Les signes permettant de reconnaître une chute ou une casse des cheveux peuvent être décelés à travers un test simple qui consiste à observer les fibres retenues par la brosse après plusieurs jours : si la majorité des cheveux recueillis présentent des bulbes apparents, il s'agit d'une chute, sinon d'une casse.
Quelle est la différence entre la chute et la casse des cheveux ?
La vue de poignées de cheveux dans la brosse ou dans la salle de bains peut soulever un sentiment de panique. Mais des solutions existent, et il peut être utile de déterminer s'il s'agit d'une chute ou d'une casse des cheveux pour en comprendre les causes et adapter le mode de vie et les rituels de soins aux problèmes capillaires ciblés. Pour mieux comprendre la différence entre la chute et la casse des cheveux, nous avons fait appel à Suzie Desmet, naturopathe et experte de la santé capillaire.
À travers ce format "Ask-Aroma-Zone" édition spéciale, elle répond aux questions fréquemment posées sur le sujet et partage des conseils liés aussi bien à la gestuelle, qu'aux soins et à l'alimentation, pour soutenir la solidité de la fibre capillaire.
Par Vanessa Houpert

En bref :
La composition et la construction biologique des fibres capillaires sont des éléments clés pour comprendre le phénomène de chute ou de casse des cheveux.
Les causes de l'une ou de l'autre peuvent être multiples, qu'elles soient mécaniques, chimiques, hormonales... Et comportent des conséquences qu'il convient de distinguer afin d'adopter les bons réflexes.
Un protocole efficace pour soutenir la solidité des cheveux combine bons gestes, alimentation et soins locaux : éclairages de Suzie Desmet, naturopathe.
Quelle est la composition d'un cheveu ?
Le cheveu est composé de deux parties : un cœur résistant principalement constitué de kératine et une enveloppe externe appelée cuticule.
Dans le cortex se trouve une structure solide composée de protéines (la kératine), de ponts disulfure et de ciment lipidique (CMC). Les ponts disulfure sont les rivets du cheveu : à l'image d'une charpente, les poutres (la kératine) ne tiennent que grâce aux boulons (les ponts disulfure). Les protéines ne suffisent donc pas à maintenir la solidité de la fibre si elles ne sont pas solidement assemblées. Le ciment lipidique (CMC), quant à lui, soude les cellules, retient l'eau, réduit les frottements et contribue à la résistance de la fibre. Enfin, l'enveloppe externe forme un film lipidique de surface (18-MEA). Il s'agit de la cuticule, autrement dit des écailles des cheveux.
Pourquoi les cheveux cassent-ils ?
Les causes fréquentes de la casse des cheveux peuvent être multifactorielles, qu'elles soient mécaniques, thermiques et/ou chimiques, et dégradent la cuticule puis le cortex, transformant progressivement un cheveu sain en fibre poreuse, sèche et cassante.
La décoloration et la chimie répétée ont tendance à rompre les rivets des ponts disulfure qui permettent normalement de maintenir les protéines de kératine au cœur du cheveu, amenant la fibre à céder.
Les rayons UV et la chaleur épuisent progressivement le ciment lipidique (CMC) qui tient lieu de ciment aux cellules, rendant la cuticule plus poreuse, le cheveu plus sec et la casse plus facile.
Le brossage, les coiffures de traction et les frottements usent et soulèvent progressivement les écailles de la cuticule, amenant une perte de cellules cuticulaires et de la substance cimentante intercellulaire, et par conséquent la création de points faibles menant à la casse.
Les hormones influent sur le diamètre des cheveux, la qualité (leur texture, leur brillance) et leur résistance, à des moments de vie clés : lepost-partum occasionne une chute réactionnelle fréquente, souvent transitoire ; la ménopause engendre une baisse des œstrogènes et une fibre plus fine ; la thyroïde (hypo ou hyperthyroïdie) retentit sur la pousse et la qualité.
