Les tiques aiment se loger dans les endroits chauds et humides. Il est donc important de vérifier sous les aisselles, à l'aine ou au niveau du cuir chevelu. Il est important de se rappeler à quoi ressemble une tique sur la peau : si elle ne s'est pas encore nourrie, elle peut être de petite taille et faire penser à une croûte.
Tique sur la peau : comment la reconnaître et réagir ?
Découvrir une tique sur la peau peut être source d'inquiétude, surtout lorsque l'on ne sait pas comment réagir. Ces parasites sont particulièrement actifs durant la belle saison et s’accrochent discrètement à notre peau à l'occasion d'une randonnée dans les hautes herbes. C'est pourquoi il est important de s'en protéger. Dans cet article, on vous explique les conséquences d'une tique sur la peau et que faire en cas de morsure.

Sommaire
Qu'est-ce qu'une tique ?
La tique est un être vivant qui appartient à la grande famille des acariens (8 pattes), une cousine éloignée des araignées avec un corps en deux parties. Ce petit être se nourrit de sang, le nôtre ou celui des animaux.
Ces parasites se développent en trois étapes de vie : larve, nymphe et phase adulte. À chaque stade, leur taille change. Les larves font à peine 0,5 mm quand les adultes atteignent de 3 à 5 mm lorsqu'elles sont à jeun. Une fois qu'elles se sont bien nourries, elles peuvent facilement dépasser un centimètre de diamètre. Cette évolution de taille explique pourquoi certaines morsures passent inaperçues : une larve ou une nymphe peut être quasiment invisible à l'œil nu.
Les tiques sont principalement actives au printemps et en automne. Elles adorent la période d'avril à juin puis de septembre à novembre. L'été étant une période trop chaude pour leur organisme, elles se cachent dans des endroits frais et humides.
Ces parasites vivent dans les bordures de forêts, herbes hautes, jardins mal entretenus, buissons. Leur couleur brun-noir les rend quasiment invisibles dans la nature. C'est pourquoi on les découvre bien souvent par hasard lors de la douche en sentant un petit renflement sur sa peau.
Comment reconnaître une tique sur la peau ?
Signes visuels caractéristiques
C'est un vrai défi de reconnaître une morsure de tique si l'on n’a pas vu l'animal s’accrocher à la peau. Lorsque la tique est fixée, elle apparaît d'abord comme un petit point noir ou brun foncé difficile à distinguer d'un grain de beauté ou d'une croûte. Sa taille évolue de quelques millimètres au moment de la fixation à plus d'un centimètre de circonférence si elle s'engorge (aspect bombé et couleur changeante, pouvant tirer vers le gris).
Pour distinguer une tique d'un grain de beauté ou d'une verrue, observez la présence d'un corps rond et bombé, parfois avec des pattes visibles à la base de l'animal, fermement inséré dans la peau.
Zones de prédilection sur le corps
Elle se fixe préférentiellement au niveau des zones chaudes et humides du corps. On la retrouve principalement au niveau de l'aine, des plis génitaux, sous les seins, au niveau des aisselles, du pli du coude ou encore derrière les genoux ou au niveau du cuir chevelu.
La salive de la tique étant anesthésiante, la morsure est totalement indolore. Mais après la fixation, la zone peut rester enflammée et un halo rouge peut se former. On observe parfois plusieurs jours après la morsure, un érythème migrant en cas d'infection par Borrelia (la maladie portée par les tiques).
Comment peut-on attraper une tique sur sa peau ?
Milieux à risque : les tiques vivent dans la végétation basse et dense, à la lisière des forêts, les prairies, les jardins peu entretenus et les buissons. Contrairement aux idées reçues, elles ne peuvent pas sauter et attendent patiemment l'approche d'une proie sur un brin d'herbe ou une feuille pour s'accrocher à leur hôte au moment du passage.
Activités à risques : faire une randonnée, des travaux de jardin, une promenade avec le chien, de la cueillette ou encore du camping sont autant d'activités qui favorisent le contact avec la végétation et donc les opportunités d'être la proie d'une tique. Les animaux domestiques peuvent également ramener des tiques dans la maison après leurs sorties extérieures.
Le risque est particulièrement élevé lors des activités où l'on frôle la végétation : cueillette de champignons, photographie nature nécessitant de s'accroupir dans l'herbe, ou simplement le fait de s'asseoir directement sur l'herbe lors d'un pique-nique.
Piqûre de tiques : quelles conséquences et quels sont les symptômes associés ?
La morsure de tique en elle-même reste bénigne, mais c'est par son biais que le parasite peut potentiellement transmettre des agents pathogènes. C'est ce risque infectieux qui représente un enjeu de santé publique en France. On parle souvent de la maladie de Lyme qui est la principale préoccupation liée aux piqûres de tiques, mais l'on oublie que la tique est porteuse d'autres pathologies comme l'anaplasmose par exemple.
La maladie de Lyme : une infection à surveiller
Transmise par la bactérie Borrelia burgdorferi, la maladie de Lyme évolue en plusieurs phases distinctes :
Phase précoce localisée (3 à 30 jours après la morsure) : l'érythème migrant est l'une des principales caractéristiques de cette infection. Cette rougeur circulaire s'étend progressivement autour du point de morsure, créant un aspect en « cible » avec un centre plus clair. Contrairement aux idées reçues, cette lésion n'est ni douloureuse ni prurigineuse. D'autres symptômes peuvent accompagner cette phase : fatigue inhabituelle et marquée, fièvre modérée (38-39°C), frissons, courbatures généralisées similaires à un état grippal, et maux de tête diffus. Ces symptômes pseudo-grippaux sont souvent négligés car non spécifiques.
Phase précoce disséminée en l'absence de traitement, la bactérie peut se disséminer dans l'organisme et provoquer des manifestations neurologiques, articulaires ou cardiaques. On observe notamment des paralysies faciales (asymétrie faciale avec difficulté à sourire ou fermer l'œil d'un côté), des méningites avec maux de tête intenses et raideur de nuque, des douleurs neurologiques "en éclair" suivant les trajets nerveux, particulièrement nocturnes. Les manifestations articulaires se traduisent par des gonflements et douleurs touchant successivement différentes articulations. Au niveau cardiaque, on peut observer des troubles du rythme ou des douleurs thoraciques.
Phase tardive (plusieurs mois à plusieurs années) : elle peut se caractériser par une arthrite chronique, particulièrement au niveau des genoux, ou des manifestations neurologiques persistantes comme des troubles cognitifs (difficulté de concentration, pertes de mémoire), des changements de personnalité, une fatigue chronique invalidante, ou encore des engourdissements et fourmillements dans les extrémités.
Autres infections transmissibles
D'autres pathologies peuvent être transmises par les tiques, notamment :
