La distinction entre l'ortie commune (grande ortie) et l'ortie piquante (ortie brûlante) repose principalement sur leur taille et leur intensité urticante. La grande ortie (Urtica dioica) est une plante plus haute, pouvant atteindre jusqu'à 1,5 mètre, et est souvent utilisée pour ses propriétés médicinales et culinaires. En revanche, l'ortie piquante (Urtica urens), plus petite, provoque une réaction urticante plus forte au toucher, d’où son nom. Bien qu’elle soit également utilisée en phytothérapie, son contact avec la peau est généralement plus irritant que celui de la grande ortie.
Les bienfaits et utilisations de l'Ortie
Longtemps considérée comme une mauvaise herbe, l’ortie est aujourd’hui remise à sa juste place. Derrière ses feuilles piquantes se cache une plante étonnamment riche en nutriments et en composés bioactifs. Utilisée depuis des siècles en phytothérapie comme en cuisine, elle suscite un intérêt croissant pour ses usages variés, du confort articulaire à la vitalité globale.
Mais quels sont réellement les bienfaits de l'Ortie ? Comment cueillir cette plante et l'utiliser sans se tromper ? On vous explique.

Qu'est-ce que l'Ortie ?
L’Ortie est une plante vivace appartenant à la famille des Urticacées, largement répandue dans les régions tempérées du globe. Originaire d’Eurasie, elle s’est progressivement implantée dans de nombreux environnements, avec une prédilection pour les zones riches en azote comme les sols fertiles, les friches ou les bords de chemins.
Définition
Son nom provient du latin urtica, lui-même dérivé du verbe urere, qui signifie « brûler ». Une référence directe à la sensation caractéristique provoquée par ses poils urticants : au contact de la peau, ceux-ci libèrent un liquide irritant responsable de picotements immédiats.
Longtemps perçue comme une plante envahissante, l’Ortie est aujourd’hui reconsidérée pour sa richesse nutritionnelle remarquable. Elle concentre notamment des protéines végétales, des minéraux (fer, magnésium) ainsi que des vitamines (C, B, K), ce qui explique l’intérêt croissant qu’elle suscite à la fois en nutrition et en phytothérapie.
Où et quand le trouver ?
L’Ortie pousse spontanément dans de nombreux environnements, notamment dans les sols riches et humides. On la retrouve facilement dans les jardins, les sous-bois, les haies ou encore les zones en friche.
Sa récolte s’effectue principalement au printemps et en début d’été, lorsque les jeunes pousses sont les plus tendres et concentrées en nutriments. Une seconde récolte est parfois possible à l’automne.
Pour une cueillette de qualité, il est recommandé de privilégier des zones éloignées des sources de pollution (routes, zones industrielles) et de sélectionner des plants sains.
Les différentes espèces d'Ortie
L’Ortie regroupe deux espèces aux caractéristiques proches. Parmi les plus courantes, on retrouve :
La grande Ortie (Urtica dioica) : c’est l’espèce la plus répandue et la plus utilisée, aussi bien en phytothérapie qu’en alimentation. Plante vivace pouvant atteindre plus d’un mètre, elle pousse dans les sols riches en azote (jardins, friches, bords de chemins). Elle se distingue par sa richesse nutritionnelle : minéraux (fer, magnésium, calcium), vitamines (C, K, groupe B) et protéines végétales. C’est la référence en pratique : infusions, cuisine et soins capillaires
L'Ortie brûlante (Urtica urens) : Plus petite et annuelle, elle est souvent perçue comme plus irritante au toucher en raison de la densité de ses poils urticants. Sa composition est globalement proche de celle de la grande Ortie, mais elle est moins utilisée aujourd’hui, notamment car elle est moins abondante et moins étudiée. Elle reste toutefois exploitable dans les mêmes usages traditionnels.
En pratique, c’est presque exclusivement la grande Ortie (Urtica dioica) qui est utilisée dans les compléments alimentaires, les infusions du commerce et les préparations traditionnelles.
Quels sont les bienfaits de l'Ortie ?
L'Ortie est particulièrement riche en principes actifs. Ses feuilles contiennent des flavonoïdes, des composés phénoliques, des acides organiques, des vitamines et des sels minéraux. Ses racines renferment quant à elles des lectines, des polysaccharides, des stérols et des lignanes aux propriétés œstrogéniques faibles. Cette plante constitue par ailleurs une source intéressante de protéines et de chlorophylle.
