Comment reconnaître les coliques de bébé et l’aider à retrouver son calme ?

Comment reconnaître les coliques de bébé et l’aider à retrouver son calme ?


Par La rédaction Aroma-Zone

Publié le: mardi 24 décembre 2024, Mis à jour le: mercredi 14 octobre 2026

Lecture: +4 min

Quand les pleurs se prolongent et reviennent jour après jour, il peut être difficile de comprendre ce que ressent son bébé. Et il est encore plus difficile de trouver le bon geste pour apaiser. Les coliques peuvent être la cause de pleurs importants. Aroma-Zone vous aide à mieux identifier ces épisodes et à accompagner votre bébé avec des gestes doux, adaptés à son âge.

Sommaire

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En bref

  • Les coliques du bébé se manifestent par des épisodes répétés et prolongés de pleurs, d’agitation ou d’irritabilité chez un nourrisson de moins de 5 mois qui grandit normalement, sans fièvre ni maladie expliquant ces pleurs [1].

  • Leur origine reste mal comprise. Plusieurs facteurs pourraient intervenir, notamment le fonctionnement digestif, la sensibilité intestinale, le microbiote et les échanges entre l’intestin et le système nerveux [2,3].

  • L’accompagnement repose surtout sur des gestes d’apaisement et l’observation du bébé. Des pleurs inhabituels associés à un refus de s’alimenter, une mauvaise prise de poids, un malaise ou certains vomissements nécessitent un avis médical [5,6].

Qu’est-ce que les coliques du nourrisson ?

Les « coliques du nourrisson » désignent couramment des épisodes récurrents et prolongés de pleurs et d’agitation, sans cause évidente, difficiles à prévenir ou à apaiser. Depuis 2026, les critères de Rome V regroupent ce tableau sous le terme d’« Infant Distress Syndrome », ou syndrome de détresse du nourrisson. Il concerne un bébé âgé de moins de 5 mois au début des manifestations, lorsque celles-ci ne sont pas mieux expliquées par une autre affection après une évaluation adaptée [1].

Historiquement, la « règle des trois » était fréquemment utilisée pour désigner ces pleurs : durant plus de trois heures par jour, plus de trois jours par semaine pendant au moins trois semaines. Les critères de Rome IV privilégient une description clinique plus souple des épisodes [1].

Les pleurs sont particulièrement fréquents pendant les premières semaines de vie. L’Assurance Maladie situe le maximum des pleurs prolongés entre 6 et 8 semaines [5]. Une méta-analyse portant sur 28 études montre également que les pleurs et l’agitation diminuent nettement au cours des semaines suivantes [4].

Quelles sont les causes possibles des coliques du bébé ?

Aucune cause unique n’explique les coliques du bébé. Leur origine reste mal élucidée et plusieurs mécanismes pourraient intervenir simultanément. Les recherches portent notamment sur des facteurs digestifs, microbiens, neurologiques, comportementaux et alimentaires [2,4].

Des particularités de la motricité et de la sensibilité digestives

La motricité digestive correspond aux contractions du tube digestif qui permettent notamment de faire progresser son contenu. Certaines particularités de cette motricité font partie des mécanismes étudiés dans les coliques du nourrisson [2,3].

Les chercheurs s’intéressent également à la manière dont le bébé perçoit les sensations provenant de son tube digestif. Une sensibilité plus marquée à certaines sensations intestinales a été proposée parmi les mécanismes possibles. Ces hypothèses ne permettent toutefois pas d’expliquer toutes les coliques [2].

Les gaz peuvent être présents pendant ces épisodes, mais leur présence ne démontre pas qu’ils sont responsables des pleurs. Un ventre qui gargouille, des jambes repliées ou des flatulences sont des signes peu spécifiques.

Le microbiote intestinal

Le microbiote intestinal correspond à l’ensemble des micro-organismes présents dans l’intestin. Sa composition évolue rapidement pendant les premiers mois de la vie. Des différences de microbiote ont été observées entre certains nourrissons présentant des coliques et des nourrissons qui en présentent moins. Ces travaux soutiennent l’intérêt de cette piste de recherche, sans établir à ce jour que ces différences constituent la cause des coliques [2].

