La Fumeterre officinale, Fumaria officinalis de son nom latin, est une petite plante herbacée annuelle appartenant à la famille des Papavéracées (ou Fumariacées selon les classifications). Son nom latin est tiré de fumus, la fumée et terra, la terre, à cause de son odeur et de sa propriété à irriter les yeux comme le fait la fumée. Officinalis signifie officine, pharmacie. La Fumeterre est une plante de 10 à 30 cm qui se présente souvent couchée. Sa tige principale, fragile et basse, est ramifiée de tiges anguleuses et grêles. Ses feuilles alternes, tripennatiséquées à segments plats, sont de couleur gris-vert. La floraison a lieu de mai à octobre. Les fleurs apparaissent en inflorescence de 10 à 20 fleurs; elles sont tubulaires, rose pâle à purpurine et tachées de pourpre au sommet. La Fumeterre officinale est la seule Papaveraceae à ne pas présenter de latex à la cassure, contrairement au Coquelicot par exemple. Elle est très commune dans les régions tempérées de l'hémisphère nord d'Europe et d'Asie et se rencontre fréquemment dans les champs, les jardins et les lieux incultes. Elle pousse sur tous les types de sol et aussi bien dans les plaines qu'en altitude. La Fumeterre officinale est une plante rudérale, c'est-à-dire qu'elle colonise les milieux perturbés par l'activité humaine. Elle est donc un modèle d'étude intéressant pour comprendre les mécanismes d'adaptation des plantes aux milieux perturbés. Sa capacité à coloniser rapidement les sols pauvres et sa résistance aux stress environnementaux en font une espèce pionnière, jouant un rôle important dans la dynamique des écosystèmes. La récolte des sommités fleuries de la Fumeterre se fait généralement en juin, lorsque la plante est en pleine végétation. C'est à ce stade de son développement que la plante concentre le maximum de principes actifs, notamment les alcaloïdes, comme la fumarine, responsables de ses propriétés médicinales.

Fumeterre (Fumaria officinalis) : définition, propriétés et bienfaits
Publié le: mercredi 29 janvier 2025, Mis à jour le: mardi 15 septembre 2026
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Vous avez peut-être déjà croisé la Fumeterre officinale sans la reconnaître. Cette petite plante discrète qui pousse un peu partout est connue depuis l'Antiquité pour ses vertus médicinales, notamment pour soulager le foie et le système digestif. Nous vous invitons à découvrir plus amplement cette espèce aux jolies fleurs pourpres qui témoigne de la richesse de la pharmacopée traditionnelle.
Sommaire
Produits associés
La fumeterre : définition
Quelles sont ses propriétés ?
Outre ses qualités esthétiques et écologiques, la Fumeterre est reconnue depuis longtemps pour ses propriétés médicinales :
Des propriétés digestives
La Fumeterre est cholagogue et cholérétique. Cela signifie qu'elle stimule la production de bile par le foie et favorise son écoulement vers l'intestin. Grâce à son action sur la bile, cette plante facilite la digestion des aliments gras. Elle est également spasmolytique sur les muscles lisses, en particulier sur le sphincter d'Oddi, situé au niveau de l'entrée du duodénum, où la bile et les sucs pancréatiques sont libérés dans l'intestin.
Des propriétés dépuratives
La Fumeterre est reconnue pour ses propriétés dépuratives, notamment grâce à son action sur la détoxification hépatique qui améliore l’élimination des toxines. En purifiant le sang, elle contribue indirectement à améliorer l’aspect de la peau, notamment en cas d’imperfections liées à une surcharge toxique. Elle possède également une action diurétique, favorisant l’élimination des déchets par les reins. Utilisée en cure interne ou appliquée en usage externe sur la peau, elle participe ainsi à une approche globale pour purifier l’organisme.
Quels sont ses bienfaits ?