L'encéphalite à tiques : plus fréquente en Europe de l'Est, elle provoque des symptômes neurologiques graves. Elle débute par des symptômes grippaux, puis peut évoluer vers une atteinte neurologique sévère (méningite, encéphalite) pouvant laisser des séquelles permanentes.
Les rickettsioses : infection bactérienne pouvant provoquer fièvre élevée, maux de tête intenses et éruptions cutanées caractéristiques. Sans traitement, elle peut évoluer vers des complications systémiques.
La babésiose : infection parasitaire rare mais potentiellement grave chez les personnes immunodéprimées. Elle se manifeste par une anémie, de la fièvre et une fatigue extrême.
Les symptômes à surveiller
Certains signes doivent motiver une consultation médicale immédiate :
Asymétrie faciale soudaine, même partielle
Maux de tête inhabituels et persistants, surtout accompagnés de fièvre
Troubles visuels : vision double, baisse soudaine de la vue
Douleurs thoraciques avec essoufflement ou palpitations
Érythème migrant (rougeur circulaire s'étendant)
Fatigue inexpliquée et disproportionnée
Douleurs articulaires migratrices
En cas de réaction locale importante autour de la morsure (rougeur extensive, gonflement, chaleur), votre médecin pourra vous conseiller un traitement adapté : application de froid, prise d'antalgiques ou utilisation de produits locaux en cas d'allergie à la morsure de tique (antihistaminiques, corticoïdes locaux).
Tique sur la peau : que faire ?
Il est essentiel de repérer rapidement la présence d'une tique et de l'enlever correctement. C'est l'élément clé pour limiter les risques de transmission d'agents pathogènes. Plus la tique reste fixée longtemps, plus le risque de contamination augmente. Voici les différentes étapes pour retirer correctement une tique.
Équipez-vous du bon matériel : utilisez une pince à tique spécialisée, disponible en pharmacie, ou à défaut une pince à épiler à pointes fines. Évitez absolument l'utilisation d'éther, d'alcool, ou de toute autre substance qui pourrait faire régurgiter la tique et augmenter le risque de transmissions infectieuses.
Technique de retrait : saisissez la tique au plus près de la peau, sans comprimer son abdomen. Effectuez un mouvement de rotation lent et continu dans le sens inverse des aiguilles d'une montre jusqu'à ce que la tique se détache naturellement. Ne tirez jamais brutalement, vous risquez d'enlever la tique mais de laisser la tête accrochée à votre peau.
Après le retrait : désinfectez soigneusement la zone avec un antiseptique local. Notez la date et l'emplacement de la morsure, ces informations pourront être utiles en cas de consultation médicale ultérieure. N'hésitez pas à prendre des photos de la lésion pour suivre son évolution si besoin.
Certaines situations nécessitent une consultation rapide. C'est le cas si :
Vous n'arrivez pas à retirer la tique complètement
Vous constatez l'apparition d'une réaction inflammatoire importante (rougeur, chaleur, œdème)
Vous développez un érythème migrant
Vous présentez des symptômes de fièvre dans les semaines qui suivent
En cas de prise en charge médicale, le médecin pourra, selon les circonstances, envisager plusieurs approches :
Une antibiothérapie préventive : il s'agit dans des cas à haut risque de mettre en place un traitement antibiotique dans le but d'éviter une infection pouvant conduire à la maladie de Lyme.
Une surveillance clinique : le médecin pourra mettre en place ou vous conseiller un suivi régulier pour détecter de manière précoce l'apparition de symptômes caractéristiques.
Un dépistage sérologique : vous pourrez être amené à réaliser une analyse sanguine afin de rechercher des anticorps spécifiques pouvant être le signe d'une récente infection.
Un traitement symptomatique : le médecin pourra également mettre en place un traitement pour prendre en charge les réactions locales liées à la morsure de tique (antihistaminiques, corticoïdes locaux, etc.).
Quelles recommandations en cas de morsure de tique ?
Face à une morsure de tique, notre première recommandation sera toujours de consulter un professionnel de santé. Seul un médecin pourra évaluer la nécessité d'un traitement préventif ou d'une surveillance particulière selon votre situation personnelle.
Comment prévenir une piqûre de tique sur la peau ?
La prévention reste la meilleure stratégie pour éviter les complications liées aux morsures de tiques. Une approche alliant protection vestimentaire, précautions et surveillance stricte constitue la stratégie la plus adaptée pour limiter les risques.
Choisissez des vêtements couvrants : privilégiez des pantalons longs, des manches longues et des chaussures fermées lors de vos sorties en nature dans des zones à risque. Les couleurs claires facilitent la détection des tiques sur les vêtements.
Rentrez le bas du pantalon dans les chaussettes : cette technique, bien que inesthétique, constitue une barrière efficace pour empêcher la tique de remonter le long des jambes.
Imprégnez vos vêtements de répulsifs : certains répulsifs vendus en pharmacie sont à usage spécifique pour les textiles. On retrouve par exemple les produits à base de perméthrine qui offrent une protection durable et efficace. D'autres produits sont également compatibles avec la peau.
Utilisez un répulsif naturel : en complément des produits classiques que l'on trouve en pharmacie, l'usage d'huiles essentielles peut être répulsive. On vous recommande notre stick répulsif anti-tiques utilisables dès 6 mois pour toute la famille (hors femmes allaitantes ou femmes enceintes). À appliquer une à deux fois par jour selon l'utilisateur.
Évitez les zones à risques : restez le plus possible sur les sentiers balisés et évitez de traverser les hautes herbes ou les buissons denses.
Inspectez-vous quotidiennement : lors de périodes de randonnées ou d'activités en extérieur, il est important de procéder à une observation minutieuse au moins une fois par jour afin de détecter rapidement une tique sur la peau. Attention aux zones chaudes et humides (aine, aisselles, cuir chevelu) particulièrement appréciées de ces parasites. Il en est de même pour vos animaux de compagnie qui ont accès à l'extérieur.
Précautions d'usage
Les huiles essentielles sont contre-indiquées chez les jeunes enfants, les femmes enceintes ou allaitantes. En cas d'utilisation cutanée, il convient de réaliser en amont un test de tolérance au creux du coude. Pour les produits répulsifs, vérifiez les conditions d'utilisation et la fréquence de ré-application pour une protection optimale.
Conseil de l'expert
Face au risque de morsure de tique, il vaut mieux être prévoyant. Nous vous recommandons de vous créer un kit anti-tique que vous emporterez systématiquement avec vous lors de vos sorties nature. Ce kit doit contenir une pince à tique de qualité, un désinfectant, notre stick répulsif ou un autre produit classique. Mettez en place une routine pour vos retours de promenade afin de vérifier la présence de tiques sur votre peau. Il en va de même si vous avez des animaux de compagnie qui peuvent être, eux aussi, porteurs de tiques.
En savoir plus

