Le milieu hospitalier s’intéresse de plus en plus au pouvoir des odeurs et voit en l’olfactothérapie une perspective très intéressante pour réactiver la mémoire, le langage et les émotions des patients en service de neurologie souffrant de perte de l’odorat, et aussi de personnes âgées ou atteintes par la maladie d’Alzheimer. (¹)
Ainsi, depuis le début des années 2000, plusieurs hôpitaux proposent des ateliers olfactifs pour accompagner la rééducation de patients cérébro-lésés ou atteints de troubles cognitifs.
Lors de ces séances, des odeurs familières telles que celles du café, du pain grillé, du savon, des herbes ou épices… sont proposées à l’olfaction afin de déclencher un souvenir ou une émotion qui y seraient rattachés.
L’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (AP-HP) utilise ainsi la stimulation olfactive comme outil de rééducation neurologique pour les patients ayant subi un traumatisme crânien, un AVC ou un séjour prolongé en coma.
Pionnier, il a mis en place dès 2001 un atelier « Sentir pour mieux se souvenir » pour les patients du service de neurologie et de médecine physique et de réadaptation. Il a constitué une olfactothèque afin que les odeurs qui la composent jouent de rôle de déclencheurs pour stimuler la mémoire autobiographique (souvenirs de famille, de vacances, de travail…), relancer le langage, réactiver l’éveil et l’attention et redonner du plaisir sensoriel. (²)
L’olfactothérapie est aussi une piste très intéressante en gériatrie pour raviver les souvenirs et apaiser les troubles du comportement. La stimulation olfactive est ainsi proposée en EHPAD ou en services spécialisés dans le soin de seniors.
Il en ressort des résultats très positifs comme le déclenchement de souvenirs plus vivants et plus chargés émotionnellement que des stimuli visuels neutres, l’évocation de détails autobiographiques (lieux, personnes, situations) et une amélioration, du moins transitoire de l’humeur et le sentiment d’identité (« je me souviens que j’aimais…», « j’étais… », « j’allais … »). Mais aussi une diminution de l’agitation et l’anxiété et de certains troubles du comportement.
Tout en améliorant les relations avec le personnel soignant, l’olfactothérapie peut aussi dans certains cas permettre de réduire le recours à des psychotropes.