Rendez-vous Bien-être, l'endométriose & le sport de haut niveau
Pour ce nouvel épisode, animé par Enora Malagré, nous abordons la pratique du sport de haut niveau avec de l'endométriose, pour cela nous recevons la pentathlète Rebecca Castaudi. Au fil de cette échange, Rebecca se confie à Enora sur son long diagnostic, ses premières compétitions avec la maladie et comment elle a trouvé un équilibre pour réussir à en tirer du positif.
Par La rédaction Aroma-Zone

Au programme
Le moment où le corps parle
Quand la maladie rencontre la performance
Le mental, la fatigue, la résilience
Lever le tabou et parler aux femmes
Leur échange
Enora Malagré : Bienvenue à toutes et à tous dans ce hors-série spécial Endométriose, des Rendez-vous bien-être, un podcast porté par AromaZone.
Aujourd'hui, je reçois une femme exceptionnelle, je suis trop contente, Rebeca Castaudi, athlète de haut niveau, championne d'Europe de pentathlon moderne, membre de l'équipe de France, évidemment une femme de dépassement, de discipline, de puissance.
Avec Rebeca, on va parler d'un sujet encore extrêmement tabou, comment vivre avec l'Endométriose quand on est une sportive de haut niveau.
Bonjour, Rebeca !
Rebecca Castaudi : Bonjour, merci de m'avoir invitée. Ça me fait plaisir d'être là, surtout pour parler d'un sujet encore très peu compris, et surtout dans le sport de haut niveau, donc je te remercie.
Enora Malagré : Tu es une des rares voix en plus à porter ça, donc on est vraiment très content de t'accueillir. Alors première question, quel est ton lien avec l'endométriose ?
Rebecca Castaudi : Mon lien avec l'endométriose est très personnel parce que je vis au quotidien avec cette maladie et surtout en tant qu'athlète de haut niveau, c'est pas facile de gérer, donc je suis là pour en parler.
Enora Malagré : Alors quand on est athlète, on a presque appris à banaliser la douleur, en tout cas à dealer avec. Alors à quel moment tu t'ai dit que la souffrance que tu ressentais n'était pas normale ?
Rebecca Castaudi : Je m'entraînais tous les jours, c'est arrivé d'un coup et j'avais extrêmement mal tous les jours, c'était régulier. Un matin, je me suis dit, ce n'est pas normal d'avoir aussi mal, surtout que je me comparais aussi aux autres athlètes. Les douleurs changent tout le temps. Un jour, ça va être extrêmement douloureux et un autre jour, c'est atténué. Je ne comprenais pas au départ, mais je me suis dit, c'est pas grave, ça fait partie de la vie, je vais pas en parler, je vais le garder pour moi.
Enora Malagré : Est-ce qu'au début, tu t'ai dit que c'était peut-être l'entraînement qui causait ces douleurs ? Tu pensais qu'il y avait un lien ?
Rebecca Castaudi : Je me suis dit, c'est peut-être parce que je fais 35 heures d'entraînement par semaine. À un moment, quand j'avais mes règles, c'était vraiment douloureux, je ne pouvais pas me lever pour aller à l'entraînement. Et au départ, on ne te croit pas vraiment, on te dit, mais aller, ça va aller. Et surtout que t'as d'autres athlètes qui n'ont pas du tout mal.
Quand tu es coach, tu ne comprends pas forcément pourquoi elle a mal et pas l'autre. Donc, il fallait mettre des mots sur cette douleur. J'ai beaucoup cherché, essayé de comprendre par moi-même, sans forcément demander autour de moi. Je pense que ce n'était pas une bonne idée.
Enora Malagré : Qui t'a conseillé d'aller voir un gynéco ? Qui t'a soufflé à l'oreille qu'il y avait un problème ?
Rebecca Castaudi : J'ai eu de la chance, c'était mon médecin qui était une femme. J'avais un lien très fort avec elle. Un jour, elle s'est dit, il faut que t'ailles faire des tests. Donc, elle a appelé ma fédération et a dit : il faut prendre un mois de repos pour elle, pour qu'elle se fasse diagnostiquer.
