Aromathérapie familiale : renforcer l'immunité avec les huiles essentielles

L’immunité reflète la capacité à discerner le soi du non-soi (le toxique). De son bon fonctionnement dépend notre état de santé général, puisque le monde environnant est un ensemble d’éléments potentiellement dangereux pour le corps physique. Virus, bactéries, champignons, parasites, polluants phytosanitaires, métaux lourds, sont autant d’agressions toxiques pour l’organisme, qui aura plus ou moins la capacité de s’en protéger.

Temps de lecture : +4 min.

Un rempart qui s’effrite

Le fonctionnement de ce système vital peut s’altérer de différentes manières. Il peut s’emballer, et être à l’origine de phénomènes allergiques, au travers desquels l’organisme réagit de manière excessive à son environnement. Il peut aussi se dérégler et perdre sa capacité de discernement ; l’émergence des maladies auto-immunes pour lesquelles l’organisme s’autodétruit (alzheimer, polyarthrite rhumatoïde, sclérose en plaque, lupus…) en est le reflet. Dans certains cas, il peut aussi montrer des signes de faiblesse en laissant l’organisme désemparé face aux agressions extérieures, comme les mycoses chroniques, les infections bactériennes à répétition (rhinites, sinusites, cystites…). Manifestement, l’équilibre est subtil et fragile, car soumis à de multiples influences et à de rudes épreuves. Mauvaise alimentation et excès de sucres rapides et de laitages (ils entretiennent un niveau inflammatoire important, augmentent la perméabilité de l’intestin grêle et épuisent le système immunitaire), mauvaise qualité du sommeil (la nuit est le temps de recharge nécessaire), émotions refoulées, stress chronique (épuise les surrénales), manque d’activité physique… sont autant d’éléments devenus trop systématiques dans le quotidien. En plus d’une aide curative, il paraît donc important d’apporter une aide préventive à ce vaste système pour espérer éloigner la menace des pathologies en rapport avec l’immunité et à fortiori aussi celle de la maladie cancéreuse.

Consolider l'immunité naturelle par les plantes

La nature est douée d’une intelligence supérieure qu’il est bon de nous rappeler quelques fois pour nous mettre en confiance. Les essences aromatiques que nous offre la nature peuvent avoir un avenir dans le domaine de l’infectiologie et de l’immunité particulièrement prometteur. Une plante, qui est par nature immobile et donc vulnérable de par son incapacité à fuir en cas d’attaque par un prédateur (agression climatique, parasites, insectes ou animaux nuisibles), est pourtant douée d’un système de protection adapté et efficace pour lui assurer sa survie. Certains végétaux ont été dotés d’un certain talent, celui de synthétiser des molécules aromatiques. Ces molécules ont pour fonction première de protéger la plante, elles ont en quelque sorte un rôle immunitaire au sens originel du terme. Cette quintessence est restituée à l’Homme d’une manière authentique au travers des huiles essentielles.

Des huiles qui soutiennent et qui luttent

La nature n’est pas avare, elle nous offre bien des trésors. Notamment des huiles essentielles faciles à utiliser, c'est-à-dire qui présentent une meilleure tolérance cutanée et un risque hépatique moindre, et qui travaillent à la fois sur l’agent pathogène et sur l’immunité. En effet, certaines ont à la fois un large spectre antibactérien, de puissantes propriétés antivirales et même antifongiques (contre le candida) associées. Elles soutiennent aussi en parallèle activement la synthèse des anticorps responsables de la défense des muqueuses (IgA). Il y en a une en particulier qui rassemble toutes ces propriétés, celle de Palmarosa. Elle accompagne les pathologies ORL de l’enfance ou des adultes d’une manière agréable et efficace, et avec un profil plus doux. Elle fait donc bien souvent partie d’une synergie à visée immunitaire ou bien curative des pathologies infectieuses.

Huile essentielle de Palmarosa

Précautions : Ne pas utiliser chez les femmes enceintes et/ou allaitantes, et chez les enfants de moins de 6 ans. Eviter le contact avec les yeux et les muqueuses. Usage interne réservé au thérapeute. Risque d'intéractions médicamenteuses. Toujours diluer pour l'application cutanée.

Découvrir l'huile essentielle de Palmarosa

Thym, thymus : la nature nous parle

Il y a une plante qui porte le nom d’une des principales glandes de l’immunité chez l’Homme : le thym, thymus vulgaris. Il serait dommage de ne pas voir en cela un clin d'oeil de la nature. Le thymus se situe au milieu du thorax, à l’endroit que l’on désigne lorsque l’on se désigne, ce même endroit sur lequel Tarzan tape en même temps qu’il pousse son cri de reconnaissance. Cette glande en rapport avec l’identité, garde une grande part de mystère de par ses fonctions « d’éducation thymique » pour les anticorps qui, sans un passage par le thymus, ne sont pas efficaces. Mystérieuse aussi du fait de son fonctionnement en pleine activité pendant l’enfance, et qui se met en veille à l’âge adulte pour se réveiller à l’âge sénior. Au sein du genre botanique Thymus, on rencontre de multiples espèces biochimiques différentes. Chacune de ces huiles essentielles de thym (voir encadré sur les chémotypes) a un potentiel anti-infectieux et immunomodulant puissant. Il est particulièrement recommandé d’avoir recours à l’une ou l’autre lorsque l’organisme est assiégé par une infection. Le choix sera fonction de la nature de l’infection, mais aussi de la sensibilité du sujet.

