Un tendon est une structure fibreuse riche en collagène qui relie un muscle à un os et transmet la force nécessaire au mouvement. Le terme « tendinite » désigne littéralement une inflammation du tendon, mais cette appellation ne décrit pas toutes les douleurs tendineuses. Lorsque les symptômes persistent, les professionnels de santé parlent davantage de tendinopathie : le tendon présente alors des modifications de sa structure et une moindre tolérance à la charge, sans inflammation prédominante dans la majorité des cas (1, 2). La douleur apparaît généralement lors d’un mouvement actif, d’un effort contre résistance ou de la palpation du tendon. Une raideur, une diminution de la force ou une gêne fonctionnelle peuvent également être présentes.
Les mécanismes de la tendinite
Un tendon sain s’adapte progressivement aux contraintes mécaniques. Lorsque l’intensité, la fréquence ou le volume des sollicitations dépassent ses capacités d’adaptation, sa matrice extracellulaire se modifie. Les fibres de collagène peuvent se désorganiser, tandis que la composition du tendon et l’activité de ses cellules évoluent (1, 2). Une réaction inflammatoire peut participer aux premières phases ou à certaines poussées douloureuses. Dans une tendinopathie installée, les altérations observées relèvent cependant davantage d’un processus complexe de remodelage et de dégénérescence que d’une simple inflammation persistante. Cette distinction explique pourquoi un soin local présenté comme « anti-inflammatoire » ne suffit pas à restaurer les capacités mécaniques du tendon.
Les causes les plus fréquentes
Une tendinopathie apparaît souvent après une modification récente des contraintes imposées au tendon :
Une augmentation trop rapide de l’activité : reprise sportive, séances plus longues, hausse du nombre d’entraînements ou augmentation brutale des charges
Des gestes répétés : course, sauts, lancers, bricolage, jardinage, utilisation intensive d’une souris ou manutention professionnelle
Une récupération insuffisante : répétition des efforts sans temps d’adaptation suffisant entre les sollicitations
Une technique ou un matériel inadaptés : geste sportif mal maîtrisé, poste de travail contraignant, chaussures ou équipement peu adaptés
Certains facteurs individuels : l'âge, le diabète, un taux de cholestérol très élevé, la goutte ou certaines maladies rhumatismales peuvent augmenter la vulnérabilité tendineuse (1)
Certains médicaments : les antibiotiques de la famille des fluoroquinolones sont notamment associés à un risque de tendinopathie et de rupture tendineuse (1)
La cause reste parfois difficile à identifier. Une douleur localisée près d’une articulation peut également provenir d’une bourse séreuse, d’un muscle, d’une articulation ou d’un nerf, d’où l’intérêt d’un examen clinique lorsque les symptômes persistent.





















