Trop de vitamine D : quels sont les symptômes ?

Indispensable à la santé des os, au fonctionnement musculaire et au système immunitaire, la vitamine D joue un rôle clé dans l’organisme. Comme pour tout nutriment, un apport excessif peut toutefois perturber cet équilibre. Une supplémentation prolongée, un dosage inadapté ou certaines situations médicales peuvent conduire à un taux trop élevé dans le sang, appelé hypervitaminose D. Cette situation reste rare mais peut provoquer divers symptômes parfois gênants, voire graves si elle persiste. Maux de tête, troubles digestifs, fatigue inhabituelle… les signes sont parfois discrets et se confondent facilement avec d’autres troubles. Comprendre les causes possibles, savoir reconnaître les manifestations d’un excès de vitamine D et connaître les bons gestes pour y remédier permet d’agir rapidement tout en préservant sa santé.

Par Olivia Rabadan
Mis à jour le 27/08/2025Temps de lecture : +4 min.

Qu’est-ce qu'un excès de vitamine D ?

La vitamine D joue un rôle clé dans l’équilibre minéral de l’organisme. Elle participe à la régulation du calcium et du phosphore dans le sang, éléments essentiels au maintien de la solidité osseuse et au bon fonctionnement musculaire et immunitaire. L’excès de vitamine D, aussi appelé hypervitaminose D, correspond à un déséquilibre où la concentration sanguine de vitamine D dépasse les besoins physiologiques.

Cet excès survient généralement après une consommation trop importante ou prolongée de compléments alimentaires ou de médicaments fortement dosés, sans surveillance adaptée. Contrairement à une idée reçue, une exposition excessive au soleil ne provoque pas d’hypervitaminose D, car la production cutanée est autorégulée par l’organisme. De la même façon, l’utilisation de produits cosmétiques contenant de la vitamine D n’entraîne pas de risque d’excès, car cette voie d’application reste locale et ne modifie pas le taux sanguin. Les apports alimentaires eux, même riches en poissons gras, sont rarement suffisants pour causer un excès.

La vitamine D est dite « liposoluble », ce qui signifie qu’elle est stockée dans les graisses et le foie. Cette capacité de stockage explique pourquoi l’organisme peut accumuler un surplus, contrairement à d’autres vitamines hydrosolubles qui sont rapidement éliminées par les urines. Selon les recommandations de l’ANSES, l’apport journalier de référence pour un adulte est d’environ15 microgrammes (µg), soit 600 unités internationales (UI), et il est rarement nécessaire de dépasser ce seuil en dehors d’un suivi médical spécifique.

Sur le plan biologique, une concentration trop élevée de vitamine D stimule l’absorption intestinale du calcium au-delà des besoins, ce qui entraîne une accumulation progressive dans l’organisme. À long terme, cet excès de calcium (hypercalcémie) peut influencer non seulement la santé osseuse, mais aussi la fonction musculaire, rénale et cardiovasculaire. Identifier et comprendre ce mécanisme permet d’ajuster les apports afin de préserver un fonctionnement harmonieux de l’organisme.

Quelles peuvent être les causes d'un excès de vitamine D ?

Les causes d’un excès de vitamine D varient selon les situations et concernent généralement des apports trop importants ou, plus rarement, certaines particularités de santé. Elles peuvent être liées à l’environnement (compléments alimentaires, alimentation), au terrain personnel ou à des conditions médicales spécifiques.

Causes liées aux apports

L’excès de vitamine D provient le plus souvent d’une consommation trop élevée de compléments alimentaires. Ce surplus peut survenir lorsque les doses dépassent largement les recommandations officielles, surtout sur de longues périodes. Une alimentation très riche en aliments enrichis en vitamine D peut également contribuer à augmenter la concentration dans le sang, même si ce cas reste plus rare.

