Test allergie : tout savoir

Le test d'allergie occupe désormais une place centrale dans le parcours de soins des personnes allergiques. Un Français sur quatre souffre d’allergies respiratoires, un chiffre en progression constante. Pourtant, la notion même de test d'allergie reste floue pour nombre de patients. Méconnaissance des indications, crainte d’une procédure invasive, confusion entre sensibilisation et maladie : autant de freins qui retardent la prise en charge. En parcourant les lignes suivantes, vous découvrirez le principe de l’examen et ses bénéfices concrets.

Par Stéphanie Le Guillou
Mis à jour le 31/07/2025Temps de lecture : +4 min.

Qu'est-ce qu'un test d'allergie ?

Le test d'allergie regroupe plusieurs techniques destinées à identifier l’allergène, c’est-à-dire la substance capable de déclencher une réaction immunitaire inadaptée. Les plus courants sont les tests cutanés dits « prick tests » : une micro-goutte d’extrait allergénique est déposée sur l’avant-bras, puis l’épiderme est piqué superficiellement. Quinze minutes plus tard, la lecture se fait à l’œil nu ; une papule dépassant 3 mm par rapport au témoin négatif signe la sensibilisation. Quand la peau ne peut pas être testée ou si les résultats sont ambigus, le dosage sanguin des IgE spécifiques prend le relais.

Dans quelles situations en réaliser ?

Suspicion d’allergie respiratoire

Rhinite, conjonctivite ou asthme apparaissant lors d’un pic de pollens, d’une exposition aux acariens ou aux moisissures. Un test d'allergie objectivera la sensibilisation et guidera l’éviction.

Réactions cutanées chroniques

Urticaire récidivante, eczéma de contact ou dermatite atopique nécessitent un test d'allergie pour identifier un allergène domestique ou professionnel.

Allergies alimentaires suspectées

Œdème, vomissements ou diarrhées après un aliment imposent un bilan allergologique avant toute éviction définitive.

Bilan pré-désensibilisation

La réussite d’une immunothérapie dépend d’une identification rigoureuse de l’allergène cible.

Hypersensibilité médicamenteuse

Après une éruption ou un choc, l’intradermoréaction documente la responsabilité d’un médicament et sécurise les prescriptions futures.

Quels sont les bénéfices des tests ?

Connaissez-vous les bénéfices de ces tests ? Les voici : 

  • Diagnostic étiologique fiable : l’examen confirme l’allergène responsable et évite les régimes d’éviction injustifiés, notamment dans l’allergie alimentaire.

  • Orientation thérapeutique : il permet de proposer une immunothérapie spécifique ou d’optimiser la prescription d’antihistaminiques.

  • Réduction de la morbidité : une stratégie d’éviction ciblée diminue les exacerbations d’asthme et les passages aux urgences. 

  • Éducation du patient : connaître l’allergène motive l’adoption de gestes barrières (nettoyage anti-acarien, limitation des sorties lors des pics polliniques).

  • Optimisation des coûts de santé : en réduisant les prescriptions inutiles et les arrêts de travail, le test d'allergie contribue à une gestion raisonnée des ressources.

Allergologie : comment se déroulent les tests ?

Cinq jours avant le rendez-vous, les antihistaminiques doivent être interrompus ; une semaine sans corticoïde cutané est recommandée sur la zone testée. Le jour J, l’allergologue confirme que la peau est saine, prépare le matériel d’urgence (adrénaline) puis peut réaliser les tests suivants.

