On dit souvent d'une personne qu'elle est insomniaque. Un terme qui cache trois conditions qui peuvent également être cumulables entre elles.
Des difficultés d'endormissement : le temps passé à chercher le sommeil s'allonge. Le stress et l'anxiété en sont les premiers responsables (3), mais les écrans n'arrangent rien : la lumière bleue qu'ils émettent entretient l'éveil du cerveau ;
Un ou plusieurs réveils nocturnes : le sommeil est fragmenté au cours de la nuit, par exemple, l'alcool donne une sensation de s'endormir facilement, mais la seconde partie de la nuit se retrouve entrecoupée de réveils (2);
Un réveil précoce le matin : c'est le fait de se réveiller bien avant l'heure prévue sans avoir la possibilité de se rendormir, cela arrive le plus souvent en fin de nuit.
Parfois, on se demande : que prendre pour s'endormir rapidement ? Alors que la question devrait être « Pourquoi je n'arrive pas à mieux dormir ? ». Il existe plusieurs raisons aux problèmes de sommeil que l'on peut rencontrer tout au long de notre vie.
Le stress et les émotions
Le stress, l'anxiété et les états dépressifs peuvent causer des insomnies (2). Un événement de la vie, heureux comme douloureux (un mariage, une séparation, un nouvel emploi, etc.), peut suffire à perturber le sommeil pendant plusieurs nuits.
Face au stress, notre corps active un circuit hormonal chargé de répondre aux sollicitations du stress (l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien). Cette réponse permet de maintenir le système nerveux dans un état d'alerte accru que les chercheurs appellent l'« hyper-éveil » (43). Cet état empêche le cerveau de basculer vers le sommeil quand l'endormissement survient et nous maintient dans un sommeil léger, ce qui favorise des réveils au cours de la nuit.
Dans la grande majorité des cas, tout rentre dans l'ordre une fois l'événement dépassé.5 Si les troubles d'endormissement persistent, mais que l'élément déclencheur est dépassé, on peut parler d’insomnie.
Chez certaines personnes, en particulier les personnes âgées, les réveils en fin de nuit sont courants 6, ils peuvent parfois être le signe d'un état dépressif qu'il convient de ne pas négliger. En cas de doute, n'hésitez pas à consulter votre médecin ou un professionnel de santé pour faire le point sur votre sommeil.
Le tabac et l'alcool
Contrairement à une idée reçue, l'alcool n'aide pas à mieux dormir. Il donne l'illusion d'un endormissement plus facile, mais la seconde partie de la nuit se retrouve le plus souvent entrecoupée de micro-réveils répétés (2).
Le tabac agit avec la nicotine comme une substance stimulante. Il complique l'endormissement et peut entraîner une somnolence matinale chez des fumeurs réguliers (2). La nicotine pénètre au niveau du cerveau (comme la caféine) et stimule directement le système nerveux responsable du cycle d'éveil. C'est ce qui explique les difficultés d'endormissement et la somnolence.
Ces deux substances étant en plus addictives, n'hésitez pas à consulter un professionnel de santé pour faire le point sur votre consommation et son impact sur votre sommeil.
Le mode de vie et nos habitudes
Les écrans le soir ont un impact négatif sur notre sommeil de deux manières :
La lumière bleue : la lumière des écrans peut perturber les signaux lumineux qui régulent la sécrétion de mélatonine et ainsi retarder l'endormissement. La lumière bleue perturbe le fonctionnement de la glande pinéale responsable de la production de mélatonine. Ce qui as pour conséquence de perturber notre horloge biologique responsable de nos cycles veille-sommeil 8(3).
L'hyper-réveil : c'est un phénomène qui est entretenu par la stimulation cérébrale des contenus consultés (réseaux sociaux, jeux, actualités) et qui va à l'encontre du processus d'endormissement.
C'est la raison pour laquelle les spécialistes recommandent la mise en place d'un « couvre-feu digital » dans l'heure qui précède le coucher (3). Cela permet au cerveau de se désintoxiquer de ces stimulations et à la glande pinéale de sécréter la mélatonine naturellement sans perturbateurs externes.
Il existe de nombreux autres facteurs comme la sédentarité, le manque d'exercice, une activité stimulante inadaptée (sports, jeux vidéo…), un rythme de travail irrégulier qui désynchronise également l'horloge interne et favorise également des insomnies.
L'alimentation
L'alimentation a également son importance dans notre sommeil. Un repas trop copieux le soir, en particulier lourd ou riche en protéines, va stimuler le système digestif et élever la température du corps. À l'inverse, un repas trop gras ralentit lui aussi la digestion et peut fragmenter le sommeil (5). Pourtant, une baisse de la température et une digestion terminée sont des facteurs qui favorisent l'endormissement.
L'environnement
C'est l'un des facteurs les plus importants : votre chambre. Le bruit qui vient de l'extérieur, la présence d'un partenaire qui ronfle, une luminosité inadaptée, ou une température inadéquate sont des conditions qui peuvent rendre plus difficile un endormissement et un sommeil de qualité. Il en va de même pour une mauvaise literie.
La température idéale d'une chambre se situe entre 18 et 19 °C. C'est le même mécanisme que pour la digestion : le corps a besoin d'un refroidissement pour basculer vers le sommeil. Une pièce trop chaude perturbe ce changement d'état.
Les pathologies
Un sommeil perturbé n'est pas toujours lié au stress ou aux habitudes de vie. Certaines maladies peuvent en être à l'origine. C'est le cas par exemple de l'hyperthyroïdie, du reflux gastro-œsophagien, de l'asthme nocturne ou encore de douleurs chroniques comme les rhumatismes. D'autres pathologies comme le syndrome des jambes sans repos ou encore un syndrome d'apnées obstructives du sommeil peuvent rendre vos nuits moins reposantes.
Lorsque l'insomnie persiste sans cause évidente, ou s'accompagne d'autres signes (douleurs, ronflements importants, jambes qui remuent sans cesse, etc.), un avis médical est fortement recommandé.
On parle d'insomnie ponctuelle ou occasionnelle, mais lorsque cela se répète plus de trois fois par semaine sur une période de trois mois, on évoque alors une insomnie chronique. Dans ces cas-là, n'hésitez pas à consulter votre médecin.




