Elle possède de nombreux bienfaits :
Action diurétique : les feuilles d’ortie sont traditionnellement utilisées pour favoriser l’élimination rénale en augmentant le volume des urines. Cet usage est reconnu en phytothérapie, participe au confort des voies urinaires (5)
Confort articulaire & musculaire / santé osseuse : grâce à leur richesse en minéraux (calcium, magnésium, silicium) et en composés bioactifs, les feuilles d’ortie sont traditionnellement utilisées pour soutenir le confort articulaire et musculaire
Équilibre cutané : les feuilles et les racines sont utilisées en phytothérapie pour accompagner les peaux à tendance grasse ou à imperfections
Santé capillaire : l'effet reminéralisant de l'Ortie permet aussi de soutenir la beauté des cheveux et des ongles
Système immunitaire : riche en vitamines, minéraux et composés antioxydants, l’ortie participe à la vitalité globale de l’organisme. Elle peut ainsi contribuer indirectement au bon fonctionnement du système immunitaire, dans le cadre d’une alimentation équilibrée
Système respiratoire : les recherches scientifiques ont démontré l'effet protecteur de l'Ortie sur l'asthme d'origine allergique (1 ; 2)
Circulation sanguine : elle offre des bienfaits vasorelaxants grâce à l'oxyde nitrique endothélial qu'elle produit et à l'ouverture des canaux de potassium (3).
Comment consommer et utiliser l'Ortie ?
Les feuilles et les parties aériennes de l’Ortie (Urtica dioica) font l’objet de plusieurs reconnaissances officielles en Europe (4). Elles sont notamment inscrites à la Pharmacopée européenne et à la Pharmacopée française, qui encadrent leur qualité, leur composition et leurs usages.
Leur emploi traditionnel est également documenté par les autorités de santé, notamment en France et en Allemagne, où des monographies précisent les conditions d’utilisation et les formes d’administration.
L’Ortie peut ainsi être utilisée de différentes façons, aussi bien par voie orale que par application locale, selon les besoins et les préférences.
En infusion
L’infusion de feuilles d’Ortie est l’un des usages les plus répandus. Elle consiste à verser de l’eau chaude sur les feuilles séchées, puis à laisser infuser quelques minutes. Cette préparation s’intègre facilement dans des routines saisonnières, notamment lorsque l’on cherche à accompagner en douceur les fonctions d’élimination de l’organisme.
L’infusion permet d’extraire une partie des composés hydrosolubles de la plante, comme certains minéraux et antioxydants.
Côté goût, elle offre une saveur végétale assez douce, proche de celle des épinards, avec une légère note herbacée. Elle se boit facilement seule, mais vous pouvez également l'associer à d’autres plantes pour créer des mélanges plus aromatiques ou complémentaires.
Elle se marie par exemple très bien avec :
Le Romarin : souvent utilisé dans les infusions de saison
La Menthe poivrée : qui apporte une touche de fraîcheur
Le Pissenlit : traditionnellement intégré dans les mélanges “détox”
La Bardane : fréquemment utilisée dans les routines dédiées à la peau.
En pratique, vous pouvez consommer 1 à 3 tasses par jour en cure ponctuelle, en l’intégrant dans une hygiène de vie globale.
En cuisine dans des recettes du quotidien
Une fois chauffée, l’Ortie perd son caractère urticant et peut être consommée comme un légume.
Elle s’intègre facilement dans l’alimentation quotidienne :
Soupes et veloutés
Quiches ou tartes salées
Pestos et sauces végétales
Jus ou préparations fraîches.
Cette forme permet de profiter de sa richesse nutritionnelle dans un cadre alimentaire pour varier vos assiettes et apporter une touche originale à vos préparations.
Sous forme de compléments ou de poudre
En phytothérapie, l’Ortie est également disponible sous forme de poudre, d’extraits secs ou de préparations standardisées. Ces formats permettent une prise plus concentrée et contrôlée, en lien avec les usages traditionnels documentés dans les pharmacopées et monographies européennes.
Ils sont généralement utilisés dans le cadre de routines ciblées et toujours en complément d’une alimentation équilibrée.
En usage externe pour ses bienfaits sur les cheveux
L’Ortie fait partie des plantes que l’on peut transformer en soins maison pour la peau et le cuir chevelu, grâce à ses usages traditionnels en application locale.
