Couper les griffes de son chien est un geste d'hygiène souvent sous-estimé. Chez le chien, les griffes jouent un rôle important dans la posture, l’équilibre et les déplacements. Lorsqu’elles deviennent trop longues, elles peuvent nuire à la démarche, provoquer des douleurs et même entraîner des troubles articulaires ou musculaires.
Bon à savoir : le terme "griffe" est souvent utilisé de manière interchangeable avec "ongle" chez le chien, bien qu’il soit plus juste de parler de griffe, car il s’agit d’un prolongement kératinisé de l’épiderme, associé à une veine appelée "matrice".
Devancer l'usure naturelle insuffisante
Dans la nature, les chiens marchent, courent, creusent sur des terrains variés (terre, sable, roches…), ce qui use naturellement leurs griffes. Les chiens domestiques, eux, évoluent souvent sur des sols lisses ou mous (carrelage, parquet, pelouse), ce qui limite cette usure. Cette absence de frottement provoque un allongement anormal des griffes, notamment chez les chiens âgés ou peu actifs. Chez les chiens très actifs, notamment ceux qui courent souvent sur des surfaces dures (bitume, gravier), les griffes peuvent naturellement s'user. Mais pour les chiens sédentaires ou âgés, cette usure est insuffisante, ce qui rend la coupe indispensable.
S'adapter à la morphologie ou à la race du chien
Certaines races de chiens ont des griffes plus dures, plus épaisses ou plus recourbées. Les petits chiens comme les Chihuahuas ou les Bichons, moins lourds, exercent moins de pression sur leurs pattes, ce qui ralentit l'usure naturelle. À l’inverse, les races sportives ou de grande taille peuvent user naturellement leurs griffes. Attention toutefois, cela ne dispense pas d’un contrôle régulier et d’une coupe si nécessaire.
Eviter d'aggraver des problèmes de santé existants
Chez les chiens qui souffrent de pathologies articulaires (arthrose), de douleurs dorsales ou de troubles de la locomotion, la démarche est souvent modifiée. Cela réduit le contact des griffes au sol et donc leur usure. Il en va de même pour les chiens âgés ou en convalescence, dont l’activité physique est limitée.
Préserver la santé locomotrice
Lorsque les griffes sont trop longues, elles modifient la manière dont le chien pose ses pattes au sol. Ce déséquilibre provoque une compensation musculaire, avec des répercussions sur les tendons, les ligaments et les articulations. Progressivement, le chien peut développer des douleurs chroniques aux pattes, aux épaules ou au dos. Une griffe qui frotte constamment sur le sol pousse l’animal à adopter une posture anormale, ce qui crée des tensions mal réparties sur l’ensemble du corps. Chez les chiens âgés ou déjà sujets à des troubles articulaires, le risque de boiterie ou de dégénérescence locomotrice est accru.
Prévenir les blessures
Une griffe qui dépasse sa longueur normale devient fragile et cassante. Lors d’un jeu, d’une course ou même simplement en marchant, elle peut s’arracher partiellement ou totalement. Dans ce cas, le chien va ressentir une vive douleur et un stress important. Par ailleurs, l’arrachement, même partiel, d’une griffe provoque généralement un saignement abondant et peut provoquer une infection. En effet, en cas de cassure mal soignée, les bactéries peuvent entrer par la pulpe exposée et déclencher une infection locale, ce qui nécessite l’intervention d’un vétérinaire et parfois un traitement antibiotique. Dans les cas extrêmes, on observe une inflammation de la matrice, ce qui peut rendre les futures coupes encore plus délicates.
Limiter les dégâts matériels
Outre les conséquences sur la santé du chien, des griffes longues peuvent entraîner des griffures accidentelles. Elles laissent également des marques visibles sur les meubles, les portes, les planchers ou les tissus. Une griffe peut également se coincer dans un tapis ou un plaid et provoquer une torsion de la patte et une blessure. Ce type d’incident est plus fréquent chez les chiens aux griffes recourbées ou effilées.











