Le mot de la Trichologue
"Le chlore, en tant qu’agent désinfectant oxydant, n’impacte pas uniquement la surface visible du cheveu. Il agit en profondeur sur le microbiote du cuir chevelu et les liaisons ioniques intra-kératiniques, essentielles à la cohésion des fibres. En particulier, le microbiote capillaire, constitué de micro-organismes bénéfiques comme Cutibacterium acnes ou certaines souches de Staphylococcus epidermidis, voit sa diversité appauvrie après exposition répétée au chlore (1). Cette dysbiose perturbe la régulation du sébum, favorise les démangeaisons, la sensibilité cutanée et l'apparition de pellicules inflammatoires.
Au niveau intracellulaire, le chlore perturbe également les liaisons ioniques de la kératine, en agissant sur les charges positives des résidus de lysine (NH₃⁺) et les charges négatives des résidus d’acide glutamique (COO⁻). Le déséquilibre ionique ainsi généré compromet l’intégrité électrostatique de la fibre capillaire, diminuant sa cohésion et sa résistance mécanique, même si les ponts disulfures restent intacts (2). Cela provoque une perte d’élasticité et une porosité accrue.
Enfin, l’exposition solaire amplifie ces phénomènes. La chaleur (> 40 °C) accélère la diffusion des ions métalliques (notamment le cuivre) présents dans l’eau, augmentant les processus d’oxydation au cœur du cheveu (3). Cela accentue la rugosité, la casse et la perte de brillance.
Mon conseil de trichologue : Un spray aux hydrolats pour préserver le microbiote du cuir chevelu !
Avant toute baignade en piscine, il est essentiel de protéger non seulement la fibre capillaire, mais aussi l’écosystème fragile du cuir chevelu. L’utilisation d’un spray formulé à base d’hydrolat de mélisse, d’hydrolat de romarin à verbénone et d’hydrolat de lavande constitue une stratégie naturelle et efficace pour maintenir l’équilibre du microbiote cutané.
L’hydrolat de mélisse, à l’action apaisante et légèrement acidifiante, permet de préserver le pH physiologique du cuir chevelu autour de 5, un seuil crucial pour le maintien des bactéries commensales telles que Cutibacterium acnes et Staphylococcus epidermidis. En complément, l’hydrolat de romarin à verbénone agit comme un séborégulateur doux, limitant la production excessive de sébum sans perturber les communautés bactériennes bénéfiques. Il contribue à créer un environnement stable et peu propice à la prolifération des agents pathogènes opportunistes.
Enfin, l’hydrolat de lavande complète cette synergie grâce à ses propriétés antiseptiques modérées, qui permettent de calmer les éventuelles irritations liées au chlore. Ensemble, ces trois hydrolats constituent une barrière protectrice à vaporiser avant l’exposition au chlore, afin de préserver la santé du cuir chevelu et prévenir les déséquilibres.
Réalisez un test de tolérance cutanée 48 heures avant toute application."
Dr. Dalila Belmokhtar @dalilapharmacien, Docteure en Pharmacie & Trichologue