Prick tests

Quelques microgouttes d’extraits allergéniques sont déposées sur l’avant-bras ou le dos ; une microlance traverse ensuite chaque goutte pour introduire l’allergène dans l’épiderme. Chez le sujet sensibilisé, une papule — petit relief cutané bombé — apparaît en moins de quinze minutes, accompagnée d’un halo érythémateux ; l’examen est positif si l’induration dépasse trois millimètres par rapport au témoin négatif. Le résultat renseigne sur une réaction immédiate de type I : présence d’immunoglobulines E (IgE) spécifiques déjà fixées sur les cellules cutanées. L’acte est rapide et sensible, mais il expose, très rarement, à une anaphylaxie ; d’où sa réalisation exclusivement par un praticien entraîné

Patch tests

Lorsque l’on suspecte une allergie professionnelle ou cosmétique, on applique sur le haut du dos des cupules contenant de faibles quantités de substances de référence ou de produits apportés par le patient. Les pastilles restent sous occlusion quarante-huit heures ; la première lecture s’effectue à H 48, puis une seconde à H 72 ou H 96, parfois jusqu’à J 7 pour certains métaux ou conservateurs. La réaction typique associe rougeur, œdème et petites vésicules exactement sous la chambre testée ; elle traduit une hypersensibilité retardée à médiation cellulaire (lymphocytes T), distincte du mécanisme IgE. L’examen explore donc les allergènes responsables d’eczémas chroniques plutôt que d’urticaires fulgurantes.

Intradermoréaction de l'allergène

Lorsque les prick-tests restent négatifs mais que le contexte clinique est évocateur — choc après piqûre de guêpe, éruption sous antibiotique — l’allergologue choisit l’IDR. Un très petit volume (0,02–0,03 mL) d’allergène dilué est injecté dans le derme ; si la réponse est absente, la concentration est augmentée par paliers jusqu’à obtention d’une papule au moins cinq millimètres plus large que l’injection initiale, sans dépasser la dose maximale prédéfinie. La lecture se fait vingt minutes après chaque étape. L’IDR offre une sensibilité supérieure au prick-test mais s’accompagne d’un risque systémique accru, justifiant la surveillance médicale stricte.

Prise de sang : dosage sérologique des IgE spécifiques

Lorsqu’une pathologie cutanée empêche les tests cutanés ou lorsque les résultats ne concordent pas avec la clinique, le laboratoire mesure, sur échantillon sanguin, la concentration d’IgE dirigées contre un panel d’allergènes. Aucune préparation n’est nécessaire ; les antihistaminiques n’interfèrent pas avec la mesure. Le résultat, exprimé en unités kU/L, étaye l’attribution d’un symptôme à un allergène donné, tout en permettant un suivi longitudinal : une décroissance des IgE signe souvent une tolérance acquise. La spécificité est excellente, mais des faux positifs persistent ; l’interprétation se fait donc toujours en miroir de l’anamnèse et, si besoin, d’un test de provocation contrôlée.

Quelles sont les solutions naturelles pour soulager les symptômes des allergies ?

En attendant de connaître précisément l'allergène, certaines solutions naturelles viennent améliorer le confort quotidien :

Quelle routine adopter en cas d'allergie ?

Voici une proposition de routine si vous êtes sujet aux allergies : 

  1. Vérifier le risque pollinique dès le matin et adapter les activités.

  2. Effectuer un lavage nasal au sérum physiologique avant et après chaque sortie.

  3. Vaporiser l’hydrolat de camomille romaine sur le visage au retour.

  4. Se doucher et changer de vêtements dès l’arrivée à la maison.

  5. Aérer la chambre avant l’aube et traiter textiles et matelas avec un spray anti-acarien toutes les deux semaines.

Recettes associées

Gélules confort allergies saisonnières

Ingrédients avec balance

Préparation

1

Remplissez les gélules taille 00 avec le MSM, à l'aide du gélulier.

Stockez vos gélules dans une boite hermétique à l’abri de la lumière et chaleur. TENIR LES GELULES HORS DE PORTEE DES ENFANTS.

Réservé à l'adulte.

Éviter de prendre du MSM pendant la grossesse ou l’allaitement, en cours de traitement de chimiothérapie ou en cas de troubles rénaux. * Conservation : bien conservé et fabriqué dans des conditions d'hygiène optimales, votre produit pourra se conserver au moins 1 mois.