En résumé, la Fumeterre est bénéfique à au moins 5 niveaux pour notre corps :
Soutien du foie : elle stimule la production et l’évacuation de la bile, favorisant une meilleure digestion des graisses et la détoxification hépatique
Propriétés dépuratives : elle aide à éliminer les toxines via le foie et les reins, contribuant à purifier l’organisme
Amélioration de la qualité de la peau : en purifiant le sang, elle réduit les imperfections cutanées liées à une surcharge toxique
Effet spasmolytique : elle permet de relaxer les muscles lisses, notamment au niveau du sphincter d’Oddi, facilitant le flux biliaire et soulageant les spasmes digestifs
Action diurétique : elle favorise l’élimination des déchets par les voies urinaires, renforçant son rôle détoxifiant.
Comment l'utiliser ?
En infusion : 1 à 2 cuillères à café de plante séchée par tasse, à raison de 2 à 3 tasses par jour, de préférence à la fin des repas pour favoriser la digestion.
En cuisine : les jeunes pousses de Fumeterre peuvent être consommées en salade. Leur saveur légèrement amère s’associe parfaitement avec des plantes comme le Pissenlit pour une touche dépurative et gourmande.
Sous la forme de compléments alimentaires : disponible en gélules, comprimés ou extraits fluides, elle peut être prise en cure courte (15 jours à 1 mois) pour soutenir la fonction hépatique et favoriser une détoxification naturelle. Veillez à respecter les doses recommandées sur les produits
En cosmétique : utilisée sous forme d’extraits ou d’infusions, elle peut être intégrée dans des lotions toniques ou des masques pour purifier et apaiser les peaux sujettes aux imperfections
Précautions d'usage
La Fumeterre contient des alcaloïdes actifs qui, bien que bénéfiques à faible dose, peuvent être toxiques en cas de surdosage. Elle est déconseillée aux personnes souffrant de maladies du foie ou de la vésicule biliaire, d'hypertension, ainsi qu’aux femmes enceintes, allaitantes et aux enfants. La Fumeterre peut interagir avec certains médicaments, notamment ceux ciblant le foie. Consultez un professionnel de santé avant utilisation.
Conseil de l'expert
Galien, souvent considéré comme le père de la pharmacologie, attribuait déjà des vertus thérapeutiques à de nombreuses plantes, dont la Fumeterre. Traditionnellement surnommée 'l'herbe à la jaunisse', elle était utilisée pour traiter les affections hépatiques et biliaires. Aujourd’hui encore, elle reste un allié précieux face aux déséquilibres liés à une alimentation industrialisée.
Zoom sur notre rédactrice spécialisée, Catherine GILETTE

Catherine est passionnée par les plantes et leur propriétés, elle a été formée aux cosmétiques naturels par l’École Lyonnaise des Plantes Médicinales au début des années 2000. Curieuse, elle a continué à explorer la richesse et le potentiel des plantes. C'est ainsi qu'elle s'est formée à l'aromathérapie avec l’École Française d'Aromathérapie Intégrative. Elle a découvert une dimension presque inexplorée avec l'olfactothérapie et en même temps un outil incroyable pour mieux se connaître et pratiquer ce qu'elle appelle l'écologie intérieure.
Bibliographie
Leclerc, H. (1954). Précis de phytothérapie : essais de thérapeutique par les plantes françaises. France : Masson.
Cahen R, Sautai m, Taurand S, Luc S. Étude pharmacologique du fumeterre officinal, toxicité ; actions cardio vasculaire, respiratoire et hépato-biliaire [pharmacological study of fumeterre officinal i. toxicity; cardiovascular, respiratory and hepato-biliary actions]. Thérapie. 1964 mar-apr
Salembier Y. Etude de l'action du nébulisat de Fumeterre sur la cholérèse chez 33 malades présentant un drainage biliaire externe [Study of the action of the aerosol Fumeterre on choleresis in 33 patients with external biliary drainage]. Lille Med. 1967 Nov












