Un retard de règles est souvent un signe d’une grossesse, mais il peut arriver de vivre un retard de règles sans être enceinte, pour des causes non liées à l'appareil reproductif. Tour d'horizon des facteurs possibles :
Absence de règles et arrêt de pilule
Après l’arrêt de la pilule, les cycles menstruels et les règles sont censés reprendre à leur rythme habituel. Cela étant dit, le corps doit rétablir son équilibre hormonal naturel, une période d'adaptation pendant laquelle il est courant d'observer des cycles irréguliers et des règles plus ou moins abondantes.
En général, ces ajustements sont temporaires et le cycle menstruel se régularise dans les mois suivant l'arrêt de la pilule. Si cette aménorrhée dure plus d'un mois, nous vous conseillons d'en parler à votre médecin (généraliste ou gynécologue). À noter : certaines pilules contraceptives font diminuer les saignements, qui peuvent même ne plus se produire au bout de quelques mois ou années de prise.
Absence de règles et stress
Choc émotionnel (perte d'un proche, séparation...), changement de mode de vie important (déménagement, arrivée d'un enfant, prise en main d'un nouveau poste...), soucis professionnels ou personnels (difficultés au boulot ou à la maison, problèmes d'ordre financier ou médical...).
Quelle que soit sa cause, un niveau important de stress peut venir perturber le système hormonal de celui ou celle qui le subit au quotidien. Lorsqu'on est stressé(e), notre corps libère des hormones comme le cortisol et l'adrénaline qui peuvent interférer avec la production des hormones impliquées dans le cycle menstruel, tels que l'œstrogène et la progestérone. Ainsi, il a été démontré que le stress chronique affecte le fonctionnement du système reproducteur chez les femmes qui le vivent.
Absence de règles après un traumatisme
Qu'il soit physique ou émotionnel, un traumatisme peut perturber les règles en raison de son impact sur le système hormonal et nerveux. Le stress généré entraîne une libération d'hormones de stress comme le cortisol, qui vient perturber l'équilibre hormonal nécessaire au fonctionnement du cycle menstruel.
Ainsi, il n'est pas rare de voir des cycles perturbés chez des femmes qui ont vécu un évènement traumatisant comme un décès brutal, un divorce ou une agression. Le retour des règles survient lors de l’amélioration de l’état psychique, qui peut nécessiter un suivi médical.
Absence de règles et troubles alimentaires
L'arrêt des règles est un symptôme courant parmi les femmes, et surtout les jeunes filles, souffrant d’anorexie ou de boulimie. Ce symptôme s'accompagne en général de restriction alimentaire, de perte de poids et parfois d'hyperactivité physique.
Dans le cas de l'anorexie, la restriction calorique entraîne généralement une perte de poids significative, ce qui peut perturber la production d'hormones comme les œstrogènes. Cette baisse peut interférer avec le fonctionnement normal du cycle menstruel, entraînant des menstruations irrégulières voire une absence de règles.
La boulimie, caractérisée par des épisodes de suralimentation suivis de comportements compensatoires (vomissement, abus de laxatifs), aboutit à un déséquilibre nutritionnel et des fluctuations de poids qui peuvent perturber les hormones liées au fonctionnement du cycle.
Absence de règles et pratique sportive intensive
Chez une femme très sportive, l’apport nutritionnel par l’alimentation est souvent insuffisant par rapport à la dépense énergétique. L'aménorrhée s’installe à cause de cette insuffisance de masse graisseuse du corps, qui entraîne une carence en oestrogènes et une diminution de la densité osseuse. On observe souvent ce phénomène dans les sports d'endurance, les sports "esthétiques" (patinage artistique, gymnastique) et les sports à catégorie de poids (judo, boxe...). À ce phénomène peut s'ajouter un niveau de stress important.
En général, la solution réside dans une prise de poids (de masse graisseuse et non de masse musculaire).
Absence de règles et périménopause
Avant la ménopause, vous pouvez vivre une période appelée "périménopause" qui survient chez une femme quand cette dernière approche de la fin de sa période reproductive, entre 45 et 50 ans. La cause principale ? Une carence grandissante de progestérone, l'une des principales hormones féminines. Voici les signes qui indiquent que vous entrez peut-être dans la phase de "périménopause" :
Vous avez entre 45 et 50 ans (sauf si cas de ménopause précoce)
Vos règles sont irrégulières
Vous ressentez un syndrome prémenstruel notable (humeur irritable, seins douloureux...)
Vous subissez de premières bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes.
Ces symptômes peuvent durer jusqu'à ce que vos règles s’arrêtent définitivement. Survient alors la ménopause, lorsque cesse la production d’ovules et la sécrétion hormonale d'estrogènes et de progestérone. Vous vous reconnaissez dans ces symptômes ? N'hésitez pas à en parler à votre médecin (généraliste ou gynécologue) lors d’une prochaine consultation.