Pour favoriser une décomposition plus rapide, veillez à maintenir un bon équilibre entre matières riches en azote et matières carbonées, à aérer régulièrement le compost et à conserver une humidité suffisante. Couper ou broyer les déchets en petits morceaux permet également aux micro-organismes de les dégrader plus facilement. Un compost bien oxygéné, ni trop sec ni trop humide, se décomposera naturellement plus vite.
Comment réussir son compost ?
Recycler ses déchets organiques pour nourrir la terre, améliorer la qualité du sol et favoriser la biodiversité : le compost est une pratique incontournable du jardinage naturel. Mais comment obtenir un compost équilibré et riche en nutriments ? Arnaud, de l'association Terre & Humanisme, partage ses conseils et bonnes pratiques pour réussir son compost. Véritable pilier de l'agroécologie, il contribue à entretenir un sol vivant, à favoriser des cultures en bonne santé et à rendre le jardin plus productif. Découvrons ensemble ce qu'est le compost, ce qu'il est possible d'y intégrer et pourquoi il constitue un allié précieux pour le jardin.
Par Lucie Granjon

Qu’est-ce que le compost ?
Le compost est le résultat de la transformation naturelle des matières organiques, comme les épluchures de fruits et légumes, les feuilles mortes ou les tontes de gazon. Sous l’action de nombreux organismes vivants, notamment les bactéries, les champignons, les vers de terre et les micro-organismes, ces déchets se décomposent progressivement pour former une matière sombre, souple et riche en éléments nutritifs : le compost.
Ce processus reproduit ce qui se passe naturellement dans les écosystèmes. En présence d’air et d’humidité, les matières dites « vertes », riches en azote, et les matières « brunes », plus riches en carbone, sont progressivement dégradées par la faune et les micro-organismes du sol. Après plusieurs mois, on obtient un amendement naturel apprécié au jardin pour nourrir la terre et contribuer à maintenir sa fertilité.
Pourquoi faire du compost chez soi ?
Faire du compost chez soi permet de transformer une partie de ses déchets du quotidien en ressource utile pour le jardin. Simple à mettre en place, cette pratique accompagne une manière de jardiner plus attentive au sol, à la biodiversité et aux grands cycles naturels.
Pour valoriser ses déchets organiques
Composter ses déchets organiques permet de leur donner une seconde vie plutôt que de les jeter. Épluchures, feuilles mortes, marc de café ou petits déchets végétaux se transforment progressivement en une matière riche et utile pour nourrir la terre.
Pour améliorer la qualité du sol
Au fil des mois, le compost produit une matière riche en humus qui contribue à améliorer la structure du sol et à maintenir sa fertilité. Il favorise également la rétention de l'eau et peut être utilisé au potager, au pied des arbres fruitiers ou dans les massifs fleuris.
Pour adopter les principes de l'agroécologie
Faire son compost, c'est renouer avec les grands cycles du vivant : les déchets végétaux d'aujourd'hui deviennent la matière qui nourrira le sol de demain. Cette approche, au cœur de l'agroécologie, invite à travailler en harmonie avec les équilibres naturels et à préserver la vie du sol.
Quels sont les bienfaits du compost ?
Apporter du compost au jardin permet de nourrir le sol, d’encourager la vie microbienne et d’améliorer progressivement sa structure. C’est l’une des bases d’un sol vivant : un sol plus souple, plus fertile, capable de mieux retenir l’eau et d’offrir de meilleures conditions de croissance aux végétaux.
