Quelle est la différence entre une dermatite atopique ou séborrhéique ?

Quelle est la différence entre une dermatite atopique ou séborrhéique ?


Par Camille Clément

Publié le: jeudi 12 octobre 2023, Mis à jour le: mercredi 30 septembre 2026

Lecture: 3 min

La dermatite atopique et la dermatite séborrhéique sont deux dermatoses inflammatoires qui peuvent provoquer des rougeurs, des démangeaisons et des squames. Elles présentent toutefois plusieurs différences :

Sommaire

Produits associés

En bref

  • La dermatite atopique est généralement associée à une peau sèche et sensible, accompagnée de démangeaisons parfois intenses, tandis que la dermatite séborrhéique touche surtout les zones riches en sébum, comme le cuir chevelu, les sourcils, les ailes du nez ou le contour des oreilles, avec des squames souvent grasses et parfois jaunâtres.

  • La localisation et l’aspect des lésions constituent de bons indices pour différencier ces deux types de dermatite, dont l’origine et la prise en charge sont également différentes.

  • En cas de doute, de symptômes persistants ou d’aggravation, il est recommandé de consulter un professionnel de santé afin d’obtenir un diagnostic adapté.

Dermatite atopique ou séborrhéique : quelles définitions ?

Qu’est-ce que la dermatite atopique ?

La dermatite atopique, aussi appelée eczéma atopique, est une maladie inflammatoire chronique et récidivante de la peau. Elle est liée à plusieurs mécanismes associant une prédisposition génétique, une altération de la barrière cutanée et un dérèglement de la réponse immunitaire [1,2]. La peau est généralement sèche et sensible, avec des poussées d’eczéma responsables de rougeurs et de démangeaisons. La maladie débute le plus souvent dans l’enfance, mais peut persister ou parfois apparaître à l’âge adulte [1,2].

Qu’est-ce que la dermatite séborrhéique ?

La dermatite séborrhéique, également appelée dermite séborrhéique, est une dermatose inflammatoire chronique qui évolue par poussées. Elle touche préférentiellement les régions riches en glandes sébacées, notamment le cuir chevelu, certaines zones du visage et le haut du thorax [3,4].

Son origine est multifactorielle. Les levures du genre Malassezia, naturellement présentes sur la peau, semblent participer au processus inflammatoire, mais leur présence ne suffit pas à expliquer la maladie. Le sébum, la réponse immunitaire, le microbiote et l’intégrité de la barrière cutanée interviennent également [3-5].

Quelles sont les caractéristiques ?

Comment reconnaître une dermatite atopique ?

Les manifestations varient selon l’âge et l’intensité des poussées, mais plusieurs caractéristiques sont fréquentes [1,2] :

  • Une peau sèche : la barrière cutanée retient moins efficacement l’eau, ce qui favorise la sécheresse et la sensibilité ;

  • Des démangeaisons importantes : le prurit est l’un des signes caractéristiques et peut parfois perturber le sommeil ;

  • Des plaques rouges : elles peuvent être rugueuses, présenter de petites vésicules, suinter lors d’une poussée aiguë puis former des croûtes ;

  • Une peau qui s’épaissit parfois : lorsque les lésions persistent et sont régulièrement grattées, une lichénification peut apparaître ;

  • Des localisations variables avec l’âge : le visage et les faces externes des membres sont fréquemment concernés chez le nourrisson, tandis que les plis des coudes et des genoux deviennent des localisations caractéristiques chez l’enfant. Chez l’adulte, le visage, le cou, les plis et les mains peuvent être touchés ;

  • Une évolution par poussées : les périodes inflammatoires alternent avec des phases d’accalmie.

Une peau simplement sèche ou déshydratée ne signifie donc pas nécessairement qu’une dermatite atopique est présente.

Comment reconnaître une dermatite séborrhéique ?

La dermite séborrhéique présente généralement un aspect différent [3,4,7] :

  • Des plaques rouges et squameuses : leurs contours sont souvent peu nets ;

  • Des squames caractéristiques : elles sont fréquemment fines, grasses et jaunâtres, même si elles peuvent parfois être plus sèches et blanchâtres ;

  • Des zones riches en sébum : le cuir chevelu, les sourcils, l’espace entre les sourcils, les ailes du nez, les sillons nasogéniens, les oreilles et le haut du thorax sont particulièrement concernés ;

  • Des démangeaisons variables : elles sont fréquentes, mais leur intensité peut différer d’une personne à l’autre ;

  • Des sensations de brûlure ou de picotement : elles peuvent accompagner les lésions, notamment sur le visage ;

  • Une évolution récidivante : les lésions peuvent disparaître puis revenir lors de nouvelles poussées.

Les squames grasses ne sont toutefois pas présentes dans tous les cas. L’aspect clinique et la localisation des plaques doivent être considérés ensemble pour orienter le diagnostic.

Comment différencier la dermatite atopique de la dermatite séborrhéique ?

