Comment ralentir les symptômes de l'alopécie cicatricielle ?

L'alopécie cicatricielle se traduit par des plaques lisses et brillantes.⁣ Ces plaques couvrent des zones du cuir chevelu qui sont endommagées de manière définitive (1). Les follicules sont touchés et ne permettent pas la repousse malgré des soins adaptés. Dans cet article, on vous explique ce qui la caractérise, ses causes et comment accompagner vos cheveux au quotidien pour en limiter l'impact.

Temps de lecture : +4 min.

Qu'est-ce qu'une alopécie cicatricielle ?

L'alopécie cicatricielle correspond à une destruction irréversible du follicule pileux, qui est remplacé par un tissu fibreux (1). Contrairement à d'autres formes de chute de cheveux, la repousse devient impossible sur les zones concernées, une fois la cicatrice installée.

On en distingue plusieurs formes. Les formes primaires où l'inflammation est directement responsable de la destruction des follicules pileux, et la forme secondaire, où le follicule est détruit par un phénomène extérieur (traumatisme, infection ou tumeur) (4).

La société américaine de recherche sur le cheveu (1) classe les alopécies cicatricielles en 4 groupes selon l'origine de l'inflammation :

  • Forme lymphocytaire : c'est la catégorie la plus représentée. Elle regroupe notamment le lichen plan pilaire, l'alopécie frontale fibrosante et le lupus érythémateux discoïde.

  • Forme neutrophilique : c'est une inflammation d'origine bactérienne comme la folliculite décalvante.

  • Forme mixte : c'est un classement dans lequel on retrouve deux types de cellules présentes dans l'acné chéloïdienne de la nuque, par exemple.

  • Forme non spécifique : des formes où la présence de l'inflammation ne permet pas d'attribuer l'une des classes précédentes.

C'est une classification dont l'usage est réservé aux professionnels de santé pour poser un diagnostic. L'identification du mécanisme se fait à travers une biopsie du cuir chevelu qui permet d'identifier avec certitude le type d'alopécie cicatricielle (1).

Quelle est la différence entre alopécie cicatricielle et alopécie areata ?

On confond parfois l'alopécie cicatricielle avec une pathologie similaire, l'alopécie areata ou pelade. Ce sont pourtant deux atteintes qui n'ont pas le même mécanisme, ni le même pronostic (2). Voici les éléments comparatifs pour faire facilement la distinction entre ces deux pathologies du cuir chevelu.

Caractéristique

Alopécie cicatricielle

Alopécie areata (pelade)

Atteinte du follicule

Destruction définitive du follicule pileux

Follicule préservé (en sommeil)

Potentiel de repousse

Impossible sur les zones cicatrisées

Possible (spontanée ou sous traitement)

Mécanisme

Inflammation destructrice cicatricielle

Réaction auto-immune ciblant le follicule

Symptômes associés

Démangeaisons, brûlures, rougeurs et douleurs

Généralement indolore, plaque lisse

Évolution

Lente et progressive

Par poussée imprévisible


À savoir : lors d'une pelade (alopécie areata), le follicule pileux reste vivant. C'est ce qui rend la repousse possible, et parfois même sans intervention (2). C'est un sujet que l'on aborde plus en détail dans cet article consacré à l'alopécie areata.

Quelles sont les causes de ce type d'alopécie ?

Il existe plusieurs mécanismes qui peuvent conduire à une alopécie cicatricielle. Ces mécanismes sont généralement regroupés en 4 catégories.

Les causes inflammatoires

Le lichen plan pilaire est l'une des causes inflammatoires les plus fréquentes. Cette atteinte auto-immune détruit progressivement les follicules du cuir chevelu.

Le lupus érythémateux cutané, ou lupus discoïde, touche également le cuir chevelu : environ la moitié des personnes atteintes de cette forme de lupus présentent une atteinte du scalp. Cela se présente sous la forme de plaque rouge avec une desquamation caractéristique (4).

Des causes traumatiques

Les tractions répétées sur le cuir chevelu, souvent liées à des coiffures tirées et prolongées, créent des microtraumatismes au niveau du follicule. Ce sont ces traumatismes qui peuvent évoluer vers une alopécie cicatricielle s'ils ne sont pas pris en compte à temps.

On retrouve également les brûlures (à partir du deuxième degré) qui blessent et détruisent les follicules de manière définitive (3).

D'autres causes

Il existe d'autres causes qui peuvent engendrer une alopécie cicatricielle. C'est le cas de certaines tumeurs cutanées (bénignes ou malignes) qui peuvent détruire les follicules pileux.

De même que la radiothérapie, utilisée dans le traitement de certains cancers, peut endommager durablement les follicules situés dans la zone irradiée.

