Sandrine Quétier : Alors moi, ce qui m'intéresse en premier lieu, c'est de savoir comment, quelle a été ta première expérience, ta première rencontre avec la ménopause.
Marie Legault : J'ai une grande sœur de quatre ans de plus que moi. Donc c'est plutôt avec le regard que j'ai posé sur elle, l'évolution. Enfin, je l'ai beaucoup observé, et j'ai appris beaucoup. Ma mère aussi en a parlé aussi pas mal.
S.Q : Ce n'était pas tabou chez vous ?
M.L : Non, c'était tabou. On n'en parlait pas vraiment, mais c'est plus... Voilà, je passe ces phases-là, et c'est comme si c'était une maladie. Donc du coup, moi, la ménopause, c'était un peu quelque chose de pas terrible.
S.Q : D'accord. Et alors toi, très concrètement, tu as eu des signes quand même avant-coureurs de périménopause, ou comment est-ce que tu t'es dit tiens, là, il est en train de se passer, il se passe quelque chose chez moi ?
M.L : En fait, il y a des signes, mais on ne veut pas forcément les voir, on les entend, ou on ne sait pas vraiment que c'est ça. On se dit bon, je vis telle ou telle chose actuellement, donc je peux être un petit peu déprimé, être un peu dans la frustration, parce qu'au niveau des projets professionnels, au niveau du couple, etc. les enfants qui grandissent.
Il y a plein peut-être des situations où on se pose des questions, puis en fait on ne le lit pas du tout à la périménopause. Alors que souvent, c'est des signes de périménopause, il faut juste les observer et éventuellement avoir un regard bienveillant sur soi, et puis avancer.
S.Q : Est-ce que toute cette phase, elle a changé ton rapport à ta propre féminité ?
M.L : Disons que c'est vrai que le fait d'avoir été quand même une mannequin un petit peu tôt de ma vie, j'ai toujours eu quand même un regard sur moi, critique et bienveillant. C'est-à-dire que j'accepte aussi le temps qui passe, les traits, etc. Le corps qui change avec la périménopause, et puis progressivement la ménopause, tu prends un peu de poids.
J'ai toujours eu de la poitrine, plus de poitrine encore. Un peu casse-pieds. Mais voilà, c'est comme ça, c'est notre véhicule, il faut l'aimer et il faut avancer.
S.Q : Tu as constaté que tu avais pris du poids alors que tu as plutôt une alimentation qui était, que tu faisais quand même attention à ce que tu mangeais déjà.
M.L : Oui, oui, c'est ça. Et alors que je faisais beaucoup de sport, c'était un peu décourageant. Je me dis, je ne vais pas manger qu'un œuf dur et une carotte par jour. Ce n'est pas possible. Il faut quand même rester un peu gourmande de la vie. Ça fait partie aussi du plaisir de la vie.
Et donc ça, c'est un tout petit peu difficile à accepter. Et à se dire finalement, oui, il faut faire du sport, et puis oui, il faut réduire, et il faut surtout cibler, bien cibler les aliments.
S.Q : C'est ce que j'allais dire. Je pense que chaque femme réagit un petit peu différemment par rapport à l'alimentation. Toi, tu sais dire aujourd'hui, depuis ta ménopause, quels aliments tu privilégies et ceux que tu as dû où exclure ou limiter dans ton alimentation. Ça a changé quand même par rapport à avant ?
M.L : Oui, puis ça change continuellement, ça continue de changer.
S.Q : Tu as eu des bouffées de chaleur, toi, par exemple ?
M.L : Oui, j'en ai eu. J'en ai eu beaucoup, mais en même temps, je faisais beaucoup de cardio, de sport. Donc j'ai évacué un petit peu ce trop plein, ce feu d'ailleurs dans mon programme ménopause. On parle justement de ce feu qu'il faut aller essayer de libérer un petit peu, toute cette énergie qui brûle en nous.
Et l'alimentation, en fait, elle évolue constamment. Et c'est vrai que je me fais accompagner aussi par une naturopathe, par mon gynécologue, etc. Mais entre 50 et 58, il s'est passé beaucoup de choses encore.
Donc les ennemis, évidemment, ça va être le sucre. Je ne veux pas d'alcool ou vraiment occasionnellement un verre de vin, parce que je suis une bonne vivante quand même.
S.Q : Oui. Tu me parlais tout à l'heure des premiers signes de dépression, de fatigue un petit peu mentale. Tu les as ressentis vraiment, toi au moment de la ménopause.
M.L : Oui. Puis une sorte de déshydratation du corps, une sorte de vraiment la bouche, pas que la bouche d'ailleurs. Et on se sent déshydraté, on se sent... On a l'impression qu'on est en train de se dessécher, alors qu'on boit de l'eau, alors qu'on mange bien, on a l'impression de manger des fruits et des légumes. Mais en fait, c'est assez complexe le processus finalement de nos cellules.
Et donc c'est bien parfois de faire...Je trouve que c'est un moment où il faut faire un bilan. Un bilan sans se juger, sans avoir un regard... Voilà, qu'est-ce que tu as fait jusqu'à aujourd'hui ?
C'est la moitié de ta vie, qu'est-ce que tu veux faire ? Juste avoir un regard bienveillant et se dire bon, ok, j'ai fait, je n'ai pas fait de sport, j'ai fait du sport, oui, non. Est-ce que j'ai pratiqué de la méditation ?
