L'Harpagophytum, nommé couramment Griffe du diable, est une plante herbacée vivace tubéreuse du genre Harpagophytum de la famille des Pedaliacées. Cette plante, connue depuis peu en Occident, provient des régions désertiques du sud de l’Afrique : steppes de Namibie, désert de Kalahari, Afrique australe. L'Harpagophytum, Harpagophytum procubens, tire son nom du grec phyton, « plante » et harpagos, « harpon ». De là découle le terme de Griffe du diable, car ses fruits en forme de harpons aux crochets acérés s'attachent aux poils des animaux tels que ovins, bovins ; aux sabots des antilopes qui tous s'agitent frénétiquement pour s'en débarrasser comme s'ils avaient « le diable au corps ». C'est une stratégie, pour le moins réussie, pour disséminer ses graines. Quant à procumbens, il est tiré du latin procubo « être couché en avant, de tout son long ». En effet, sa tige est rampante et peut s'étaler sur 2 m de long. Celle-ci porte des feuilles alternes au limbe ovoïde ainsi que des fleurs en forme de trompette, de couleur rouge-violet, solitaires et éphémères puisqu'elles ne s'ouvrent qu'une journée. Le fruit est une capsule ligneuse munie d'une couronne garnie de plusieurs crochets acérés, la fameuse Griffe du diable.
Sa racine principale, ligneuse, s’enfouit verticalement jusqu'à 1m dans le sol argileux ou sableux. De cette racine principale partent plusieurs racines secondaires qui forment des tubercules de réserve bulbeux, parfois très gros, pouvant peser jusqu'à 1,5 kg et que l'on trouve jusqu’à 2 m de profondeur. Ils servent de réserve d'eau et de nutriments à la plante qui résiste ainsi aux périodes de sécheresse. Ces tubercules atteignent une taille de 4 à 6 cm de diamètre et 15 à 25 cm de long au bout de 3 à 4 ans ; terme auquel ils seront récoltés. En effet, seuls ces tubercules (qui constituent jusqu’à 90 % du poids de la plante) sont utilisés dans la médecine traditionnelle du sud de l'Afrique et à l'usage de notre pharmacie.
Le potentiel médicinal de l'Harpagophytum s'est répandu dans le monde occidental dans les années 1970-1980. Victime de son succès, l’Harpagophytum est devenu une espèce menacée au début des années 2000. Aujourd'hui la Griffe du diable bénéficie d’un statut de protection réglementant sa cueillette mais il reste sensible. Divers essais de culture sont en cours, cependant la Griffe du diable reste difficile à cultiver.
