En France, selon le cahier n°3 de l’Agence du médicament (1998), son usage traditionnel inclut des applications externes, notamment dans des préparations destinées au cuir chevelu et à la peau.
Concrètement, elle s’utilise très facilement sous forme de poudre, à intégrer dans des soins maison. Mélangée à de l’eau chaude ou à une infusion, elle permet d’obtenir une pâte qui peut être appliquée en masque ou en cataplasme, directement sur la peau ou le cuir chevelu.
Elle peut aussi être incorporée dans des shampooings secs, en association avec d’autres poudres végétales, pour une utilisation simple au quotidien.
Autre option : préparer une infusion ou un macérat d’Ortie, qui servira ensuite de base dans des soins cosmétiques maison (lotions, gels, shampoings ou crèmes). Cela permet d’intégrer la plante de manière plus douce, dans une routine déjà existante.
Comment cueillir l'Ortie et la préparer ?
La cueillette de l’Ortie demande quelques précautions simples pour préserver ses qualités tout en évitant les désagréments liés à ses poils urticants.
Bonnes pratiques de cueillette
L’Ortie se récolte principalement au printemps et en début d’été, lorsque les jeunes pousses sont les plus tendres et concentrées en composés d’intérêt. À cette période, la plante est plus agréable à consommer et mieux adaptée aux usages en cuisine ou en infusion.
Dans une démarche responsable, il est essentiel de ne pas prélever l’ensemble des plants sur une même zone. L’idéal est de cueillir uniquement une partie des sommités, en laissant la plante poursuivre son cycle naturel. Cette pratique permet de préserver sa régénération, mais aussi l’équilibre de l’environnement dans lequel elle évolue.
On privilégie généralement les sommités, c’est-à-dire les feuilles situées en haut de la plante, plus fines et moins fibreuses. Il est également important de choisir des zones de cueillette préservées, éloignées des routes, des cultures traitées ou de toute source de pollution.
Pour éviter les piqûres liées aux poils urticants, quelques gestes simples suffisent :
Porter des gants lors de la récolte
Utiliser des ciseaux ou un couteau pour couper les tiges
Manipuler les feuilles dans le sens de la tige, ce qui limite le contact avec les poils urticants.
Bien préparer la plante avant utilisation
Une fois récoltée, l’Ortie doit être préparée correctement avant utilisation. Ses poils urticants, responsables de la sensation de brûlure au contact, sont facilement neutralisés par différentes transformations.
La chaleur est la méthode la plus courante : la cuisson, l’infusion ou le blanchiment suffisent à rendre la plante totalement inoffensive. Le séchage permet également de supprimer son caractère piquant, tout en facilitant sa conservation. Enfin, le fait de mixer ou d’écraser les feuilles détruit mécaniquement les poils urticants.
Avant toute utilisation, nous vous recommandons de rincer soigneusement les feuilles pour éliminer les impuretés. Les tiges les plus épaisses peuvent être retirées si nécessaire, notamment pour un usage culinaire. Une fois préparée, elle peut être utilisée immédiatement ou conservée sous forme séchée pour une utilisation ultérieure, notamment en infusion ou dans des préparations maison.
Précautions
L’Ortie peut causer des réactions allergiques chez les personnes sensibles, telles que l'urticaire, le prurit, l'œdème, l'oligurie et les douleurs gastriques. Elle est déconseillée aux femmes enceintes, et chez les enfants de moins de 12 ans en raison du manque d'études cliniques à ce sujet. Elle est également contre-indiquée aux personnes souffrant de troubles du cœur ou des reins. Nous vous recommandons de demander conseil à votre médecin en cas de doute.
Conseil de l'expert
Si le goût de l’infusion ne vous convient pas, vous pouvez essayer l’Ortie en jus ou en smoothie. Après avoir soigneusement lavé les jeunes feuilles, mixez-les avec des fruits comme la Pomme ou la Poire, et éventuellement un peu de Citron pour adoucir le goût. Pour une approche encore plus douce, l’utilisation d’un extracteur de jus est particulièrement intéressante : il fonctionne à basse vitesse, sans échauffement notable, ce qui permet de préserver au mieux les composés sensibles de la plante. Cette forme constitue une alternative simple pour profiter de sa richesse en micronutriments, notamment lors des changements de saison.
En savoir plus