Ces deux maladies peuvent se chevaucher sur certaines zones, notamment le visage et le cuir chevelu. Le tableau suivant rassemble les différences les plus fréquentes [1-7].

Critère

Dermatite atopique

Dermatite séborrhéique

Aspect des lésions

Plaques rouges, sèches, rugueuses, parfois vésiculeuses ou suintantes pendant les poussées

Plaques rouges souvent mal délimitées recouvertes de squames

Squames

Sécheresse et desquamation possibles, sans caractère gras typique

Souvent fines, grasses et jaunâtres, parfois blanches et plus sèches

Démangeaisons

Très fréquentes et souvent importantes

Fréquentes mais d’intensité variable

Zones habituelles

Visage chez le nourrisson, plis des coudes et des genoux chez l’enfant, visage, cou, plis et mains chez l’adulte

Cuir chevelu, sourcils, ailes du nez, sillons nasogéniens, oreilles, barbe et haut du thorax

Mécanismes et facteurs associés

Altération de la barrière cutanée, prédisposition génétique, dérèglement immunitaire et facteurs environnementaux

Interaction entre sébum, réponse inflammatoire, barrière cutanée, microbiote et Malassezia

Terrain

Terrain atopique personnel ou familial fréquent

Pas nécessairement de terrain atopique

Besoins principaux

Préserver la barrière cutanée avec des soins émollients et traiter l’inflammation lors des poussées selon la prescription médicale

Nettoyer sans irriter, utiliser une hydratation adaptée et traiter les poussées avec les traitements spécifiques prescrits, notamment antifongiques lorsque cela est indiqué

La dermatite atopique du visage peut parfois ressembler à une dermite séborrhéique. Un terrain atopique, une atteinte des plis et des démangeaisons chroniques importantes orientent davantage vers un eczéma atopique [1,3,7]. À l’inverse, des squames grasses concentrées autour des sourcils, du nez ou sur le cuir chevelu sont plus évocatrices d’une dermite séborrhéique [3,7].

Quelle routine naturelle pour accompagner la peau sèche de la xérose cutanée ?

Les soins suivants sont destinés à accompagner le confort d’une peau sèche ou sensible.

Quels gestes adopter au quotidien en cas de xérose cutanée ?

Un émollient est un soin appliqué sur la peau pour l’assouplir, renforcer sa fonction barrière et limiter la perte d’eau. Son application régulière constitue le geste central de la prise en charge d’une xérose, en association avec une toilette peu agressive [3,6] :

  1. Raccourcir la toilette : limitez les douches ou les bains à quelques minutes et utilisez une eau tiède plutôt que très chaude.

  2. Nettoyer avec douceur : choisissez un produit lavant doux, sans savon alcalin ni parfum si la peau est réactive, et réservez-le aux zones qui en ont besoin.

  3. Sécher sans frotter : tamponnez doucement la peau avec une serviette propre afin de ne pas accentuer l’irritation.

  4. Appliquer un émollient : utilisez-le juste après la toilette, sur une peau encore légèrement humide, puis renouvelez l’application selon les besoins et, pour le visage, sélectionnez une texture adaptée à cette zone.

  5. Protéger la peau : portez des gants lors des contacts avec l’eau ou les détergents et évitez la laine directement sur les zones sensibles.

  6. Limiter les irritants : espacez les gommages et introduisez les nouveaux actifs un par un afin d’identifier plus facilement une mauvaise tolérance.

  7. Garder une alimentation équilibrée : aucun aliment ni complément alimentaire ne traite à lui seul la xérose, et boire au-delà de ses besoins ne compense pas une barrière cutanée altérée.

Qui peut être touché par ces dermatites ?

Qui peut être concerné par la dermatite atopique ?

La dermatite atopique peut concerner tous les âges, mais elle débute le plus souvent pendant la petite enfance [1,2]. Chez de nombreux enfants, les manifestations diminuent progressivement avec l’âge. Elles peuvent néanmoins persister à l’adolescence ou à l’âge adulte, et des formes débutant à l’âge adulte existent également.

Un terrain familial atopique augmente la probabilité de développer la maladie. L’asthme, la rhinite allergique ou d’autres manifestations atopiques peuvent également être présents chez la personne concernée ou dans sa famille [1,2].

Qui peut être concerné par la dermatite séborrhéique ?

La dermatite séborrhéique peut elle aussi apparaître à différents âges. Une première forme est observée chez le nourrisson pendant les premières semaines ou les premiers mois de vie, sous la forme classique des « croûtes de lait ». Une autre forme touche les adolescents et les adultes, avec une fréquence plus importante chez les jeunes adultes [3,4].

Elle semble plus fréquente chez les hommes. La dermite séborrhéique est également plus fréquente chez les personnes immunodéprimées et chez celles atteintes de certaines maladies neurologiques. Chez les personnes immunodéprimées, notamment celles vivant avec le VIH, elle peut être plus sévère, plus étendue et plus résistante aux traitements [3,7]. Une dermite séborrhéique d’apparition récente, très étendue, atypique ou résistante aux traitements habituels justifie un avis médical.