Chez les nourrissons et les jeunes enfants, la vigilance doit être renforcée car leurs besoins sont plus faibles que chez l’adulte. Un apport trop important, lié par exemple au cumul entre compléments alimentaires et préparations (laits) déjà enrichies, peut rapidement dépasser leurs besoins réels. Les autorités sanitaires rappellent l’importance de respecter les doses indiquées par le professionnel de santé et d’éviter de multiplier les sources.

Causes liées au terrain personnel

Certaines personnes présentent une sensibilité accrue à la vitamine D. Cela peut être lié à une prédisposition génétique qui influence la manière dont l’organisme métabolise cette vitamine. De même, les femmes enceintes et les personnes âgées peuvent y être plus sensibles en raison de leurs besoins spécifiques et d’une régulation différente du métabolisme du calcium.

Causes médicales spécifiques

Plus rarement, certains problèmes de santé ou traitements peuvent entraîner une augmentation excessive de la vitamine D dans le sang. C’est le cas par exemple de maladies rares, comme certaines affections granulomateuses (sarcoïdose, tuberculose), qui stimulent la production de vitamine D active dans l’organisme. Certains troubles rénaux ou hormonaux peuvent modifier la manière dont l’organisme métabolise ou élimine la vitamine D et le calcium, ce qui augmente le risque d’hypercalcémie. Enfin, un suivi médical impliquant l’utilisation de doses thérapeutiques élevées de vitamine D peut, en l’absence de surveillance adaptée, conduire à un excès. Dans toutes ces situations particulières, un contrôle régulier par un professionnel de santé est indispensable.

Quels sont les symptômes de trop de vitamine D ?

Les signes d’un excès de vitamine D peuvent apparaître progressivement et varient d’une personne à l’autre. Ils sont souvent liés à l’augmentation du taux de calcium dans le sang, conséquence directe d’un apport trop important de vitamine D. Cette hypercalcémie peut toucher plusieurs systèmes de l’organisme et provoquer des manifestations plus ou moins marquées. Ce lien direct avec le calcium explique que les symptômes peuvent toucher à la fois le système digestif, le système nerveux et les muscles et parfois même la peau.

Parmi les symptômes les plus fréquemment observés, on retrouve :

  • Fatigue inhabituelle et faiblesse musculaire : une sensation persistante de manque d’énergie, parfois accompagnée de douleurs ou de crampes.

  • Maux de tête : liés à la perturbation de l’équilibre hydrique et minéral.

  • Troubles digestifs : nausées, perte d’appétit, constipation ou crampes abdominales peuvent se manifester, parfois de manière alternée.

  • Soif intense et besoin urinaire accru : signe d’une surcharge en calcium pouvant solliciter les reins.

  • Douleurs osseuses : bien que la vitamine D participe à la solidité osseuse, un excès peut paradoxalement fragiliser certaines structures à long terme.

  • Troubles du sommeil : difficultés d’endormissement ou réveils nocturnes fréquents, parfois associés à une nervosité accrue.

Ces signes ne sont pas spécifiques et peuvent aussi être liés à d’autres déséquilibres. C’est pourquoi il est essentiel de consulter avant toute modification importante de ses apports, surtout si plusieurs de ces symptômes apparaissent simultanément. Seul un dosage sanguin, réalisé sur avis médical, permet de confirmer un excès de vitamine D. En attendant la consultation, adoptez une hydratation régulière et une alimentation équilibrée, sans excès de produits enrichis, pour soutenir l’organisme en douceur.

Quelles sont les solutions naturelles pour soulager les symptômes ?

Un excès de vitamine D peut parfois provoquer des sensations d’inconfort. Sans se substituer à un avis médical, certaines habitudes simples peuvent aider à soutenir l’organisme pendant la phase d’élimination.

  1. Boire régulièrement Augmenter légèrement l’apport hydrique, en privilégiant l’eau plate et les infusions douces (verveine, tilleul, rooibos), favorise le travail des reins et aide à maintenir un bon équilibre hydrique.

