Plusieurs types de facteurs peuvent influencer la situation psychologique et émotionnelle de la femme en post-partum. Voici les causes communes du développement d'états dépressifs en post-partum:
Fluctuations hormonales : Pendant la grossesse, les taux d'oestrogènes et de progestérone augmente significativement au sein de l'organisme féminin. Après l'accouchement, les taux hormonaux chutent de manière brutale, entraînant une modification chimique au niveau du cerveau. Des études ont pu montrer le lien direct entre la chute hormonale et l'apparition de certains symptômes dépressifs. D'après l'étude Effets médiés par l'estradiol sur la dépression et la formation de la mémoire chez les femmes, la modification hormonale suivant l'accouchement impacte drastiquement la transmission sérotoninergique en augmentant la synthèse de la sérotonine et en diminuant la recapture de la sérotonine. Les modifications de l'humeur et du sentiment de bien-être émotionnel sont donc naturels pendant la phase post-partum.
Facteurs biologiques : Certaines modifications biologiques survenant au niveau du cerveau peuvent être à l'origine du développement de symptômes dépressifs. Le fonctionnement thyroïdien joue un rôle essentiel dans le maintien d'une santé mentale optimale. En suites de couche, le fonctionnement thyroïdien peut subir de légères modifications susceptibles d'affecter la régulation de l'humeur. Dans de nombreux cas, la production d'hormones thyroïdiennes peut diminuer après l'accouchement menant à un état d'hypothyroïdie. Cette dernière entraîne communément des symptômes d'ordre dépressifs tels que la fatigue, la léthargie, l'émotivité, les sautes d'humeur et la déprime.
Historique psychiatrique : Les femmes ayant des antécédents personnels de troubles de l'humeur, d'anxiété ou de dépression sont plus enclines à développer une dépression post-partum que les autres. Ces déséquilibres préexistants peuvent être exacerbés par les changements hormonaux que vivent la jeune maman ainsi que par la fatigue typique des premières semaines post-accouchement. L'historique psychiatrique de la jeune maman est donc à prendre en compte en amont afin de lui fournir un accompagnement ciblé et de limiter les risques de dépression post-partum.
Accouchement difficile : Pour certaines femmes, l'expérience d'accouchement peut être difficile à accepter et entraîner des symptômes de stress post-traumatique (SPT). Une femme dont l'accouchement ne s'est pas déroulé comme prévu peut rencontrer un stress réel et avoir besoin de temps pour digérer son expérience. Les interventions d'urgence, complications médicales et les gestes intrusifs peuvent être vécus par la maman comme des traumatismes fragilisant sa santé mentale et augmentant les risques de dépression post-partum.
Causes génétiques : Des études récentes ont mis en relation les facteurs génétiques femme avec les risques de dépression post-partum. Les femmes dont la mère ou la grand-mère ont souffert de dépression ou d'anxiété ont davantage de chances de développer une dépression après leur accouchement. Les études de recherche soulignent l'importance d'une prise en charge précoce chez les femmes ayant une prédisposition à la dépression en suite de couches, permettant la mise en place de stratégies préventives efficaces.