Précaution d’usage

Les solutions naturelles décrites ne remplacent pas un traitement médical. Respecter les dosages, conserver les hydrolats au réfrigérateur et demander un avis professionnel en cas de pathologie atopique sévère.

Conseil de l’expert

Réaliser un test d'allergie dès les premiers symptômes récurrents, tenir un carnet d’exposition puis combiner éviction ciblée et solutions naturelles bien calibrées : cette approche intégrée réduit l’impact quotidien sans multiplier les médicaments.

En savoir plus

Peut-on réaliser un test d'allergie sous traitement antihistaminique ?

Les antihistaminiques, qu’ils soient de première ou de seconde génération, neutralisent localement l’action de l’histamine. Or le principe même du prick test repose sur la libération de cette molécule par les mastocytes cutanés : si l’histamine est bloquée, l’éruption papuleuse ne se forme pas, donnant un résultat artificiellement négatif. Les sociétés savantes recommandent donc d’interrompre toute prise au moins cinq jours—trois pour les molécules à courte demi-vie—avant la séance. Ce délai correspond au temps nécessaire pour que la concentration plasmatique devienne négligeable et que la réactivité de la peau retrouve sa sensibilité habituelle. En pratique, l’allergologue vérifie la date de la dernière prise ; si le patient ne peut pas suspendre le traitement (urticaire sévère, travail en atmosphère allergénique), le rendez-vous est reprogrammé ou remplacé par un dosage sérologique.

Quelle est la fiabilité du dosage des IgE spécifiques ?

Le dosage sérologique mesure la quantité d’immunoglobulines E dirigées contre un allergène donné. Sa spécificité approche 95 % : un résultat élevé, surtout en présence de symptômes typiques, renforce fortement la présomption diagnostique. Sa sensibilité, en revanche, reste inférieure à celle du prick test ; un taux bas n’exclut pas toujours la maladie, notamment lorsque la réaction dépend d’une protéine native absente du réactif in vitro. Il garde toute son utilité chez les personnes qui ne peuvent pas suspendre les antihistaminiques, qui présentent un eczéma étendu ou qui reçoivent des bêtabloquants—situations où les tests cutanés seraient faussés ou dangereux. Son intérêt réside aussi dans le suivi : une décroissance progressive après immunothérapie signale souvent l’acquisition d’une tolérance. L’allergologue interprète donc l’analyse en miroir de l’histoire clinique et, si besoin, confronte le tout à un test de provocation contrôlée.

À partir de quel âge peut-on faire un test d'allergie à l’arachide ?

Chez le nourrisson présentant un risque accru—eczéma sévère précoce, antécédent familial de réaction immédiate, première ingestion déjà symptomatique—le prick test à l’arachide peut être réalisé dès l’âge de six mois. Avant cet âge, l’épaisseur cutanée et la maturation immunitaire limitent la portée de l’examen, mais le laboratoire peut, si la situation l’exige, doser les IgE spécifiques sur un simple prélèvement sanguin. Entre six mois et trois ans, l’allergologue inclut systématiquement l’arachide, le lait de vache, l’œuf et le poisson dans sa batterie d’extraits ; cette approche précoce permet soit de confirmer l’allergie et d’instaurer une éviction raisonnée, soit de rassurer la famille lorsque le test reste négatif. La règle d’or demeure la confrontation entre le résultat, parfois modéré, et la réalité clinique : une papule de 4 mm ne justifie pas la même stratégie qu’un choc anaphylactique documenté.

Zoom sur notre rédactrice pharmacienne et docteure en biologie moléculaire, Stéphanie LE GUILLOU

Stéphanie est pharmacienne (depuis 2010) et docteure en biologie moléculaire (depuis 2012). Passionnée de rédaction, elle écrit des contenus médicaux depuis près de 15 ans. Son objectif est de rendre accessible et compréhensible les informations, sans jamais perdre en justesse scientifique.

Bibliographie

1

ameli.fr

Comment se déroule un bilan allergologique ? Février 2025.