Le stress chronique agit par ricochet sur la qualité du sommeil, l'équilibre de l'alimentation, l'inflammation ou encore les comportements (cheveux triturés, tirés, négligés). En bref, un engrenage qui s'auto-entretient et qui, in fine, fragilise le cheveu.
Fatigue persistante, régime végétarien ou vegan, règles abondantes, perte de poids récente, troubles digestifs, stress chronique, post-partum, ménopause et thyroïde déséquilibrée sont autant de signes qui méritent d'être explorés, idéalement avec un professionnel et qui nécessitent si besoin une prise de sang.
Le but ? Une prise en charge globale afin d'assurer les fondations (sommeil, alimentation, stress), de déceler les déficits et éventuellement de soutenir l'organisme avec un complément (qui ne remplace en aucun cas une base saine).
Comment savoir s'il s'agit d'une chute de cheveux ou d'une casse des cheveux ?
La chute de cheveux correspond à la libération physiologique ou pathologique du cheveu entier avec sa racine (ou bulbe), tandis que la casse est une rupture de la fibre en cours de croissance, sans implication du bulbe.
Quels signes permettent de reconnaître la chute de cheveux ?
Un cheveu issu d'une chute présente une longueur complète avec un bulbe à son extrémité ; sur le cuir chevelu, la raie et les côtés ont tendance à s'éclaircir. La chute survient au terme du cycle de vie du cheveu lors de la phase dite télogène, ou lors d'une expulsion précoce (dans le cas d'un effluvium anagène ou télogène). Ses causes peuvent être liées aux hormones, au stress ou encore aux carences. Le cheveu quitte le follicule avec son bulbe. Ce bulbe peut concerner un effluvium en phase télogène s'il est en massue, ou en phase anagène s'il est allongé et pigmenté. Dans tous les cas, la longueur du cheveu tombé est complète, visible avec son bulbe à l'extrémité.
Et la casse des cheveux ?
Un cheveu issu d'une casse présente un segment sectionné, sans bulbe visible ; l'aspect général de la chevelure est clairsemé en bas mais pas au niveau des racines. Lors d'une casse, la fibre se rompt sous l’effet d’agressions mécaniques (brossage brutal, coiffures de traction), thermiques (sèche-cheveux, fers), chimiques (décoloration, lissages), ou d’une fragilité intrinsèque (carences, anomalies de la kératine). La rupture se produit le long de la tige, loin du follicule. Les fragments sont plus courts, irréguliers, effilés ou fourchus, sans bulbe apparent. La densité à la racine reste souvent préservée, mais les longueurs stagnent, les pointes sont abîmées et l’aspect est effilé ou clairsemé en bas, sans vraie perte de volume à la racine.
Comment l’alimentation peut-elle soutenir la solidité du cheveu ?
C'est dans le follicule et sa racine que la nutrition, les hormones et le terrain façonnent la solidité du futur cheveu, deux à trois mois avant sa sortie du cuir chevelu : les conséquences du mode de vie sont visibles encore deux à trois mois après l'émergence de la fibre.
La qualité du cheveu de demain dépend donc de ce que le follicule reçoit aujourd'hui, explique Suzie Desmet.
Le cheveu est constitué de kératine à 95 %. Cette protéine structurelle du cheveu est riche en cystéine, un acide aminé soufré qui forme des "ponts" chimiques dans les faisceaux de la kératine, et assure la cohésion de la fibre. Plus l'armature est dense, plus le cheveu résiste à la traction. Sans apport suffisant en protéines, le corps arbitre et le cheveu n'est pas une priorité vitale. La fibre se fabrique alors plus fine et plus fragile. Des cheveux plus fins et plus cassants peuvent être le signe d'un apport trop bas en protéines. Pour solidifier la structure du cheveu, Suzie Desmet recommande par conséquent de miser sur l'alimentation, plus précisément sur les acides aminés souffrés, ainsi que sur certains micronutriments.
