Le fromage est‑il vraiment mauvais pour la santé cardiovasculaire ?

Souvent accusé d’être trop salé, trop gras, trop riche… le fromage est-il vraiment l’ennemi du cœur ? Des études récentes révèlent une réalité bien plus nuancée et inattendue.

Alors que les recommandations nutritionnelles ont longtemps pointé du doigt les produits laitiers gras, de nouvelles données scientifiques bousculent cette vision simpliste. Tous les fromages ne se valent pas, et leur impact sur la santé cardiovasculaire dépend de nombreux facteurs : type de fromage, fréquence de consommation, mais aussi qualité globale de l’alimentation.

Par Solène Bonnet
Publié le 27/08/2025Temps de lecture : 2 min.

Le fromage : un faux coupable pour le cœur ?

Longtemps mis à l’écart des régimes « cardio », le fromage a souffert de sa teneur en graisses saturées et en sodium. Pourtant, une étude d’envergure menée auprès de près d’un million de personnes nuance cette idée reçue. Elle montre qu’une consommation régulière de produits laitiers, notamment de fromage, est associée à une réduction du risque d’accidents cardiovasculaires, en particulier d’AVC ischémiques et de certaines coronaropathies. Ces bénéfices sont surtout observés chez les consommateurs de fromages fermentés et de produits laitiers allégés en gras.

Pourquoi le fromage pourrait-il protéger la santé cardiovasculaire ?

Au-delà de sa composition en graisses et en sel, le fromage contient des éléments bénéfiques peu connus :

  • Vitamine K2, issue de la fermentation et impliquée dans la prévention de la calcification artérielle ;

  • Probiotiques, issus de la fermentation, qui soutiennent la santé du microbiote intestinal ;

  • Calcium, qui pourrait être bénéfique pour la santé cardiovasculaire en limitant l’absorption des acides gras saturés et du cholestérol,

  • Acide linoléique conjugué, qui inhibe la progression ou induit la régression de l’athérosclérose 

C’est ce que l’on appelle l’effet « matrice alimentaire » : les nutriments interagissent entre eux et modulent l’impact de chaque composant. Le fromage n’agit donc pas comme une simple somme de graisses et de sel, mais comme un aliment complexe, dont les effets varient selon sa qualité et le contexte alimentaire global. L’effet du fromage sur le métabolisme dépend également des habitudes alimentaires et des profils métaboliques. Toute personne est unique.

Fromage : comment le savourer sans compromettre sa santé ?

Bonne nouvelle : il est tout à fait possible de consommer du fromage tout en prenant soin de son cœur. À condition de l’intégrer dans un régime équilibré, riche en fibres, en légumes, en oméga-3, et pauvre en sucres raffinés. Quelques conseils simples :

  • Choisir des fromages de qualité, fermentés et peu transformés ;

  • Limiter les quantités, en évitant la surconsommation quotidienne ;

  • Varier les sources de protéines, et privilégier une alimentation globale diversifiée.

Sans avoir à faire d’impasse sur le plaisir, le fromage, lorsqu’il est sélectionné avec soin et intégré intelligemment à une alimentation équilibrée, peut tout à fait trouver sa place dans votre assiette, même si vous êtes vigilant à votre santé cardiovasculaire. Chaque situation étant unique, demander l’avis à votre professionnel de santé reste vivement recommandé.

Zoom sur notre rédactrice, Solène Bonnet

Solène Bonnet, ancienne responsable éditoriale de Marie Claire Idées, apporte son expertise pointue en stratégie éditoriale et rédaction. Pendant 8 ans, elle a guidé l’équipe de rédaction, veillant à produire des contenus innovants. Maman de deux enfants, elle accorde une attention particulière aux compositions des produits et à tous ces petits détails qui peuvent améliorer le quotidien. Passionnée par une approche authentique et respectueuse de la santé, Solène privilégie des produits à la composition saine, alignés avec une philosophie écoresponsable.

Bibliographie

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Zhuang, P., Liu, X., Li, Y. et al.