Le Mélampyre des champs est une plante herbacée annuelle appartenant à la famille des Orobanchacées, et anciennement classée dans les Scrophulariacées. Melampyrum arvense, de son nom latin, est originaire d'Europe et d'Asie occidentale où il pousse principalement dans les champs cultivés ou en friches, les prairies et les bords de chemins. Le nom Melampyrum vient du grec melas, « noir » et pyros « blé », d'où son surnom de Blé noir. Arvense signifie « champs ». Le genre Melampyrum contient une trentaine d'espèces.
Le Mélampyre a la particularité d'être hémiparasite. En effet ses feuilles assurent la fonction chlorophyllienne mais ses racines vampirisent la sève des plantes autour de lui, particulièrement celles de la famille des Poacées dont le blé fait partie. Ses graines se confondent d'ailleurs avec celles du blé à l'heure des moissons et donnent au pain des taches rouges à violettes. Si le Mélampyre des champs est considéré par certains comme une « mauvaise herbe », pour d'autres il est au contraire un moyen de freiner l'appétit des Poacées pour l'azote dont la famille appauvrit les sols. Il tend ainsi à contrebalancer le déséquilibre dans une forme d'interdépendance. Le Mélampyre des champs est également une plante pionnière qui colonise rapidement les sols déséquilibrés. Cela fait donc de lui une plante bio-indicatrice très intéressante. On le trouve dans de nombreux types de milieux, même en montagne ; il a cependant une préférence pour les sols plutôt secs et calcaires. Comme il a besoin de lumière et de chaleur, il est plus fréquent sur les pentes bien exposées dans la moitié nord de la France.
Un hôte unique
C'est une plante mellifère appréciée des insectes pollinisateurs, notamment d'une espèce de petit bourdon. Aussi, la Mélitée du mélampyre ou Damier Athalie, une espèce de papillon dont la population est en fort déclin, utilise le Mélampyre comme plante hôte pour ses larves. La présence du Mélampyre des champs est un bon indicateur de la qualité des sols et de la biodiversité d'un milieu.
Restauration de la biodiversité
Son utilisation dans les prairies et jardins de conservation vise à restaurer un écosystème équilibré. En diversifiant la flore, notamment en réduisant la dominance des graminées, sa présence contribue à améliorer la qualité de l'habitat pour une multitude d'insectes, attirés par ses ressources en pollen et nectar.
Historiquement, Melampyrum arvense a été utilisé dans la médecine populaire, bien que son usage soit aujourd'hui limité et trop peu documenté.














