Quels sont les aliments à éviter en cas de dermite séborrhéique ?

Quels sont les aliments à éviter en cas de dermite séborrhéique ?


Par Lauréna Valette

Publié le: vendredi 08 décembre 2023, Mis à jour le: mercredi 30 septembre 2026

Lecture: +4 min

La dermite séborrhéique est une dermatose inflammatoire qui évolue généralement par poussées. L’alimentation suscite de nombreuses interrogations chez les personnes concernées, mais aucun lien causal entre un aliment particulier et l’apparition de la dermite séborrhéique n’est actuellement établi. Les recherches disponibles suggèrent néanmoins des associations avec certains profils alimentaires, la consommation d’alcool ou encore le statut de certains micronutriments. Ces données restent insuffisantes pour définir un régime spécifique ou une liste universelle d’aliments à supprimer. [1]

Sommaire

Produits associés

En bref

  • Aucun aliment n’est systématiquement interdit en cas de dermite séborrhéique, car les données actuelles ne permettent pas d’identifier une liste d’aliments responsables des poussées ni d’établir un lien de cause à effet avec l’alimentation occidentale, une charge glycémique élevée ou la consommation d’alcool.

  • Les évictions systématiques du gluten, des produits laitiers, des agrumes ou des aliments épicés ne sont donc pas justifiées, et une alimentation variée incluant fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes, fruits à coque et sources d’acides gras insaturés reste à privilégier.

  • Aucune vitamine ni supplémentation n’a démontré une efficacité suffisante pour être recommandée spécifiquement contre la dermite séborrhéique, même si certaines études évoquent des différences de statut en vitamine D, vitamine E ou zinc.

Qu'est-ce qu'une dermite séborrhéique ?

La dermite séborrhéique est une dermatose inflammatoire chronique ou récidivante qui touche principalement les zones riches en glandes sébacées, notamment le cuir chevelu, les sourcils, les ailes du nez, les oreilles, la barbe et parfois le haut du thorax. Elle entraîne généralement l’apparition de rougeurs ou d’une modification de la couleur de la peau, associées à des squames, de petites lamelles de la couche superficielle de l’épiderme qui se détachent. Elles peuvent être blanches ou jaunâtres, fines ou plus grasses, avec parfois des démangeaisons. La dermite séborrhéique peut ressembler au psoriasis, mais celui-ci forme généralement des plaques plus épaisses et mieux délimitées. Les deux peuvent aussi être associés : on parle alors parfois de sébopsoriasis. [2,3]

 

Dermite séborrhéique

Psoriasis

Nature

Dermatose inflammatoire chronique ou récidivante

Maladie inflammatoire chronique

Aspect habituel

Rougeurs ou modification de la couleur de la peau, avec squames blanches ou jaunâtres parfois grasses

Plaques généralement bien délimitées, épaisses et squameuses

Zones fréquentes

Cuir chevelu, sourcils, ailes du nez, oreilles, barbe, haut du thorax

Cuir chevelu, coudes, genoux, région lombaire, mais de nombreuses autres zones peuvent être touchées

Démangeaisons

Possibles, d’intensité variable

Possibles, d’intensité variable

Évolution

Poussées entrecoupées de périodes d’amélioration

Poussées entrecoupées de périodes d’amélioration

Association possible

Peut coexister avec un psoriasis sous une forme appelée sébopsoriasis

Peut coexister avec une dermite séborrhéique

Diagnostic

Le plus souvent clinique

Le plus souvent clinique

Quelles sont les causes de la dermite séborrhéique ?

Une origine multifactorielle

La cause exacte de la dermite séborrhéique reste imparfaitement comprise. Plusieurs éléments semblent intervenir conjointement, notamment le sébum, certaines levures naturellement présentes sur la peau, la réponse inflammatoire individuelle et le fonctionnement de la barrière cutanée. [2,4]

Les levures du genre Malassezia

Les levures du genre Malassezia font partie du microbiote cutané, c’est-à-dire de l’ensemble des micro-organismes naturellement présents sur la peau. Elles se développent volontiers dans les régions riches en lipides. Chez les personnes atteintes de dermite séborrhéique, une réponse particulière de la peau à ces levures semble participer au phénomène inflammatoire. Leur présence est toutefois normale et ne suffit pas, à elle seule, à expliquer la dermatose. [2,4]

Le sébum et la barrière cutanée

Le sébum est une substance lipidique produite par les glandes sébacées. La dermite séborrhéique concerne principalement des régions où ces glandes sont nombreuses, sans pour autant correspondre à un simple excès de sébum. Des modifications de l’environnement lipidique et de la barrière cutanée pourraient également intervenir. [2]

Certains facteurs peuvent favoriser les poussées

Les manifestations peuvent fluctuer au cours du temps. Le stress, le froid, un climat sec ainsi que certains produits irritants font partie des facteurs fréquemment associés aux poussées. La dermite séborrhéique est également plus fréquente ou parfois plus marquée dans certaines maladies neurologiques et chez les personnes présentant une immunodépression. Il s’agit de facteurs associés et non d’une cause unique de la dermatose. [2,4]

Quels sont les liens entre la dermite séborrhéique et l'alimentation ?