  2. Miser sur une alimentation légère et équilibrée Pendant quelques jours, limiter les sources alimentaires les plus riches en vitamine D (poissons gras, foie de morue, aliments enrichis) tout en mettant l’accent sur les fruits, légumes et céréales complètes pour soutenir le transit et l’apport en fibres.

  3. Bouger en douceur Une activité physique modérée, comme la marche ou le yoga, stimule la circulation et peut contribuer à un meilleur confort général, sans épuiser l’organisme.

  4. Offrir des moments de repos réparateurs Un sommeil de qualité favorise les processus naturels de régulation et aide à retrouver progressivement l’équilibre. Créer un rituel apaisant (lecture, respiration profonde, lumière tamisée) avant le coucher peut être bénéfique.

Comment prévenir un excès de vitamine D ?

Sans revendiquer d’effet thérapeutique, certaines habitudes simples peuvent contribuer à maintenir un équilibre optimal et à éviter les apports excessifs en vitamine D.

  1. Respecter les dosages recommandés Avant de commencer une supplémentation, s’appuyer sur les conseils d’un professionnel de santé et suivre scrupuleusement la dose indiquée sur la durée prescrite.

  2. Privilégier un suivi régulier En cas de prise prolongée, réaliser un dosage sanguin de vitamine D permet d’ajuster les apports et d’éviter un excès silencieux.

  3. Varier ses sources Miser sur un apport naturel via l’alimentation et une exposition modérée au soleil, en complément ou en alternance avec les compléments, aide à maintenir un équilibre plus harmonieux.

  4. Adapter selon les saisons et les besoins Réévaluer la supplémentation au printemps et en été, lorsque l’exposition solaire augmente, pour éviter les apports cumulés inutiles.Les personnes vivant dans des régions très ensoleillées peuvent parfois réduire, voire suspendre, leur supplémentation durant cette période, sous contrôle médical.

  5. Vérifier la forme et la concentration du complément choisi. Tous les compléments en vitamine D ne se valent pas. La vitamine D3 (cholécalciférol), la plus courante, n’a pas les mêmes dosages que la D2 (ergocalciférol). Lire attentivement les étiquettes, comparer les unités (UI) et demander conseil à un professionnel permet d’ajuster la prise au bon niveau et d’éviter un surdosage involontaire.

Conseil de l’expert

Dans certaines régions nordiques où le soleil se fait rare plusieurs mois par an, il était autrefois d’usage de consommer régulièrement de l’huile de foie de morue pour compenser le manque de vitamine D. Aujourd’hui, les compléments existent sous des formes plus agréables, mais le principe reste le même : adapter ses apports aux besoins réels. Avant d’envisager une supplémentation, même naturelle, il est toujours préférable de faire contrôler son taux par une prise de sang pour éviter tout excès inutile.

En savoir plus

Quels sont les signes d’un surdosage de vitamine D ?

Un excès de vitamine D peut se traduire par des symptômes variés comme une fatigue inhabituelle, des maux de tête, des troubles digestifs (nausées, diarrhées, perte d’appétit) ou une soif accrue. Ces signes, parfois discrets, justifient de consulter pour confirmer le lien avec un taux trop élevé.

Est-ce dangereux de trop prendre de vitamine D ?

En excès prolongé, la vitamine D peut entraîner une accumulation de calcium dans le sang (hypercalcémie), susceptible d’affecter le bon fonctionnement des reins, du cœur ou des os. Ce risque reste rare mais nécessite de respecter les doses recommandées et d’adapter les apports selon son profil.

Comment éliminer un surplus de vitamine D ?

La prise en charge dépend du taux mesuré et de l’origine de l’excès. Elle passe souvent par l’arrêt temporaire des compléments et, si besoin, par un ajustement alimentaire ou médical. Dans tous les cas, la surveillance doit être guidée par un professionnel de santé pour retrouver un équilibre sans carences.

Bibliographie

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