Rappels utiles : un complément est utile quand il répond à un besoin réel, il ne remplace jamais une alimentation équilibrée. Par ailleurs, les poudres protéinées peuvent aider si les besoins sont élevés (sport, grossesse, âge), si l'appétit est faible, surtout le matin, ou si l'alimentation végétale peine à atteindre la cible. Mais elles ne servent que de dépannage : cet aliment concentré n'est pas un médicament du cheveu et ne compense pas une alimentation pauvre. Ainsi, l'apport en protéines animales et/ou végétales dans l'assiette reste la priorité, rappelle Suzie Desmet.
Les aliments à favoriser dans l'assiette
Nutriment clé | Rôle pour le cheveu et sources principales |
Acides aminés souffrés (cystéine et méthionine) | Assurent la cohésion de la fibre, solidifient la structure Oeufs, poisson, volaille, Soja, Lentilles, Haricots, Sarrasin, Quinoa, Pois chiches. |
Zinc | Participe à la synthèse des protéines et à la santé du cuir chevelu Fruits de mer, viande rouge, volaille, œufs, graines de Courge, Noix de cajou, Lentilles, produits laitiers. |
Biotine (B8) | Participe au métabolisme des acides aminés et à la synthèse de kératine (sachant que la carence rare est dans une alimentation variée et que la complémentation peut fausser certaines analyses de sang) Jaune d'œuf, abats, levure, Amandes, Noix, graines de Tournesol, légumineuses, Champignons, Patate douce. |
Fer | Favorise l’oxygénation des cellules du follicule Viandes rouges, foie, volaille, fruits de mer, légumineuses, Epinards, Tofu. |
Vitamines B | Participe au métabolisme énergétique du follicule Viande, poisson, œufs, produits laitiers, céréales complètes, légumineuses, légumes à feuilles vertes, Bananes, agrumes, Brocoli, Asperges, Noix, graines, Champignons, Avocats. |
Les soins locaux peuvent-ils réellement agir sur la solidité des cheveux ?
Un soin peut protéger temporairement la fibre mais ne peut pas la réparer biologiquement.
En effet, le cheveu se fabrique sous la peau plusieurs mois avant qu'il ne soit visible. Le sang livre les nutriments (protéines, minéraux, bonne graisse) au follicule qui le fabrique. Les cellules se multiplient et se chargent en kératine : c'est le processus de kératinisation. Puis la fibre sort du cuir chevelu. Elle est visible mais déjà inerte et ne fait que vieillir car elle ne fabrique plus de cellules actives en dehors du cuir chevelu. Il est donc possible de la protéger mais pas de la reconstruire.
Ainsi, le soin aide à lisser les écailles, gainer, combler temporairement la fibre, réduire la casse mécanique (démêlage), hydrater la surface, améliorer le toucher et l'aspect. Mais il ne "répare" pas la structure au sens où il ne reconstruit pas durablement la kératine. Il ne peut pas épaissir une fibre fabriquée trop fine, corriger une carence ou un dérèglement ni remplacer ce qui se joue dans le follicule. Idem avec les huiles qui n'ajoutent pas de protéines : elles restaurent temporairement le film lipidique de surface et limitent les frottements mais ne reconstruisent pas la fibre.
Suzie Desmet recommande ainsi cinq gestes pour protéger ses cheveux :
Utiliser des taies d'oreiller et des chouchous en satin ou en soie pour limiter les frottements.
Démêler en douceur des pointes vers les racines, sans tirer.
Protéger les cheveux de la chaleur et des rayons UV en appliquant un thermo-protecteur avant le séchage, en portant un chapeau en cas d'exposition au soleil, et en rinçant les cheveux après les bains de mer.
Alterner les coiffures et éviter les tractions toujours au même endroit.
Sécher les cheveux en douceur, éponger, faire sécher à l'air tiède et éviter les frictions.
Quels produits Aroma-Zone pour agir efficacement ?