Les recherches consacrées à l’alimentation restent limitées. Une revue systématique publiée en 2024 n’a identifié que 13 études répondant à ses critères, avec des méthodologies très différentes. Les auteurs ont notamment retrouvé des associations entre dermite séborrhéique et alimentation de type occidental, consommation régulière d’alcool ou concentrations sanguines de certains micronutriments. Ils soulignent toutefois la nécessité de disposer d’études prospectives et interventionnelles avant de pouvoir formuler des recommandations nutritionnelles spécifiques. [1]

Une étude transversale portant sur plus de 4 000 personnes a par ailleurs observé qu’une consommation plus élevée de fruits était associée à une fréquence moindre de dermite séborrhéique. Un profil alimentaire occidental était associé à une fréquence plus élevée chez les femmes, mais pas chez les hommes. Là encore, ces résultats mettent en évidence des associations statistiques et ne permettent pas de conclure qu’un aliment prévient ou provoque une poussée. [5]

Quels sont les aliments à éviter en cas de dermite séborrhéique ?

Aucun aliment ne doit être supprimé systématiquement du seul fait d’une dermite séborrhéique. Certaines catégories alimentaires ont toutefois été associées à la maladie ou rapportées comme des déclencheurs possibles dans quelques études :

  • L’alcool : plusieurs études incluses dans une revue systématique de 2024 ont retrouvé une association entre consommation régulière d’alcool et dermite séborrhéique. Ces résultats ne démontrent toutefois pas que l’alcool provoque directement les poussées. [1]

  • Les aliments à forte charge glycémique : une étude cas-témoins portant sur 49 personnes atteintes de dermite séborrhéique et 40 témoins a observé une charge glycémique alimentaire plus élevée chez les participants atteints, ainsi que chez ceux présentant les formes les plus sévères. Le faible effectif et la méthodologie de l’étude ne permettent pas d’établir un lien de cause à effet. [6]

  • Une alimentation de type occidental : une étude observationnelle a retrouvé une association entre ce profil alimentaire et la dermite séborrhéique chez les femmes uniquement. Elle ne permet pas d’identifier un aliment particulier comme responsable des poussées. [5]

  • Les plats épicés, les aliments sucrés ou frits : dans une étude publiée en 2023, certains participants déclaraient les associer à une aggravation de leurs symptômes. Ces résultats reposent sur des perceptions individuelles et ne prouvent pas que ces aliments déclenchent la dermatose. [7]

  • Les produits laitiers : ils ont également été cités comme déclencheurs par une minorité des participants à cette étude. Les données disponibles ne justifient pas leur exclusion systématique. [7]

  • Les agrumes : l’étude de 2023 illustre la difficulté à établir des recommandations universelles : certains participants les associaient à une aggravation de leurs symptômes, tandis que d’autres rapportaient au contraire une amélioration. [7]

  • Le gluten : les données disponibles ne permettent pas de recommander un régime sans gluten spécifiquement en cas de dermite séborrhéique.

Comment identifier un aliment potentiellement déclencheur ?

Si vous remarquez qu’un même aliment semble précéder à plusieurs reprises une poussée ou une aggravation de vos symptômes, vous pouvez noter vos observations dans un carnet alimentaire, en tenant également compte d’autres facteurs susceptibles d’influencer la dermite séborrhéique. Une réaction isolée ne suffit pas à établir un lien.

Si cette association se répète, discutez-en avec un professionnel de santé. Une éviction ciblée et limitée dans le temps, suivie d’une réintroduction progressive, peut éventuellement aider à vérifier si l’aliment joue réellement un rôle. Évitez en revanche de supprimer simultanément plusieurs familles alimentaires, au risque de déséquilibrer inutilement l’alimentation et de rendre plus difficile l’identification du véritable facteur déclencheur.

Quels aliments privilégier en cas de dermite séborrhéique ?