Où se mettent les tiques sur les humains ?

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Quel délai pour enlever une tique ?

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La transmission de la maladie de Lyme nécessite un temps minimum de fixation qui se situe généralement au-delà des premières 24 heures. Cependant, le risque augmente significativement après 48 à 72 heures de fixation. Plus la tique reste attachée longtemps, plus le risque de transmission bactérienne s'élève. Il est donc impératif de retirer la tique le plus rapidement possible et de consulter son médecin pour la mise en place d'un éventuel traitement préventif s'il le juge nécessaire.
Zoom sur notre rédacteur spécialisé, Guillaume RENAUD

Guillaume est préparateur en pharmacie et spécialisé en dermocosmétique. Fort de plus de dix ans d'expérience en pharmacie, il accompagne aujourd'hui les marques de santé et cosmétiques dans la rédaction d'articles de blog. Après des études dans le domaine de la naturopathie, il intervient dans des podcasts pour vulgariser la santé et les cosmétiques.
Bibliographie
1
AMELI - Morsure de tique et prévention de la maladie de Lyme : que faire ?
(https://www.ameli.fr/assure/sante/urgence/morsures-griffures-piqures/morsure-tique-maladie-de-lyme-que-faire).
2
ARS Auvergne-Rhône-Alpes - Tique
(https://www.auvergne-rhone-alpes.ars.sante.fr/tique-risques-et-comment-se-proteger-contre-les-morsures-maladie-de-lyme)
3
Santé Publique France - Maladies vectorielles à tiques
(https://www.santepubliquefrance.fr/les-actualites/2024/maladies-vectorielles-a-tique-bien-se-proteger-pendant-la-saison-d-activite-des-tiques)