Une carie dentaire est une infection provoquée par des bactéries présentes dans la bouche. Celles-ci se nourrissent des résidus alimentaires, notamment de sucre, et produisent des acides qui agressent l’émail, la couche protectrice des dents. Lorsque les dents se retrouvent en contact prolongé avec ces acides, cela provoque une déminéralisation progressive. Si aucun soin n’est apporté, l’infection peut conduire à des dommages irréversibles de la dent.
Une carie dentaire évolue en passant par quatre étapes :
L’attaque de l’émail
La propagation vers la dentine
L’atteinte de la pulpe dentaire
Le développement d’un abcès dentaire
Chaque phase nécessite des soins adaptés pour stopper l’évolution de la maladie. Plus la prise en charge est rapide, plus les chances de conserver la dent sont élevées.
Le début de la carie dentaire
Au premier stade d’une carie, les bactéries s’attaquent à l’émail, la couche externe de la dent. Cette période peut durer un certain temps et passe souvent inaperçue. En effet, lorsque la carie est superficielle, elle ne provoque généralement aucune douleur et n’est pas visible. Les parties de la dent le plus souvent atteintes sont les espaces interdentaires et les sillons des molaires, car ce sont des zones difficiles à nettoyer dans lesquelles les résidus alimentaires peuvent s’accumuler. L’un des premiers signes visibles peut être l’apparition d’une tache noire sur la surface de la dent. La carie est parfois détectée de manière précoce lors d’un contrôle chez le dentiste, grâce à un test thermique (application de froid) qui provoque une sensibilité sur la dent cariée.
La carie profonde
Si la carie n’est pas traitée à temps, les bactéries franchissent l’émail pour atteindre la dentine, la seconde couche de la dent. Celle-ci est traversée par de fines fibres nerveuses. La carie devient alors douloureuse, notamment lors du contact avec le froid, le chaud, ou des aliments sucrés ou acides. On peut également observer l’apparition d’une petite cavité qui s’est creusée dans la dent concernée. Ce signe indique une atteinte plus profonde, mais la dent peut encore être préservée, à condition d’agir rapidement.
La rage de dent
Lorsque l’infection progresse jusqu’à la pulpe dentaire (le centre de la dent), la douleur devient particulièrement intense. En effet, la pulpe est un tissu riche en vaisseaux sanguins et en nerfs. Cette douleur peut irradier jusqu’à la joue, la tempe ou la mâchoire. Dans ce cas-là, il est parfois difficile de savoir précisément de quelle dent provient l’infection. Le principal risque de la rage de dent est la nécrose du tissu pulpaire. Une consultation en urgence chez le dentiste est donc nécessaire.
L’abcès dentaire
À un stade avancé, la pulpe nécrosée peut entraîner la formation d’un abcès dentaire. Il s’agit d’une poche de pus logée à l’intérieur de la dent ou au niveau de la racine. Comme le pus ne peut pas s’évacuer, l’infection peut se propager aux tissus environnants. Elle peut par exemple provoquer une sinusite lorsqu’elle atteint les os du visage ou un gonflement de la face lorsque les tissus mous sont touchés. Les bactéries peuvent aussi se diffuser dans la circulation sanguine et lymphatique. Enfin, il arrive parfois qu’un canal se crée entre l’abcès et la gencive, provoquant une sorte de bouton à travers lequel le pus est expulsé. L’infection peut aussi être plus insidieuse et passer inaperçue. Elle devient alors chronique et peut provoquer la formation d’un granulome apical, une petite masse inflammatoire au niveau de la racine, qu’il est important de traiter. Un suivi régulier chez le dentiste permet de les repérer facilement.