Aucun régime alimentaire n’a démontré qu’il permettait de prendre en charge spécifiquement la dermite séborrhéique. En l’absence de recommandation nutritionnelle propre à cette dermatose, les repères alimentaires destinés à la population générale constituent une base adaptée. Santé publique France recommande notamment d’augmenter la consommation de fruits et légumes, de légumes secs et de fruits à coque non salés, et de privilégier les féculents complets. [8]

  • Des fruits et légumes variés : ils apportent notamment fibres, vitamines et minéraux. La consommation de fruits a été associée à une fréquence moindre de dermite séborrhéique dans une étude observationnelle, sans démonstration d’un effet protecteur direct. [5]

  • Des légumineuses : lentilles, pois chiches, haricots secs ou fèves contribuent à diversifier les apports en protéines végétales et en fibres.

  • Des céréales complètes : pain complet, riz complet, pâtes complètes ou autres céréales peu raffinées permettent de varier les sources de glucides.

  • Des fruits à coque non salés : noix, noisettes, amandes ou pistaches apportent notamment des acides gras insaturés.

  • Des sources d’acides gras oméga-3 : poissons gras, noix ainsi que certaines huiles végétales telles que l’huile de colza ou de noix participent aux apports en acides gras polyinsaturés. Pour aller plus loin, découvrez les sources d’Oméga-3.

  • Une place limitée pour les produits très sucrés : cette approche correspond aux recommandations nutritionnelles générales. Les données disponibles ne permettent toutefois pas d’affirmer qu’elle réduit directement les poussées de dermite séborrhéique. [6,8]

H3 : Quelle vitamine pour la dermite séborrhéique ?

Aucune supplémentation vitaminique n’a démontré à ce jour une efficacité suffisante pour être recommandée spécifiquement dans la dermite séborrhéique. Certaines études incluses dans une revue systématique ont observé des concentrations sanguines plus faibles de vitamine D et de vitamine E chez les personnes atteintes. Des différences ont également été décrites pour le zinc, qui est un minéral et non une vitamine. [1]

Ces résultats mettent en évidence des associations, mais ne démontrent ni qu’un déficit est responsable de la dermatose ni qu’une supplémentation permet d’en réduire les manifestations. Les auteurs de la revue soulignent justement la nécessité de mener des études interventionnelles sur la vitamine D, la vitamine E et le zinc avant de tirer des conclusions. [1]

Quelle routine naturelle pour accompagner la peau sèche de la xérose cutanée ?

Les soins suivants sont destinés à accompagner le confort d’une peau sèche ou sensible.

Quels gestes adopter au quotidien en cas de xérose cutanée ?

Un émollient est un soin appliqué sur la peau pour l’assouplir, renforcer sa fonction barrière et limiter la perte d’eau. Son application régulière constitue le geste central de la prise en charge d’une xérose, en association avec une toilette peu agressive [3,6] :

  1. Raccourcir la toilette : limitez les douches ou les bains à quelques minutes et utilisez une eau tiède plutôt que très chaude.

  2. Nettoyer avec douceur : choisissez un produit lavant doux, sans savon alcalin ni parfum si la peau est réactive, et réservez-le aux zones qui en ont besoin.

  3. Sécher sans frotter : tamponnez doucement la peau avec une serviette propre afin de ne pas accentuer l’irritation.

  4. Appliquer un émollient : utilisez-le juste après la toilette, sur une peau encore légèrement humide, puis renouvelez l’application selon les besoins et, pour le visage, sélectionnez une texture adaptée à cette zone.

  5. Protéger la peau : portez des gants lors des contacts avec l’eau ou les détergents et évitez la laine directement sur les zones sensibles.

  6. Limiter les irritants : espacez les gommages et introduisez les nouveaux actifs un par un afin d’identifier plus facilement une mauvaise tolérance.

  7. Garder une alimentation équilibrée : aucun aliment ni complément alimentaire ne traite à lui seul la xérose, et boire au-delà de ses besoins ne compense pas une barrière cutanée altérée.

Comment accompagner la dermite séborrhéique de la peau et du cuir chevelu ?

La peau atteinte de dermite séborrhéique est facilement irritée. Les gestes quotidiens visent donc avant tout à préserver son confort et à limiter les facteurs irritants, en complément d’une prise en charge dermatologique lorsqu’elle est nécessaire. [9,10]

  1. Nettoyez la peau avec douceur : utilisez un nettoyant bien toléré et évitez de frotter les zones squameuses. [9]

  2. Évitez d’arracher les squames : gratter ou décoller mécaniquement les plaques peut accentuer l’irritation cutanée.

