La varicelle guérit le plus souvent sans complication. Certains contextes peuvent toutefois s’accompagner de manifestations plus sévères, notamment durant la grossesse.
Pour le foetus
Lorsque l’infection survient pendant la grossesse, le virus peut, dans certains cas, être transmis au fœtus. Cette transmission s’effectue par voie transplacentaire, c’est-à-dire à travers le placenta via la circulation sanguine maternelle. Le risque dépend étroitement du terme de la grossesse au moment de l’infection.
Avant 20 semaines d’aménorrhée
Lorsque l’infection maternelle survient au cours du premier trimestre ou au début du deuxième trimestre, en particulier avant 20 semaines d’aménorrhée, un syndrome appelé varicelle congénitale peut apparaître. Cette période correspond à la phase d’organogenèse, c’est-à-dire à la formation des organes du fœtus, ce qui explique la sensibilité particulière à une infection virale.
Ce syndrome correspond à un ensemble d’anomalies pouvant toucher plusieurs organes. Les atteintes décrites comprennent notamment :
Des lésions cutanées cicatricielles
Des anomalies oculaires
Des atteintes neurologiques, c’est-à-dire du système nerveux
Des anomalies des membres
Un retard de croissance intra-utérin, correspondant à un développement insuffisant du fœtus.
Cette situation reste rare, avec un risque estimé inférieur à 2 % lorsque l’infection survient avant 20 semaines d’aménorrhée.
En fin de grossesse
Lorsque l’infection survient en fin de grossesse, la problématique est différente. Si la varicelle apparaît dans une période proche de l’accouchement — en particulier dans les 5 jours précédant la naissance ou dans les 2 jours suivant celle-ci — le nouveau-né peut développer une varicelle néonatale. Cette forme peut être sévère, car le système immunitaire du nourrisson est encore immature, c’est-à-dire insuffisamment développé pour lutter efficacement contre le virus, et la transmission des anticorps maternels n’est pas encore optimale.
Pour la femme enceinte
Chez la femme enceinte, la varicelle correspond à une infection virale qui peut évoluer vers des formes plus sévères que chez l’enfant. Cette différence s’explique par des modifications physiologiques liées à la grossesse. Le système immunitaire, chargé de défendre l’organisme contre les agents infectieux, fonctionne de manière plus tolérante afin de permettre le développement du fœtus. Cette adaptation peut rendre certaines infections virales plus intenses.
Pneumopathie varicelleuse
La complication la plus documentée est la pneumopathie varicelleuse. Il s’agit d’une infection des poumons provoquée par le virus varicelle-zona. Elle survient plus fréquemment chez l’adulte que chez l’enfant, et le risque semble majoré pendant la grossesse, en particulier au troisième trimestre. Les symptômes associent une toux, un essoufflement, parfois une douleur thoracique et une altération de l’état général. Dans les formes sévères, une insuffisance respiratoire peut apparaître, nécessitant une prise en charge hospitalière.
Formes cutanées sévères
En parallèle, la varicelle peut s’accompagner de formes cutanées plus étendues. Les lésions, appelées vésicules, correspondent à de petites bulles remplies de liquide. Chez l’adulte, elles peuvent être plus nombreuses, plus inflammatoires et s’étendre à l’ensemble du corps. Une surinfection bactérienne peut se produire. Cela correspond à une infection secondaire par des bactéries au niveau des lésions cutanées, favorisée par les altérations de la peau. Cette situation peut entraîner une aggravation locale, avec rougeur, douleur et parfois formation d’abcès.
Autres atteintes : foie et cerveau
Certaines complications plus rares sont également décrites. Le virus peut atteindre d’autres organes, notamment le foie ou le cerveau. Une atteinte neurologique, appelée encéphalite, correspond à une inflammation du cerveau. Elle peut se manifester par des troubles de la conscience, des maux de tête intenses ou des troubles du comportement. Ces formes restent exceptionnelles mais justifient une vigilance particulière.