Rendez-vous Bien-être, l'endométriose vu par une professionnelle

Dans ce nouvel épisode de notre podcast "Rendez-vous Bien-être", nous sommes ravis d'accueillir Sab Santé, kinésithérapeute et ostéopathe spécialisée en douleurs pelviennes afin d'aborder l'importance du mouvement pour accompagner l'endométriose et comprendre comment il est possible d'agir dessus. Sabrina nous partage son parcours en tant que kiné qui a découvert la maladie au contact de ses patientes et son choix de se spécialiser pour les accompagner au mieux.

Par La rédaction Aroma-Zone

Temps de lecture : +4 min.

Au programme

  • La formation des médecins sur l'endométriose

  • Soulager la douleur par le mouvement

  • Le rôle de l'alimentation

  • Oser dire qu'on a mal

  • Ecouter et accompagner les femmes

Leur échange

Enora Malagré : Bienvenue à toutes et à tous dans ce podcast spécial endométriose. Aujourd'hui, je reçois Sab Santé, Sabrina, kinésithérapeute, ostéopathe, spécialisée dans la santé des femmes. Une véritable référence sur les réseaux sociaux pour ses conseils clairs, concrets et accessibles.

Sab Santé : Bonjour Enora, merci pour cette belle invitation !



Enora Malagré : J'ai énormément de questions à te poser, mais la première est toute simple : quel est ton lien avec l'endométriose ?

Sab Santé : Il est professionnel, ça fait plus de 10 ans que j'accompagne les patientes qui ont des douleurs pelviennes, je suis une kiné un peu spéciale car spécialisée en rééducation du périnée.



Enora Malagré : Quels sont les signes de l'endométriose, à ne pas négliger ?

Et les 8 "D" dont tu parles ?

Sab Santé : L'endométriose, il y a beaucoup de symptômes, ce qui fait que c'est parfois compliqué de s'y retrouver.

Il y a 8 familles de douleurs : les dysménorrhées (douleurs pendant les règles), les douleurs pelviennes, les dyspareunies (douleurs pendant les rapports sexuels), les dysuries (douleurs pendant la miction), les dyschésies (douleurs à la selle), les difficultés à procréer, les douleurs chroniques et le déconditionnement physique (fatigue qui amène un manque d'activité et de mouvement).



Enora Malagré : Tu as partagé récemment sur ton compte Instagram une vidéo "Histoire de patiente", est-ce que tu peux nous partager des récits qui t'ont marqué ?

Sab Santé : Je pense à cette patiente, envoyée par un chirurgien car elle a beaucoup de douleurs. Ça fait 2-3 ans que le diagnostic d'endométriose est posé.

Elle est dans un parcours bébé, elle a arrêté les hormones, elle a les douleurs qui se réveillent. Je lui dis qu'elle va sûrement se faire opérer pour augmenter ses chances de tomber enceinte et que ses douleurs ne sont pas proportionnelles aux difficultés pour procréer.

Elle revient 3 semaines après, sans être partie en chirurgie et ça a marché !



Enora Malagré : Mais c'est formidable ça ! Tu as les yeux qui brillent.

Sab Santé : Oui, les petites étincelles que l'on aime bien.



Enora Malagré : C'est le genre de récit qui te marque. Mais ça raconte quoi en réalité ? Comment tu expliques ça ?

Sab Santé : Un manque de formation, l'endométriose est apprise aux étudiants depuis 2020 seulement. Alors qu'elle a été reconnue par le professeur Rokitansky en 1921. Elle rentre en fac de médecine un siècle après.

Depuis 2020, il y a des réseaux de médecins experts qui forment une congrégation de scientifiques qui change la prise en charge des patientes, qui proposent un vrai parcours thérapeutique.



Enora Malagré : En quoi la kinésithérapie ou l'ostéopathie aide les patientes ?

Sab Santé : On est formé à ça, on aide sur toutes les douleurs, sur tous les 8 "D", sauf la difficulté à procréer. Par thérapie manuelle, je touche les ventres de mes patientes et je remets du mouvement. Sur les moments de crise, c'est bien aussi de déposer sa douleur à quelqu'un d'autre et de se faire aider. C'est comprendre sa douleur.



Enora Malagré : Est-ce qu'il y a une manipulation que l'on peut facilement faire seule ?

Sab Santé : Bien sûr, respirer.

Déverrouiller le pantalon, mettre une main sur le ventre, une main sur les côtes et inspirer, laisser l'air rentrer puis souffler pendant 4 à 5 secondes. Mécaniquement, ça libère de la place aux organes du ventre. S'ils sont inflammés ou inflammatoires, il faut leur laisser de la place.

Cette respiration, ça s'appelle la "cohérence cardiaque", ça apaise le mental et l'état psycho-émotionnel change la façon dont on ressent la douleur.



Enora Malagré : L'endométriose enflamme le corps, as-tu des tips pour une alimentation anti-inflammatoire ?

Sab Santé : Ce qui est important, c'est de se faire accompagner. L'alimentation anti-inflammatoire peut vouloir tout et rien dire, en revanche, y penser en permanence, prévoir, réfléchir à ce que l'on peut ou pas manger, cause du stress. Et le stress est un puissant inflammatoire. Faites-vous accompagner par un nutritionniste ou diététicien.



Enora Malagré : Quel parcours de soin conseillerais-tu à une femme atteinte d'endométriose (ou suspicion) ?

Sab Santé : Un accompagnement global, qu'elles sachent qu'elles ont le droit de se plaindre, le droit d'être entendues. Plus on supporte la douleur, plus on laisse de la place aux douleurs chroniques, et c'est ça le plus difficile. On nous a appris que si on supportait la douleur, on était forte, mais non, pas de médaille.

Ne pas hésiter à aller consulter et se faire suivre même si les douleurs ne sont pas encore présentes, plusieurs pathologies peuvent être associées. Parlez-en.

Je n'ai pas appris l'endométriose sur les bancs de la fac, je l'ai apprise en écoutant les femmes dans mon cabinet.



Enora Malagré : C'est beau ce que tu dis. Merci pour ton engagement et ta pédagogie.

Si cet épisode vous a aidé, si vous pensez qu'il peut aider, partagez-le à vos amies, vos mamans et vos garçons proches qui sont aussi concernés.

Merci Sab Santé.

Sab Santé : Merci Enora, c'était un plaisir.

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Ce podcast / cet échange est proposé à titre informatif et ne constitue en aucun cas un avis médical, un diagnostic ou une recommandation de traitement. Les propos tenus dans cet épisode n’engagent que leurs auteures. Pour toute question relative à votre santé, consultez votre médecin.