  3. Privilégiez des soins bien tolérés : les produits contenant de l’alcool ou certains produits parfumés peuvent être irritants chez les peaux sensibles. [9]

  4. Rincez soigneusement la peau et les cheveux : les résidus de produits nettoyants peuvent accentuer l’irritation. [9]

  5. Adaptez les soins du cuir chevelu : de simples pellicules et une dermite séborrhéique plus marquée ne nécessitent pas toujours la même approche. Des shampooings spécifiques peuvent être proposés dans le cadre de la prise en charge. [10]

  6. Repérez vos facteurs personnels de poussée : stress, froid, climat sec, transpiration ou soins irritants peuvent favoriser les manifestations chez certaines personnes. [9]

  7. Demandez un avis médical en cas de persistance : des plaques résistantes, étendues ou atypiques nécessitent parfois un examen afin de confirmer le diagnostic et d’écarter notamment un psoriasis ou une autre dermatose. [10]

Précautions d’emploi

Un avis médical est recommandé lorsque les lésions sont étendues, très inflammatoires, douloureuses, suintantes, persistantes ou difficiles à identifier. Une atteinte importante des paupières ou une chute de cheveux inhabituelle justifie également une consultation. Les cosmétiques mentionnés dans cet article visent le confort et le soin de la peau et ne remplacent pas une prise en charge dermatologique adaptée. Respectez par ailleurs les précautions propres à chaque produit.

Avant toute première utilisation, réalisez un test cutané sur une petite zone de peau et attendez 48 heures afin de vérifier l’absence de réaction. Respectez également les précautions d’emploi propres à chaque produit et cessez son utilisation en cas d’irritation ou d’aggravation des symptômes.

Conseil de l’expert

Avant de supprimer un aliment de votre alimentation, cherchez à savoir si le lien observé est réellement reproductible. Une poussée survenant après un repas peut aussi coïncider avec une période de stress, le froid, un changement de cosmétique ou simplement l’évolution spontanée de la dermatose. Noter pendant quelque temps les repas, les soins utilisés et l’évolution de la peau peut aider à repérer d’éventuelles répétitions. Une éviction prolongée de plusieurs familles alimentaires mérite d’être discutée avec un professionnel de santé afin d’éviter des restrictions inutiles.

Zoom sur notre rédactrice : Lauréna Valette

Lauréna Valette

Lauréna est journaliste-rédactrice dans les thématiques lifestyle, bien-être et psycho. Entre deux articles, elle voyage pour découvrir le monde et ce qu'il a à nous apprendre.

Bibliographie

[1] Woolhiser, E., Keime, N., Patel, A., Weber, I., Adelman, M., & Dellavalle, R. P. (2024). Nutrition, obesity, and seborrheic dermatitis: Systematic review. JMIR Dermatology, 7, e50143. https://doi.org/10.2196/50143

[2] DermNet. (2024). Seborrhoeic dermatitis. https://dermnetnz.org/topics/seborrhoeic-dermatitis

[3] American Academy of Dermatology Association. (2022). Seborrheic dermatitis: Signs and symptoms. https://www.aad.org/public/diseases/a-z/seborrheic-dermatitis-symptoms

[4] American Academy of Dermatology Association. (2022). Seborrheic dermatitis: Causes. https://www.aad.org/public/diseases/a-z/seborrheic-dermatitis-causes

[5] Sanders, M. G. H., Pardo, L. M., Ginger, R. S., Kiefte-de Jong, J. C., & Nijsten, T. (2019). Association between diet and seborrheic dermatitis: A cross-sectional study. Journal of Investigative Dermatology, 139(1), 108–114. https://doi.org/10.1016/j.jid.2018.07.027

[6] Semiz, Y., & Aktaş, E. (2025). Investigating the role of dietary glycemic factors and antioxidant capacity, metabolic status, and oxidative stress in seborrheic dermatitis: A case-control study. Journal of the American Academy of Dermatology, 92(3), 503–510. https://doi.org/10.1016/j.jaad.2024.10.078

[7] Alshaebi, M., Zahed, L., Osaylan, M., Sulaimani, S., Albahlool, A., Abduljabbar, M. H., & Hariri, J. (2023). Association between diet and seborrheic dermatitis: A case-control study. Cureus, 15(11), e48782. https://doi.org/10.7759/cureus.48782

[8] Delamaire, C., Escalon, H., & Noirot, L. (2019). Recommandations relatives à l’alimentation, à l’activité physique et à la sédentarité pour les adultes. Santé publique France. https://www.santepubliquefrance.fr/nutrition-et-activite-physique/documents/rapport-synthese/recommandations-relatives-a-l-alimentation-a-l-activite-physique-et-a-la-sedentarite-pour-les-adultes

[9] American Academy of Dermatology Association. (2022). Seborrheic dermatitis: Self-care. https://www.aad.org/public/diseases/a-z/seborrheic-dermatitis-self-care

[10] American Academy of Dermatology Association. (2024). Seborrheic dermatitis: Diagnosis and treatment. https://www.aad.org/public/diseases/a-z/seborrheic-dermatitis-treatment

Questions fréquentes

Questions fréquentes