Huile essentielle de Thym à linalol

Précautions : Ne pas utiliser chez la femme enceinte et allaitante et chez les enfants de moins de 6 ans. Eviter le contact avec les yeux et les muqueuses. Tenir hors de portée des enfants. Usage interne à doses limitées et sur courtes durées, sur conseil d'un thérapeute. A forte dose, peut provoquer des irritations sur la peau.

Découvrir le Thym a linalol bio

Le chémotype : une identité biochimique à préciser

L’aromathérapie est une discipline qui soulève des peurs de par les risques toxiques qu’elle peut présenter. Pour s’en affranchir, il est important d’avoir un minimum de connaissances en la matière et d’avoir un mettre mot : la précision. En phytothérapie, on parle volontiers de tisane de romarin, de thym ou de sauge, la provenance ou la sous-espèce de la plante n’est pas un élément qui influence l’activité thérapeutique finale. Par contre, en aromathérapie, les actifs thérapeutiques sont des concentrés aromatiques obtenus par distillation de la plante. Leur nature, leurs proportions, sont influencées d’une manière très sensible par le biotope du végétal (altitude, climat, ensoleillement, sol, …). Ainsi, un thym pourra fournir des biochimies aromatiques différentes selon son lieu de culture

Thujanol (antibiotique, antiviral, immunomodulant)? Linalol ? Thymol ou Saturéoïdes (anti-infectieux hors pair)? Géraniol (antifongique et antibactérienne)? Autant de races biochimiques différentes appelées chémotypes qu’il est nécessaire de préciser, car il en découle différentes propriétés, qualités vibrationnelles et donc différentes indications thérapeutiques et risques toxiques. Le thym à linalol, à la différence du thymol ou du saturéoïdes, est bien toléré sur la peau, son activité phare porte bien sur l’immunité ; il est aussi antibactérien, antivirale, antifongique et même antiparasitaire. Il opère une garde rapprochée de l’organisme. Ses propriétés olfactives parlent aussi à la sphère émotionnelle, elles sauront parler à l’enfant blessé (de plus de 6 ans), l’aider à retrouver sa propre identité quand celle-ci aura été meurtrie pendant l’enfance.

Chaque thym a ses propres précautions d'emploi à respecter.

Des molécules particulièrement immunomodulantes

Il existe une molécule aromatique particulièrement répandue dans bon nombre d’huiles essentielles, c’est celle de cinéole, aussi appelé eucalyptol. Cet oxyde aromatique, présent par exemple dans les huiles essentielles d’eucalyptus radié, ravintsare, romarin à cinéole, myrte verte, … confère des propriétés mucolytiques, expectorantes et particulièrement immunomostimulantes. Plus exactement, le terme le plus approprié est immunomodulante. Parce qu’en effet, d’un organisme à un autre, les effets ne sont pas forcément liés à la stimulation mais quelques fois à la modération ou tout au moins à la réharmonisation de l’ensemble des populations d’anticorps. Les huiles essentielles sont d’ailleurs la plupart du temps dans ce sens de la régulation, lorsqu’elles travaillent sur les grands systèmes (nerveux, cardiovasculaire, digestif, …) . Si certaines d’entre elles tonifient et que d’autres calment, il y en a toujours dans le juste milieu pour ramener l’équilibre et l’harmonie. Entre autres, le ravintsare est doué de ces propriétés sur le système immunitaire mais aussi nerveux. Elle propose donc un véritable recadrage de l’organisme car le système nerveux étant le chef d’orchestre du corps tout entier, il est important de rétablir ou d’assurer un bon équilibre nerveux pour espérer avoir une bonne immunité.

Avant un vaccin : soutenir et détoxifier l’organisme par les huiles essentielles

La vaccination est obligatoire pour certaines pathologies (diphtérie, choléra, tétanos, poliomyélite) ou vivement conseillée pour certains sujets ou certaines situations. L’aromathérapie peut être présente dans ces moments d’éducation immunitaire pour qu’ils se déroulent dans les meilleures conditions possibles. Soutien hépatique (éliminer les toxines contenues dans le vaccin), soutien immunitaire, soutien du tonus général sont possibles avec une synergie aromatique bien choisie (voir la formule de l'expert : synergie "avant-vaccin"). Ceci n'est pas valable pour les enfants de moins de 6 ans, les femmes enceintes ou allaitantes, ainsi que les personnes atteintes de pathologies concomitantes et/ou sous traitements.