Précautions d'emploi

Une dermatite atopique ou séborrhéique ne peut pas être diagnostiquée avec certitude à partir de la seule présence de rougeurs ou de squames. Consultez un médecin ou un dermatologue si les lésions sont étendues, persistantes, très inflammatoires, douloureuses, suintantes, proches des yeux ou si leur origine reste incertaine.

N’appliquez pas d’huiles essentielles, de produits parfumés, exfoliants ou fortement irritants sur une peau inflammatoire ou lésée. Un produit naturel peut également provoquer une irritation ou une réaction allergique. Lors d’une poussée diagnostiquée, les soins cosmétiques ne doivent pas retarder l’utilisation du traitement recommandé par le professionnel de santé.

Conseil de l'expert

Pour différencier les deux affections, regardez surtout l’ensemble du tableau : localisation des lésions, aspect des squames, intensité des démangeaisons et présence éventuelle d’un terrain atopique. Une peau très sèche avec des démangeaisons chroniques et une atteinte des plis évoque davantage une dermatite atopique, tandis que des plaques squameuses autour du nez, des sourcils et du cuir chevelu orientent davantage vers une dermite séborrhéique. Certaines formes se ressemblent cependant beaucoup, notamment sur le visage : en cas de doute, l’examen médical reste la meilleure façon de les distinguer.

Zoom sur notre rédactrice : Camille Clément

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Camille s’est spécialisée en rédaction de contenus sur les thématiques de la beauté, la santé et le bien-être au naturel. Passionnée par ces sujets, elle rédige pour de grands médias des articles pour aider chacun à prendre soin de lui de manière naturelle et holistique.

Bibliographie

  1. Ronjat, L., & Staumont-Sallé, D. (2025, 20 avril). Tout savoir sur la dermatite atopique. Dermato-INFO. https://dermato-info.fr/tout-savoir-sur-la-dermatite-atopique

  2. Sigg, N., Leducq, S., Barbarot, S., Staumont, D., Ertus, C., Hurson, C., Lachaume, N., Lannoy, D., Mille, B., Payot, F., Penso-Assathiany, D., Proux, E., Reynaud, V., Zukervar, P., Foureau, A., Guillot, B., Chosidow, O., & Doutre, M.-S. (2025). Recommandations françaises pour la prise en charge de la dermatite atopique. Annales de Dermatologie et de Vénéréologie – FMC, 5(8), 493–533. https://doi.org/10.1016/j.fander.2025.09.003

  3. Ly, S., & Ronjat, L. (2026, 17 juin). Tout savoir sur la dermite séborrhéique. Dermato-INFO. https://dermato-info.fr/tout-savoir-sur-la-dermite-seborrheique

  4. Rau, A., Silva, G. S., Margolis, D. J., & Chiesa Fuxench, Z. C. (2024). Adult and infantile seborrheic dermatitis: Update on current state of evidence and potential research frontiers. International Journal of Dermatology, 63(11), 1495–1502. https://doi.org/10.1111/ijd.17324

  5. Chang, C. H., & Chovatiya, R. (2024). More yeast, more problems? Reevaluating the role of Malassezia in seborrheic dermatitis. Archives of Dermatological Research, 316(4), 100. https://doi.org/10.1007/s00403-024-02830-7

  6. Turchin, I., Albrecht, L., Hanna, S., Kyritsis, D., Loo, W. J., Lynde, C. W., Prajapati, V. H., Purdy, K., Rochette, L., Wiseman, M., Wong, D., Yadav, G., Yeung, J., & Gooderham, M. (2025). Current understanding of seborrheic dermatitis: Treatment options. Journal of Cutaneous Medicine and Surgery, 29(4 Suppl.), 24S–36S. https://doi.org/10.1177/12034754251368824

  7. Turchin, I., Albrecht, L., Hanna, S., Kyritsis, D., Loo, W. J., Lynde, C. W., Prajapati, V. H., Purdy, K., Rochette, L., Wiseman, M., Wong, D., Yadav, G., Yeung, J., & Gooderham, M. (2025). Current understanding of seborrheic dermatitis: Presentation, diagnosis, and special populations. Journal of Cutaneous Medicine and Surgery, 29(4 Suppl.), 16S–23S. https://doi.org/10.1177/12034754251368828

  8. Acevedo-Fontanez, L. A., Sánchez-Feliciano, A., Ershadi, S., Reichenberg, J., Eichenfield, L. F., & Barbieri, J. S. (2026). Periorificial dermatitis: Pathophysiology, diagnosis, and management. Journal of the American Academy of Dermatology, 94(5), 1483–1492. https://doi.org/10.1016/j.jaad.2025.10.138

Questions fréquentes

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