À savoir : des dispositifs réfrigérants sous forme de casque sont souvent proposés aux personnes sous chimiothérapie afin de soulager les brûlures engendrées par les traitements au niveau du cuir chevelu. N'hésitez pas à demander conseil à votre médecin ou pharmacien pour des solutions de soutien.

Quelles solutions naturelles en cas d'alopécie cicatricielle ?

Il est important de préciser qu'aucun soin ne pourra permettre la repousse sur une zone déjà cicatrisée. Une prise en charge médicale précoce, avant l'installation complète de la cicatrice, peut en revanche permettre une repousse partielle dans certains cas. La prise en charge inflammatoire à l'origine de l'alopécie cicatricielle doit être réalisée par un dermatologue, seul à même de stabiliser la progression.

Nos solutions naturelles sont destinées aux zones préservées du cuir chevelu et des cheveux et vont permettre de soutenir le tissu capillaire une fois l'inflammation stabilisée. 

Ce n'est pas un traitement de la cicatrice en elle-même.

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Quelles habitudes adopter pour réduire les symptômes de l'alopécie ?

  • Consultez rapidement dès les premiers signes : plaques, rougeurs, démangeaisons ou sensation de brûlure sur le cuir chevelu. Le diagnostic d'une alopécie cicatricielle est souvent posé tardivement alors qu'une prise en charge précoce peut limiter la progression

  • Évitez les tensions répétées sur le cuir chevelu : coiffures trop serrées, tressages prolongés, chignons quotidiens

  • Adoptez une alimentation équilibrée : riche en protéines, en Fer, en Zinc et en acides gras Oméga-3, des nutriments qui participent à la santé du cheveu et favorisent la régulation de l'inflammation

  • Réduisez le stress autant que possible : il ne provoque pas directement une alopécie cicatricielle, mais il peut aggraver une chute de cheveux déjà installée

  • Protégez le cuir chevelu : en cas de brûlure ou d'exposition solaire prolongée sur une zone déjà fragilisée.

Précautions d'usage

L'utilisation de compléments alimentaires est déconseillée chez la femme enceinte ou allaitante sans avis médical. Toujours se référer à la notice d'utilisation.

Conseil de l'expert

Face à une chute inhabituelle, beaucoup de personnes attendent plusieurs mois avant de consulter, le temps de voir si les cheveux repoussent seuls. Sur une alopécie cicatricielle, ce délai a un coût : la surface déjà touchée par l'inflammation ne se récupère pas (1). Face à des plaques qui persistent ou s'étendent, il vaut mieux consulter tôt que tard. Le pronostic dépend directement de la rapidité de la prise en charge.

En savoir plus

Quelle est la différence entre alopécie et alopécie androgénétique ?

L'alopécie androgénétique résulte d'une miniaturisation progressive du follicule sous l'effet des hormones, sans destruction du follicule lui-même. La repousse reste théoriquement possible, notamment avec une prise en charge adaptée. L'alopécie cicatricielle, elle, détruit directement le follicule et le remplace par du tissu fibreux : la perte devient alors définitive sur la zone touchée. Découvrez notre article dédié à l'alopécie androgénétique.

Qu'est-ce que l'effluvium télogène, et en quoi diffère-t-il de l'alopécie ?

L'effluvium télogène est une chute de cheveux diffuse et temporaire : un facteur déclencheur (stress important, accouchement, carence, fièvre) fait basculer un grand nombre de follicules en phase de repos simultanément. Les cheveux tombent alors en plus grande quantité, généralement plusieurs mois après l'événement en cause. Contrairement à l'alopécie cicatricielle, aucun follicule n'est détruit : la repousse survient spontanément une fois le facteur déclencheur résolu.

L'alopécie touche-t-elle davantage les femmes ou les hommes ?

Cela dépend surtout de la forme concernée, plutôt que d'une règle générale valable pour toutes les alopécies cicatricielles. Certaines formes, comme l'alopécie frontale fibrosante, toucheraient presque exclusivement les femmes, le plus souvent après la ménopause. D'autres, comme la folliculite décalvante, se déclareraient plus fréquemment chez les hommes. Dans tous les cas, un diagnostic dermatologique reste nécessaire pour identifier la forme en cause.

Zoom sur notre rédacteur spécialisé, Guillaume RENAUD

Guillaume est préparateur en pharmacie et spécialisé en dermocosmétique. Fort de plus de dix ans d'expérience en pharmacie, il accompagne aujourd'hui les marques de santé et cosmétiques dans la rédaction d'articles de blog. Après des études dans le domaine de la naturopathie, il intervient dans des podcasts pour vulgariser la santé et les cosmétiques.

Bibliographie

1

Kanti V et al. (2018) - Cicatricial alopecia

2

MSD Manuals, édition professionnelle (2026) — Alopécie

3

Dr Abimelec, dermatologue (2022) — Alopécie cicatricielle

4

Société Française de Dermatologie (2013) — Les alopécies par traction