Les interactions entre l’intestin et le système nerveux

L’intestin communique en permanence avec le système nerveux. Ces échanges, souvent regroupés sous le terme d’axe intestin-cerveau, font, eux aussi, partie des mécanismes étudiés. Chez le jeune nourrisson, les mécanismes de régulation des pleurs, du comportement et des sensations corporelles continuent à évoluer. Les données disponibles suggèrent donc que les coliques pourraient résulter de l’interaction de plusieurs facteurs digestifs et neurodéveloppementaux plutôt que d’un seul dysfonctionnement identifiable [2].

Une allergie aux protéines de lait de vache dans certains cas

Une allergie aux protéines de lait de vache peut entraîner des symptômes chez le nourrisson, mais elle explique rarement des coliques isolées. L’ESPGHAN souligne que des pleurs ou une irritabilité seuls sont insuffisants pour retenir ce diagnostic [3].

Lorsque d’autres manifestations sont présentes et qu’une allergie est réellement suspectée, l’évaluation doit être réalisée avec un professionnel de santé. Le diagnostic peut nécessiter une éviction limitée dans le temps suivie d’une réintroduction des protéines de lait de vache afin de vérifier le lien entre l’aliment et les symptômes [3].

Une modification systématique de l’alimentation pour toutes les coliques n’est donc pas justifiée. Les études consacrées aux interventions alimentaires restent peu nombreuses et présentent plusieurs limites méthodologiques [7]. Pour les situations spécifiques liées à l’allaitement, vous pouvez également consulter le dossier Aroma-Zone consacré aux coliques du bébé allaité.

Quels sont les symptômes des coliques du bébé ?

Les manifestations peuvent varier d’un nourrisson à l’autre. Plusieurs signes sont toutefois fréquemment observés :

  • Des pleurs prolongés et répétés : ils surviennent sans cause immédiatement identifiable et peuvent être particulièrement difficiles à apaiser [1] ;

  • Une agitation ou une irritabilité : le bébé peut sembler inconfortable pendant l’épisode et alterner pleurs et périodes d’agitation [1] ;

  • Des difficultés à être consolé : les gestes habituellement efficaces pour l’apaiser peuvent fonctionner moins facilement pendant ces périodes ;

  • Des attitudes corporelles particulières : certains bébés serrent les poings, rougissent, replient leurs jambes ou cambrent le dos ; ces comportements accompagnent parfois les pleurs, mais ne permettent pas, à eux seuls, de conclure à une douleur digestive [2] ;

  • Des épisodes souvent plus marqués au cours des premières semaines : les pleurs prolongés atteignent généralement leur maximum autour de 6 à 8 semaines [5] ;

  • Un état habituel satisfaisant entre les épisodes : un bébé présentant des coliques grandit normalement et ne présente ni fièvre ni maladie expliquant ses pleurs [1].

La présence de gaz ne suffit donc pas à reconnaître une colique. De la même façon, les coliques ne doivent pas être automatiquement confondues avec un reflux gastro-œsophagien. L’Assurance Maladie rappelle que les pleurs prolongés peuvent coexister avec des régurgitations sans être provoqués par celles-ci [5].

Comment accompagner les coliques et gaz chez le bébé ?

Les coliques évoluent spontanément vers une amélioration au cours des premiers mois. Pendant cette période, plusieurs gestes simples peuvent aider à apaiser le nourrisson et à rendre les épisodes plus faciles à traverser.

  1. Vérifiez d’abord les besoins immédiats de votre bébé. Faim, couche humide, fatigue, température inconfortable ou besoin de contact peuvent provoquer ou entretenir ses pleurs. Un environnement calme et peu stimulant convient à certains nourrissons [8].

  2. Prenez-le dans les bras et essayez des mouvements doux. Le bercement lent, la marche, une voix calme ou des sons apaisants peuvent aider certains bébés à se détendre. L’objectif est d’observer les gestes auxquels votre enfant répond le mieux [8].

  3. Pendant le repas, respectez le rythme du bébé. Chez un nourrisson qui régurgite, des pauses pendant la tétée ou le biberon peuvent faciliter le rot et l’évacuation de l’air avalé. Le rot peut aussi survenir après le repas, mais il n’est pas systématique [5]. Ces mesures concernent surtout le confort pendant l’alimentation et les régurgitations ; elles ne constituent pas un traitement spécifique des coliques.