Découvrez notre routine anti-chute
Non, la chute des cheveux n'est pas une fatalité ! Vous pouvez freiner leur perte et activer la microcirculation du cuir chevelu à l'aide d'ingrédients naturels comme les huiles végétales (Ricin, Moutarde), les poudres de plante (Ortie, Bhringaraj) ou encore les shampoing anti-chute, huiles riches en oméga 3 à appliquer en friction capillaire, lotions fortifiantes du cuir chevelu, hydrolats.

Découvrez notre routine anti-casse
La casse des cheveux résulte d’une fragilisation de la fibre capillaire liée à des agressions répétées (chaleur, brossage, colorations). Ces agressions altèrent la structure du cheveu, soulèvent les écailles et diminuent sa résistance, ce qui le rend plus vulnérable à la casse, notamment sur les longueurs et les pointes. (1)
Qui est Suzie Desmet ?
Suzie Desmet est naturopathe spécialisée dans la santé du cheveu et l’accompagnement de la chute de cheveux chez la femme. Diagnostiquée elle-même d’une alopécie androgénétique à 21 ans, elle s’est tournée vers la naturopathie avant de se reconvertir pour développer une approche globale et personnalisée de la santé capillaire. Son accompagnement vise à identifier les facteurs susceptibles de favoriser la chute — alimentation, carences, stress, inflammation, équilibre hormonal ou hygiène de vie — afin d’agir au-delà des seuls symptômes. Son approche se veut également très pédagogique, avec l’objectif de donner aux femmes les connaissances nécessaires pour devenir actrices de leur santé capillaire.
En savoir plus

Comment savoir si mes cheveux tombent ou se cassent ?

Comment savoir si mes cheveux tombent ou se cassent ?
Comment savoir si mes cheveux tombent ou se cassent ?

Les pointes fourchues sont-elles le signe d'une casse de cheveux ?

Les pointes fourchues sont-elles le signe d'une casse de cheveux ?
Les pointes fourchues sont-elles le signe d'une casse de cheveux ?
Les fourches présentent une fente longitudinale, souvent à l’extrémité du cheveu, qui fragilise mécaniquement la fibre et favorise la casse lorsqu'elle est soumise à des forces répétées telles que la chaleur (sèche-cheveux, fers), les traumatismes mécaniques (brossage agressif, coiffures de traction) et les agressions chimiques (décoloration, lissage).

Comment distinguer le phénomène de casse d'une chute saisonnière ?

Comment distinguer le phénomène de casse d'une chute saisonnière ?
Comment distinguer le phénomène de casse d'une chute saisonnière ?
Une chute saisonnière se traduit généralement par une augmentation diffuse du nombre de cheveux perdus, avec des fibres entières et leur bulbe visibles à l’extrémité. La casse concerne au contraire des cheveux de longueurs irrégulières, sans bulbe, qui se rompent le long de la fibre et donnent souvent des pointes clairsemées ou abîmées. En cas de doute ou si la chute se prolonge, il vaut mieux rechercher avec un professionnel de santé d’éventuels facteurs associés comme le stress, une carence ou un déséquilibre hormonal.
Zoom sur notre rédactrice Vanessa Houpert

Diplômée d’un Master en journalisme culturel à l’Université Sorbonne Nouvelle (Paris 3), Vanessa HOUPERT exerce le métier de journaliste, copywriter et consultante éditoriale pour des médias et des marques depuis plus de 10 ans. Inspirée par tout ce qui a trait au beau, au bon et au bien-être, son approche globale des tendances de consommation lui permet d’analyser l'époque.
Bibliographie
1
Masterclass Aroma-Zone Suzie Desmet, Routine Anti-Casse,
2026
2
Teresa Sisto, MD et al. Inability to Grow Long Hair: A Presentation of Trichorrhexis Nodosa, Mdedge, 2015.
https://www.mdedge.com/dermatology/article/97706/hair-nails/inability-grow-long-hair-presentation-trichorrhexis-nodosa
3
Mubki T et al. Evaluation and diagnosis of the hair loss patient: part I. History and clinical examination, PubMed, 2014.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25128118/
4
Gavazzoni Dias MFR. Hair Cosmetics: An Overview, International Journal of Trichology, 2015.
https://www.ovid.com/jnls/ijot/fulltext/10.4103/0974-7753.153450~hair-cosmetics-an-overview
5
Guo EL, Katta R. Diet and hair loss: effects of nutrient deficiency and supplement use, PubMed Central, 2017.
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9710406/
