Les formules de l'expert

Synergie "immuno-modulante" 

Propriétés

immuno-modulation et soutien de la synthèse des anticorps.

1ml équivaut à 35 gouttes Dans un flacon en verre teinté de 10 ml, muni d’un codigoutte, déposer les huiles essentielles selon le nombre de gouttes indiqué, refermer et agiter. 

Usage

faire le traitement pendant 3 semaines puis arrêt. Renouveler 3 semaines si besoin dans la saison froide. Voie cutanée et sublinguale sont à associer selon l’intensité du problème. 

Voie cutanée : à faire pénétrer sur le thorax et le haut du dos.

  • Adultes et enfants de plus de 6 ans : 5 à 6 gouttes diluées dans 3 à 4 gouttes d’huile végétale de noyau d’abricot ; 3 fois par jour.

Voie sublinguale (à partir de 5 ans seulement) :

  • Enfants de 6 ans à 12 ans : 2 gouttes diluées dans un peu de miel, de sirop de fruit ou de compote, 2 fois par jour.

  • Enfants de plus de 12 ans et adultes : 3 gouttes diluées sur le support souhaité (miel, huile de lin, mie de pain), 3 fois par jour.

Indications

prévention ou traitement des déficiences immunitaires, des infections virales (EBV, CMV, VIH, VHB, varicelle, zona, herpès), bactériennes (angine, lyme, infections nosocomiales), mycosiques récidivantes ou aiguës, dérèglement immunitaire comme l’allergie, les maladies auto-immunes.

Précautions 

Cette synergie est déconseillée chez les femmes enceintes ou allaitantes, les enfants de moins de 6 ans et les personnes insuffisantes rénales. La présence de molécules hormone-like fait qu'elle doit être évitée sans avis médical en cas de pathologie hormono-dépendante. Le Ravintsara pris par voie orale peut avoir des interactions possibles avec les médicaments (en raison de sa teneur en 1,8-cinéole, qui a un effet inducteur sur certaines enzymes). Un avis médical est requis en cas de traitement médicamenteux.

Les formules de l'expert

Synergie "avant vaccin"

Propriétés

Soutien hépatique (éliminer les toxines contenues dans le vaccin), soutien immunitaire, soutien du tonus général.

1ml équivaut à 35 gouttes Dans un flacon en verre teinté de 10 ml, muni d’un codigoutte, déposer les huiles essentielles selon le nombre de gouttes indiqué, refermer et agiter.

Usage

une semaine avant la vaccination, prendre 3 gouttes (adultes et enfants de plus de 12 ans) ou 2 gouttes pour les enfants de 5 à 12 ans), deux fois par jour sur un support adapté (une cuillère de sirop, ou de compote, ou d’huile de lin, …). A poursuivre pendant les 15 jours suivants.

Précautions 

Cette synergie est déconseillée chez les femmes enceintes ou allaitantes, les enfants de moins de 6 ans et les personnes insuffisantes rénales. La présence de molécules hormone-like fait qu'elle doit être évitée sans avis médical en cas de pathologie hormono-dépendante. Le Ravintsara pris par voie orale peut avoir des interactions possibles avec les médicaments (en raison de sa teneur en 1,8-cinéole, qui a un effet inducteur sur certaines enzymes). Un avis médical est requis en cas de traitement médicamenteux.

Précautions

Les huiles essentielles sont des concentrés naturels puissants. Bien se référer aux utilisations prévues et précautions d’emploi, sur chacune des fiches techniques. Conservez-les dans un flacon adapté, en verre, et à l’abri de la lumière et de l’air. Tenir hors de portée des enfants. Ne pas utiliser chez la femme enceinte ou allaitante, ni chez les enfants de moins de 6 ans. Éviter le contact avec les yeux et les muqueuses. Consultez la fiche générale des précautions relatives aux huiles essentielles ainsi que la fiche spécifique à chaque huile essentielle.

L’expert : Aude Maillard, Docteur en Pharmacie, Aromathérapeute et Réflexologue

Praticienne et diplômée en aromathérapie scientifique, réflexologie plantaire et olfactothérapie, Aude Maillard a une approche très complète des huiles essentielles, à la fois scientifique et énergétique. C’est aussi et avant tout une passionnée des huiles essentielles avide de transmettre son savoir. Aude Maillard anime aujourd’hui des ateliers d’Aromathérapie Aroma-Zone et est également à votre disposition pour des consultations personnalisées : pour davantage d’informations, connectez-vous sur www.aude-maillard.fr

Bibliographie

1

Huiles essentielles : Mise en garde et précautions d'utilisation