  4. Essayez un massage très doux lorsque votre bébé est calme. Un contact léger sur le ventre peut participer à l’apaisement de certains nourrissons [8]. Le massage reste avant tout un moment de contact et de détente : son efficacité spécifique sur la cause des coliques n’est pas établie.

  5. Un bain à température adaptée peut favoriser le calme. L’Assurance Maladie cite notamment le bain à 37 °C parmi les gestes susceptibles d’apaiser un bébé qui pleure [8].

  6. Conservez une alimentation adaptée à votre bébé. Les changements répétés de lait ou les évictions alimentaires réalisées sans indication médicale peuvent compliquer inutilement son alimentation. Les données disponibles ne permettent pas de recommander une modification alimentaire systématique pour les coliques [3,7].

  7. Passez le relais lorsque les pleurs deviennent trop éprouvants. Lorsque vous vous sentez dépassé, installez votre bébé en sécurité sur le dos dans son lit et éloignez-vous quelques minutes. Demandez du soutien à une personne de confiance. Un nourrisson ne doit jamais être secoué [8].

Zoom : prendre soin du siège pour limiter une autre source d’inconfort

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Les coliques ne sont qu’une des nombreuses raisons pour lesquelles un nourrisson peut manifester de l’inconfort. Une peau irritée au niveau du siège peut également le gêner, en particulier lors des changes. Des soins adaptés à la peau fragile du bébé permettent de préserver son confort au quotidien.

Le Liniment oléocalcaire à l'huile d'Olive BIO - Soin bébé est une formule hypoallergénique haute tolérance, testée sous contrôle pédiatrique et composée à 40 % d’huile d’olive BIO. Il est destiné aux bébés nés à terme dès la naissance. Sa fonction est exclusivement cutanée : il nettoie, nourrit et protège la peau du siège et aide à prévenir et apaiser les rougeurs et irritations liées au change.

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Conservation : 6 mois après ouverture, à l’abri de la chaleur.

Précautions : usage externe uniquement et sur peau saine. Tenir hors de portée des enfants. Ce liniment est déconseillé chez les prématurés et grands prématurés.

Pour aller plus loin sur les soins du siège, vous pouvez consulter les dossiers Aroma-Zone consacrés à l’érythème fessier et aux gestes pour prendre soin de la peau de bébé.

Quand s’inquiéter quand bébé pleure après le biberon ou la tétée ?

Un bébé peut pleurer après une tétée ou un biberon pour de nombreuses raisons. Les pleurs peuvent notamment survenir parallèlement à des régurgitations, sans que celles-ci soient responsables des coliques. La HAS précise que des pleurs ou une irritabilité isolés, avec ou sans régurgitations visibles, ne permettent pas à eux seuls de diagnostiquer un reflux gastro-œsophagien pathologique [6].

Un avis médical est indiqué lorsque les pleurs s’accompagnent notamment :

  • d’un refus répété de s’alimenter ;

  • de difficultés importantes pendant les repas ;

  • d’une stagnation ou d’une perte de poids ;

  • de régurgitations douloureuses ou contenant du sang ;

  • de fièvre ou d’une modification nette de l’état habituel du bébé ;

  • de pleurs très différents de ceux observés habituellement [5,6].

Certaines manifestations nécessitent une évaluation urgente : un nourrisson qui devient bleu ou très pâle, perd son tonus ou éprouve des difficultés à respirer lors d’un malaise, des vomissements verdâtres ou des vomissements en jet chez un très jeune nourrisson constituent des signes d’alerte [5,6]. Dans ces situations, contactez rapidement les services d’urgence.

Précautions d'emploi

Les coliques sont généralement transitoires, mais des pleurs inhabituels peuvent avoir une autre origine. Demandez un avis médical lorsque le comportement de votre bébé change nettement, lorsque son état général vous inquiète ou lorsque d’autres symptômes apparaissent.

Les changements répétés de lait, les régimes d’éviction chez la mère allaitante et l’administration au nourrisson de plantes, de compléments alimentaires ou d’huiles essentielles nécessitent l’avis préalable d’un professionnel de santé. Les données disponibles ne soutiennent pas une éviction alimentaire systématique face à des coliques isolées [3,7].

Pour dormir, un nourrisson doit être couché à plat sur le dos, y compris lorsqu’il présente des régurgitations [5].