Quelle est la différence entre l'Ortie et l'Ortie piquante ?

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Est-ce que l'ortie est bonne pour le diabète ?

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À ce jour, les données restent encore limitées et ne permettent pas de conclure à un bénéfice clinique établi. Elle peut s’intégrer dans une alimentation équilibrée, mais ne remplace en aucun cas un traitement médical ni un suivi adapté en cas de diabète.

Comment faire un shampoing solide à l'ortie en DIY ?

Comment faire un shampoing solide à l'ortie en DIY ?
Comment faire un shampoing solide à l'ortie en DIY ?
Pour réaliser un shampoing solide à l’Ortie, il est possible d’incorporer de la poudre d’Ortie dans une base de tensioactifs (comme le SCI), en y ajoutant éventuellement des huiles végétales et des poudres complémentaires (Argile par exemple). Le mélange est ensuite chauffé doucement, moulé puis laissé à durcir avant utilisation.

Comment faire un macérât huileux d'ortie pour le cuir chevelu ?

Comment faire un macérât huileux d'ortie pour le cuir chevelu ?
Comment faire un macérât huileux d'ortie pour le cuir chevelu ?
Le macérât huileux d’Ortie s’obtient en laissant macérer des feuilles séchées dans une huile végétale (comme l’huile d’olive ou de jojoba) pendant plusieurs semaines, à l’abri de la lumière, en remuant régulièrement, puis en filtrant la préparation pour récupérer l’huile enrichie.
Zoom sur notre rédacteur : Gipsy Dauge

Gipsy est diplômée de l’ESJ Paris. Après 10 ans d’expérience en presse généraliste et féminine, elle a décidé de s’orienter vers l’écriture de sujets santé et bien-être. Une certification de yin yoga en poche, elle marie désormais habilement la plume à son tapis de yoga. Son objectif va bien au-delà des simples mots. Son engagement est profond : aider les lecteurs à intégrer au quotidien de petites astuces qui les aident à prendre soin d'eux-mêmes et de leur environnement. Chaque mot est une invitation à adopter un mode de vie équilibré et épanouissant.
Bibliographie
1
Irani, M., Choopani, R., Esmaeili, S., Dargahi, T., Athari, S., & Athari, S. (2020). Effect of nettle seed on immune response in a murine model of allergic asthma. Revue Française D’allergologie, 60(5), 417–422.
https://doi.org/10.1016/j.reval.2020.03.007
2
Zemmouri, H., Sekiou, O., Ammar, S., Feki, A. E., Bouaziz, M., Messarah, M., & Boumendjel, A. (2017). Urtica dioica attenuates ovalbumin-induced inflammation and lipid peroxidation of lung tissues in rat asthma model. Pharmaceutical Biology, 55(1), 1561–1568.
https://doi.org/10.1080/13880209.2017.1310905
3
Testai, L., Chericoni, S., Calderone, V., Nencioni, G., Nieri, P., Morelli, I., & Martinotti, E. (2002). Cardiovascular effects of Urtica dioica L. (Urticaceae) roots extracts: in vitro and in vivo pharmacological studies. Journal of Ethnopharmacology, 81(1), 105–109.
https://doi.org/10.1016/s0378-8741(02)00055-7
4
Urticae folium - herbal medicinal product | European Medicines Agency (EMA). (2022, March 25). European Medicines Agency (EMA).
https://www.ema.europa.eu/en/medicines/herbal/urticae-folium
5
Ortie dioïque - Phytothérapie - VIDAL. (n.d.). VIDAL.
https://www.vidal.fr/parapharmacie/phytotherapie-plantes/ortie-dioique-urtica-dioica.html
6
Cahiers n°3 de L’Agence du médicament,
1998. AFFSSaPS
7
Utilisations de l’ortie-Urtica dioïca. (s. d.). HAL Id : Dumas-01232406.
https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01232406v1/file/DELAHAYE_Julien.pdf
8
Ortie dioïque - Phytothérapie - VIDAL. (n.d.). VIDAL.
https://www.vidal.fr/parapharmacie/phytotherapie-plantes/ortie-dioique-urtica-dioica.html
9
Said, A. a. H., Otmani, I. S. E., Derfoufi, S., & Benmoussa, A. (2016). Mise en valeur du potentiel nutritionnel et thérapeutique de l’ortie dioïque (Urtica dioïca L.). HEGEL - HEpato-GastroEntérologie Libérale, N° 3(3), 280.
https://doi.org/10.4267/2042/61406