Est-ce que je fais des choses pour lutter contre l'anxiété, le stress, etc. Donc essayez de gérer tout ça, se faire un petit bilan et trouvez des solutions pour peut-être ralentir et prendre un peu plus de temps pour soi, et oui, être un peu plus égo-centrée, prendre soin de soi.
S.Q : On va parler du sport maintenant, parce que le sport, j'imagine, c'est un allié précieux dans cette période de vie aussi. Toi, c'est le yoga, essentiellement, et le pilates. Déjà, pourquoi est-ce que tu t'es tournée vers ces sports, on va dire, dans ton jeune âge, même si tu es encore très jeune.
M.L : Absolument. Disons que le pilates, c'est vraiment quelque chose… J'ai fait beaucoup de danse aussi, c'est quelque chose qui va venir, je trouve, rééquilibrer avec harmonie le corps.
C'est très apaisant, et en même temps, ça satisfait l'athlète que je suis. Je suis toujours restée quand même une compétitrice, j'aime quand même le sport, j'aime quand même bien me dépenser, et j'aime quand même avoir des exigences, et un peu le pilates, c'est de la haute couture. Donc ça demande quand même beaucoup de technique, et en même temps, quand on les a acquises, c'est incroyable qu'on se sent en forme dans ce centre, on peut faire n'importe quoi.
Et le yoga, lui, est arrivé assez tard dans ma vie, parce qu'avant, pour moi, le yoga, ça ne me disait rien, et surtout en tant que bélier.
J'adore la souplesse. Je vais sortir bientôt d'ailleurs un programme aussi sur la souplesse. Donc, j'aime beaucoup m'assouplir le corps, entretenir mes articulations, ça fait partie vraiment de mon hygiène aussi. Et je trouve que quand on prend de l'âge, il faut vraiment entretenir nos articulations, indispensable. Sinon, on se tasse, on perd de plus en plus de grâce et de mobilité. Et c'est ça qui donne un coup de vieux, cette perte de mobilité, et petit à petit, et qui nous donne un petit coup de vieux.
Et donc, le yoga pour la souplesse, et aussi pour tout ce qui est performance physique, parce que le yoga peut être très acrobatique. Il y a différents types de yoga. Donc, je les aime tous.J'aime beaucoup le yangar, et qui est lui, justement, hyper technique. Encore une fois, on est dans la haute couture. Donc, j'aime quand même vraiment le détail et les choses vraiment visées, quand même toujours, quand même l'excellence. Et je trouve que le yangar va venir vraiment chercher tous les petits détails. Et petit à petit, j'ai eu besoin, sans vraiment me forcer, c'est venu à moi naturellement.
S.Q : Plus centrée, plus focus. En quoi le yoga et le pilates peuvent accompagner les femmes en périménopause et en ménopause ? Qu'est-ce que ça nous apporte ?
M.L : Alors, justement, quand je parlais d'un petit bilan sur sa santé, sur ce qu'on a fait ou pas comme dans sa vie au niveau du sport, c'est le moment où jamais, où il faut commencer. Il n'est jamais trop tard. Surtout, dites-vous, il n'est jamais trop tard pour commencer à faire du sport.
Ça peut être en douceur, et notamment, le pilates, c'est formidable, parce qu'on peut le pratiquer vraiment en douceur, avec la respiration, cette connexion justement avec la respiration. Ça permet, je sais que tu pratiques aussi la cohérence cardiaque, ça permet justement d'aller ici, aligner un petit peu toute notre énergie. Et le pilates est très rééquilibrant aussi.
Donc, si on a mal aux épaules, si le dos, les hanches, etc. Nos abdominaux, souvent la femme méoppausée ne va pas aimer son petit ventre, parce qu'il va être peut-être un petit peu plus relâché. Donc du coup, ça va vraiment venir renforcer. Avec le stomac vacuum par exemple, ce qui est une méthode d'abdominaux hypopressif. Donc c'est vraiment une méthode qui va vous redonner de la grâce, de la mobilité, de la force et beaucoup de féminité aussi. Je trouve que c'est un sport qui rend les femmes très belles.
S.Q : En complément du sport, est-ce que tu as des petits trucs, des petites solutions, des petites beautés naturelles, de, je ne sais pas, de crème, de compléments alimentaires ? Donne-nous tes petites recettes miracle.”
M.L : Alors, avec ma naturopathe, justement, je prends un traitement collagène que je vais boire. Donc, c'est un mois par mois avec une pause, ce qu'on appelle une fenêtre, puis après, je reprends. Donc, le collagène, pour moi, c'est important. Je trouve que ça agit vraiment sur mes articulations et sur ma peau.
Donc, voilà. Sinon, évidemment, un rituel, des maquillages tous les soirs, évidemment. J'évite l'eau du robinet, plutôt de l'eau en brumisateur. Ça, c'était une dermatologue qui m'a suivie pendant des années, qui me conseillait. Donc, démaquillage. Je suis assez simple au niveau de tout ce qui est produit.
Mais je veux quand même avoir quelque chose qui m'hydrate. Et matin, soir, je n'ai pas aussi les mêmes besoins. Parce que la crème que je vais mettre le matin sous mon maquillage, elle doit accepter ce que je vais mettre ensuite dessus. Parce que parfois, il y a des combinaisons qui ne marchent pas.
Et le soir, je veux vraiment un sérum, qui va venir hydrater avec une bonne crème hydratante. Il ne faut pas oublier le cou et le décoller aussi. Il faut faire attention. On a tendance, comme les crèmes sont souvent assez chers, on a tendance à juste mettre ici.
