Des pleurs prolongés peuvent devenir très éprouvants. Si vous sentez que vous perdez votre calme, posez votre bébé sur le dos, en sécurité dans son lit, éloignez-vous quelques minutes et sollicitez de l’aide. Ne secouez jamais un bébé : les secousses peuvent provoquer des lésions cérébrales graves [8].

Conseil de l'expert

Chez un bébé qui pleure beaucoup, l’observation sur plusieurs jours peut fournir des informations plus utiles que la recherche immédiate d’une cause digestive. Vous pouvez noter les horaires des pleurs, leur durée, les repas, les régurgitations, les selles et les gestes qui semblent apaiser votre enfant.

Regardez également son comportement entre les épisodes : un appétit conservé, une croissance régulière et un bébé habituellement éveillé et réactif sont des repères utiles. À l’inverse, un changement marqué par rapport à son comportement habituel justifie de demander conseil à un professionnel de santé.

Zoom sur notre rédactrice pharmacienne et docteure en biologie moléculaire, Stéphanie LE GUILLOU

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Stéphanie est pharmacienne (depuis 2010) et docteure en biologie moléculaire (depuis 2012). Passionnée de rédaction, elle écrit des contenus médicaux depuis près de 15 ans. Son objectif est de rendre accessible et compréhensible les informations, sans jamais perdre en justesse scientifique.

Bibliographie

1. Di Lorenzo, C., Saps, M., Chumpitazi, B. P., Rajindrajith, S., Staiano, A., Thapar, N., van Tilburg, M., Velasco-Benítez, C., & Vlieger, A. (2026). Lower and biliary disorders of gut-brain interaction: Child and adolescent.

Gastroenterology, 170(6), 1367–1387. https://doi.org/10.1053/j.gastro.2026.01.036

2. Zeevenhooven, J., Browne, P. D., L’Hoir, M. P., de Weerth, C., & Benninga, M. A. (2018). Infant colic: Mechanisms and management.

Nature Reviews Gastroenterology & Hepatology, 15, 479–496. https://doi.org/10.1038/s41575-018-0008-7

3. Vandenplas, Y., Broekaert, I., Domellöf, M., Indrio, F., Lapillonne, A., Pienar, C., Ribes-Koninckx, C., Shamir, R., Szajewska, H., Thapar, N., Thomassen, R. A., Verduci, E., & West, C. (2024). An ESPGHAN position paper on the diagnosis, management, and prevention of cow’s milk allergy.

Journal of Pediatric Gastroenterology and Nutrition, 78(2), 386–413. https://doi.org/10.1097/MPG.0000000000003897

4. Wolke, D., Bilgin, A., & Samara, M. (2017). Systematic review and meta-analysis: Fussing and crying durations and prevalence of colic in infants.

The Journal of Pediatrics, 185, 55–61.e4. https://doi.org/10.1016/j.jpeds.2017.02.020

5. Assurance Maladie. (2026, 24 mars).

Régurgitations du nourrisson : que faire ? https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/rgo-nourrisson/que-faire-quand-consulter

6. Haute Autorité de santé. (2026, 16 mars).

Reflux gastro-œsophagien chez l’enfant de moins d’un an : définitions, prise en charge et pertinence des traitements pharmacologiques. https://www.has-sante.fr/jcms/p_3423859/fr/reflux-gastro-oesophagien-chez-l-enfant-de-moins-d-un-an-definitions-prise-en-charge-et-pertinence-des-traitements-pharmacologiques

7. Gordon, M., Biagioli, E., Sorrenti, M., Lingua, C., Moja, L., Banks, S. S. C., Ceratto, S., & Savino, F. (2018). Dietary modifications for infantile colic.

Cochrane Database of Systematic Reviews, 10, CD011029. https://doi.org/10.1002/14651858.CD011029.pub2

8. Assurance Maladie. (2026, 17 juin).

Syndrome du bébé secoué. https://www.ameli.fr/assure/sante/urgence/bebe-enfant/syndrome-bebe-secoue

9. Blume-Peytavi, U., Lavender, T., Jenerowicz, D., Ryumina, I., Stalder, J.-F., Torrelo, A., & Cork, M. J. (2016). Recommendations from a European roundtable meeting on best practice healthy infant skin care.

Pediatric Dermatology, 33(3), 311–321. https://doi.org/10.1111/pde.12819

Questions fréquentes

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