Cette femme, que je remercie énormément, qui est Camille Rose, a su dire à ma fédération, à mes coachs : là, on fait une pause, on attend de savoir ce qu'elle a. Peut-être qu'elle a rien, peut-être qu'elle a quelque chose. Mais on fait une pause, on cherche un diagnostic, on cherche des résultats.
Enora Malagré : Est-ce qu'entre-temps, pendant tout ce parcours où tu morflais, est-ce que tes collègues étaient dans la compassion? Est-ce que tout le monde s'en fichait ? Est-ce que tu trouvais une oreille envers laquelle tu pouvais te confier?
Rebecca Castaudi : C'était délicat parce qu'il y a plein de personnes qui ne comprennent pas. Il y a des athlètes qui n'ont jamais eu mal quand elles avaient leurs règles. Elles avaient une petite douleur, mais ce n'étaient pas des douleurs comme moi j'avais. Je finissais mon entraînement, je finissais par terre, j'avais des crampes et parfois, je pleurais et les gens disaient "mais elle nous fait du cinéma".
Donc il y avait deux côtés. Il y avait cette facette où on s'inquiète pour moi, on espère que j'aille mieux demain. Et tu as la facette de dire mais elle nous fait du cinéma et qu'est-ce qu'elle raconte.
Enora Malagré : Parfois, tu t'entraînes, tu as mal. Donc il faut quand même dealer avec ça. Et depuis que le diagnostic est tombé, tu as quand même vécu des compétitions en crise ?
Rebecca Castaudi : Bien sûr, j'ai toujours des crises. Mais il faut savoir que le corps de la femme, je dis qu'il est extrêmement bien fait, quand on arrive en compétition, bizarrement, le corps se concentre et il met toutes ses chances pour réussir. Mon corps met de côté la douleur et se met en mode survie, en mode énergie à fond.
Souvent je fais des meilleures performances. Quand je finis, par contre, vous ne me voyez plus, je m'effondre comme si mon corps rejetait toute la douleur qu'il n'a pas subie pendant l'effort.
Enora Malagré : Tu es géniale parce que tu es hyper positive.
En parlant du mental, comment on vit, justement ? Tu as quand même une maladie chronique. Tu dois performer. Comment ça se passe dans ta tête ? Comment tu arrives à tenir mentalement ?
Rebecca Castaudi : Avec mon entraîneur, on a mis un système en place. Il est vraiment à l'écoute. J'ai commencé il y a un an la préparation mentale, une personne va m’aider, déjà dans ma performance, dans mon sport, mais surtout va me permettre de visualiser, quand j’ai des douleurs, qu’est-ce que je peux faire pour les atténuer.
On se prépare et on se conditionne. Je voyais du positif dans tout ce que je faisais. Pour m’aider à rester positive, on me dit "habille toi stylé" et on essaye de m’encourager. C’est très important d’être cadré, surtout quand on a une douleur chronique.
Enora Malagré : Merci Rebecca, quelle femme puissante, j'ai même envie d'aller faire un jogging avec toi.
Merci d'avoir partagé ton expérience avec nous, merci pour ta force et de porter cette parole.
Partagez cet épisode à vos amies, à vos mères, à vos soeurs, même à vos copains et vos frères, c'est aussi une affaire d'homme, informez vos proches et parlez-en.
Rebecca Castaudi : Bien sûr, merci pour l'invitation, c'était un plaisir !
Pour visionner le podcast
Pour écouter le podcast

Pour découvrir l'intégralité de l'échange sincère et inspirant entre Thibaud Flament et Enora Malagré, qui rappelle l'importance du soutien et de la présence dans le parcours de l'endométriose :
Ce podcast / cet échange est proposé à titre informatif et ne constitue en aucun cas un avis médical, un diagnostic ou une recommandation de traitement. Les propos tenus dans cet épisode n’engagent que leurs auteures. Pour toute question relative à votre santé, consultez votre médecin.





