. Une fois l’inflammation résolue, la tache elle-même ne provoque habituellement ni douleur ni démangeaisons. Elle peut cependant coexister avec un trouble cutané encore actif, tel que l’acné ou de l’eczéma (1).
D’où vient la pigmentation de la peau ?
La couleur de la peau dépend principalement de la mélanine, un ensemble de pigments fabriqués par les mélanocytes, des cellules situées dans la couche basale de l’épiderme. Ces pigments sont produits dans de petits organites appelés mélanosomes, puis transférés aux kératinocytes environnants.
Deux formes principales de mélanine participent à la pigmentation :
L’eumélanine : de couleur brune à noire, elle absorbe une partie des rayons ultraviolets et possède un pouvoir photoprotecteur plus important
La phéomélanine : de couleur jaune à rouge, elle absorbe moins efficacement les rayons UV.
La teinte cutanée ne dépend pas seulement du nombre de mélanocytes, relativement comparable d’une peau à l’autre. Elle varie surtout selon leur activité, la proportion de chaque type de mélanine ainsi que la taille, la répartition et la dégradation des mélanosomes. La vascularisation, l’épaisseur de la peau et certains pigments comme le carotène influencent également son apparence.
La tyrosinase est l’une des enzymes essentielles à la synthèse de la mélanine. Plusieurs actifs cosmétiques destinés aux taches pigmentaires agissent sur cette enzyme ou sur le transfert de la mélanine vers les cellules de l’épiderme.
Comment se forme l’hyperpigmentation post-inflammatoire ?
Lors d’une inflammation, la peau libère différents médiateurs, notamment des cytokines, des prostaglandines et des espèces réactives de l’oxygène. Ces signaux peuvent stimuler l’activité des mélanocytes et entraîner une production ou une distribution excessive de mélanine (1).
La profondeur du pigment influence alors la couleur et la persistance de la marque :
L’hyperpigmentation épidermique : la mélanine reste principalement dans l’épiderme et forme une tache beige, brune ou brun foncé, qui tend à s’atténuer plus facilement
L’hyperpigmentation dermique : une inflammation plus profonde peut altérer les cellules de la couche basale et la jonction dermo-épidermique. La mélanine gagne alors le derme, où elle est captée par des macrophages ; la marque prend une teinte grisâtre ou bleu-gris et tend à persister plus longtemps.
Les deux formes peuvent être présentes simultanément sur une même zone.
Comment la reconnaître ?
L’hyperpigmentation post-inflammatoire apparaît sur la zone précédemment enflammée ou lésée. Une teinte brune ou grisâtre évoque davantage une hyperpigmentation, tandis qu’une marque rouge, rose ou violacée peut correspondre à un érythème post-inflammatoire lié aux petits vaisseaux sanguins. Cette distinction n’est cependant pas toujours évidente, notamment sur les peaux foncées, et les deux phénomènes peuvent coexister.
Une coloration sans cause identifiable, qui évolue rapidement, saigne, démange ou change d’aspect doit être examinée par un professionnel de santé. Toutes les taches foncées ne correspondent pas à une hyperpigmentation post-inflammatoire : un lentigo, un mélasma, certaines mycoses ou d’autres troubles cutanés peuvent présenter un aspect proche.


















