Toutes les réactions au soleil ne se manifestent pas de la même manière. Le terme « allergie au soleil » regroupe plusieurs troubles cutanés qui diffèrent par leur origine, leur délai d'apparition, leurs manifestations et leur durée. Certaines sont très fréquentes, tandis que d'autres restent beaucoup plus rares.
La lucite estivale bénigne
La lucite estivale bénigne est la forme la plus fréquente d'allergie au soleil. Elle apparaît généralement lors des premières expositions importantes de l'année, au printemps ou au début de l'été, lorsque la peau n'est pas encore habituée aux rayons ultraviolets. Les UVA semblent jouer un rôle majeur dans son apparition. Cette réaction concerne principalement les personnes ayant une peau claire, même si elle peut toucher tous les phototypes. Les premiers signes apparaissent le plus souvent entre 12 et 72 heures après l'exposition. De petits boutons rouges, parfois regroupés en plaques légèrement en relief, s'accompagnent de démangeaisons plus ou moins importantes. Le décolleté, les épaules, le haut du dos, les bras et les jambes sont les zones les plus fréquemment touchées, alors que le visage est souvent épargné. En l'absence de nouvelle exposition solaire, les lésions disparaissent généralement spontanément en quelques jours. Selon leur intensité, elles peuvent toutefois persister jusqu'à une quinzaine de jours.
La lucite polymorphe
La lucite polymorphe est une affection plus rare, liée à une réaction anormale de la peau face aux rayons ultraviolets. Son nom provient de la diversité des lésions qu'elle peut provoquer : petits boutons, plaques rouges, papules ou parfois petites vésicules. Contrairement à la lucite estivale bénigne, cette réaction peut apparaître après une exposition solaire relativement courte et toucher des zones habituellement découvertes, comme le visage, le cou ou le dos des mains. Les lésions s'accompagnent souvent de démangeaisons, d'une sensation de brûlure ou d'inconfort. Elles peuvent apparaître quelques heures à plusieurs jours après le passage au soleil. Elles régressent progressivement lorsque la peau n'est plus soumise aux rayons UV, mais peuvent persister plusieurs jours et réapparaître lors de nouvelles périodes d'ensoleillement.
L'urticaire solaire
L'urticaire solaire est une forme beaucoup plus rare, mais également plus spectaculaire. Elle correspond à une réaction d'hypersensibilité immédiate déclenchée par les rayons ultraviolets ou, plus rarement, par certaines longueurs d'onde de la lumière visible. La peau présente rapidement des plaques rouges en relief, comparables à celles observées lors d'un épisode d'urticaire classique. Ces lésions s'accompagnent généralement de démangeaisons intenses, d'une sensation de chaleur ou de brûlure et parfois d'un léger gonflement de la peau. Dans la majorité des cas, les symptômes disparaissent spontanément dans les minutes ou les heures qui suivent l'arrêt de l'exposition. En revanche, chez certaines personnes, des réactions plus importantes peuvent apparaître lorsque la surface de peau exposée est étendue. Une consultation médicale est alors nécessaire.
La photosensibilisation chimique
Certaines réactions au soleil ne sont pas provoquées directement par les rayons UV, mais par l'association entre le soleil et une substance photosensibilisante. Celle-ci peut être présente dans certains médicaments, certaines plantes ou certains produits cosmétiques.
Deux mécanismes principaux existent :
La phototoxicité, qui correspond à une irritation cutanée provoquée par l'interaction entre une substance photosensibilisante et les rayons UV. Elle peut toucher toute personne exposée et ressemble souvent à un coup de soleil particulièrement marqué
La photoallergie, plus rare, qui résulte d'une réaction du système immunitaire après l'exposition au soleil. Elle provoque des rougeurs, des plaques et des démangeaisons qui peuvent s'étendre au-delà des zones directement exposées.
Dans les deux cas, les manifestations s'atténuent progressivement lorsque la peau n'est plus soumise aux rayons UV et que la substance responsable est écartée. Si un médicament est suspecté, ne l'arrêtez pas de votre propre initiative : demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien. La réaction phototoxique régresse généralement plus rapidement que la photoallergie, dont les manifestations peuvent persister plus longtemps et récidiver en cas de nouveau contact avec la substance responsable.