Mythe ou réalité ?
Il s’agit d’un mythe partiel. Il n’est pas nécessaire de changer de routine régulièrement pour "désensibiliser" sa peau à certains actifs et entretenir leurs effets cosmétiques. En revanche, certaines peaux peuvent bel et bien ressentir le besoin d’adapter leur routine au fil de l’année, notamment en fonction des facteurs climatiques.
Ce qui est faux
La peau ne s’habitue pas à des actifs ou à des formules cosmétiques. Il n’est donc pas utile d’envisager de la désensibiliser pour lever une supposée perte d’effet
Il n’est pas nécessaire de changer régulièrement de routine de soin pour améliorer l’état de sa peau, sauf si cette dernière manifeste soudainement des signes d’inconfort.
Ce qui est vrai
L’efficacité des produits cosmétiques repose essentiellement sur la capacité de pénétration de leur formule et la constance dans leur utilisation
Certaines formules cosmétiques instables (par exemple à base de vitamine C) peuvent perdre en efficacité après ouverture lorsqu’elles sont conservées dans des conditions inadaptées
La perception humaine des résultats cosmétiques observés peut varier, donnant l’illusion que la peau a atteint un plateau physiologique.
De quoi nourrir la réflexion
Le mythe de l’accoutumance de la peau à ses produits cosmétiques nourrit des tendances lucratives pour les industriels, à commencer par le zapping, le maximalisme et l’accumulation qui s’ensuit. En sous-entendant qu’il est nécessaire de changer régulièrement de crème pour observer des résultats satisfaisants, certaines marques et influenceurs contribuent à faire le lit de la surconsommation. Or, les Français sont déjà de gros consommateurs de produits de beauté. Sur une seule année (2016), un consommateur achète en moyenne 38 cosmétiques (4) Une enquête de 2019 a également établi que les femmes utilisent en moyenne 16 produits cosmétiques par jour, dont 9 rien que pour le visage (5). La démystification de l’habituation progressive de la peau à ses actifs cosmétiques replace donc la responsabilisation de nos habitudes de consommation au cœur du débat. Car le spectre du gaspillage guette. D’ailleurs, près d’1 Français sur 2 (46 %) reconnaît avoir déjà abandonné un cosmétique sans l’avoir terminé (6).