Le compost permet aussi de limiter le recours aux engrais de synthèse et autres intrants chimiques, qui peuvent fragiliser la vie du sol lorsqu’ils sont utilisés de manière excessive. En jardinage biologique, ses bénéfices sont multiples :
Une meilleure fertilité du sol : riche en matière organique, le compost nourrit la terre durablement et accompagne la croissance des plantations
Une vie du sol plus active : en apportant de la matière organique, il encourage l’activité des micro-organismes, des vers de terre et de toute la petite faune utile au jardin
Un meilleur développement des plantes : un sol vivant et équilibré offre un environnement plus favorable aux racines et à la bonne croissance des végétaux
Une terre mieux structurée : le sol devient plus souple, plus aéré et plus facile à travailler, ce qui peut limiter le besoin de bêchage profond
Un entretien du jardin facilité : une terre mieux structurée se compacte moins, se travaille plus facilement et peut rendre le désherbage plus simple
Une meilleure rétention d’eau : en enrichissant le sol en humus, le compost aide la terre à mieux conserver l’humidité, un atout précieux en période sèche.
Quels sont les différents types de compost ?
Type de compost | Pour qui ? | Comment ça fonctionne ? | Pourquoi l'adopter ? |
Compost d’intérieur | Pour les personnes vivant en appartement ou sans jardin | Les déchets organiques sont placés dans un bac ou un seau adapté. Dans le cas du lombricomposteur, des vers spécifiques participent à leur transformation. | Une solution pratique en ville, à condition de bien respecter les consignes d’usage. |
Compost d’extérieur | Pour les personnes disposant d’un jardin | Les déchets se décomposent en tas ou dans un composteur, grâce à l’air, à l’humidité, aux micro-organismes et à la petite faune présente dans le sol. | Le format le plus courant pour valoriser les déchets du jardin et de la cuisine. |
Compost collectif | Pour les habitants d’un immeuble, d’une résidence ou d’un quartier | Des composteurs partagés sont mis à disposition pour recueillir les déchets organiques de plusieurs foyers. | Une solution conviviale pour composter en ville et réduire les déchets à plus grande échelle. |
Qu’est-ce qu’un lombricomposteur ?
Un lombricomposteur est un système de compostage qui utilise des vers spécifiques, comme Eisenia fetida, pour transformer les déchets organiques. Installés dans un bac adapté, ils consomment progressivement les épluchures, le marc de café ou encore certains cartons non imprimés, puis les transforment en un compost fin et riche.
Ce système est particulièrement intéressant en appartement, car il prend peu de place et peut être utilisé en intérieur lorsque les apports sont bien équilibrés. Il demande toutefois un peu d’attention : les vers ont besoin d’un environnement ni trop sec, ni trop humide, et certains déchets, comme les agrumes en grande quantité, sont à éviter.
Comment faire du compost ?
Faire du compost, c’est un peu comme cuisiner pour le sol : il faut les bons ingrédients, le bon équilibre et un peu d’attention. En mélangeant des matières organiques variées, on nourrit les micro-organismes, les vers et toute la petite faune qui les transforment peu à peu en une matière utile au jardin.
Pour obtenir un bon compost, quatre règles sont essentielles :
Trouver le bon équilibre entre carbone et azote : alternez les matières plutôt carbonées, comme le broyat de bois, la paille, les feuilles mortes ou le carton non imprimé, avec des matières plus riches en azote, comme les épluchures de légumes, les tontes fraîches ou certains fumiers d'animaux.
Favoriser la circulation de l’air : les organismes du compost ont besoin d’oxygène pour décomposer correctement la matière. Les éléments structurants, comme le broyat ou la paille, aident l’air à circuler dans le tas. Pensez aussi à retourner régulièrement votre compost avec une fourche ou un croc.
Maintenir une bonne humidité : le compost doit rester humide, sans être détrempé. Pour le vérifier, prenez une poignée de compost et serrez-la fortement dans la main. Quelques gouttes doivent apparaître. Si l’eau s’écoule abondamment, il est trop humide ; s’il reste sec et friable, il manque d’eau.
Couper les éléments grossiers : plus les matières sont fines, plus elles se décomposent facilement. Coupez ou broyez les branches, tiges épaisses et gros déchets végétaux avant de les ajouter au compost.
Bon à savoir : lorsqu’il est bien mené, le compostage monte en température, ce qui participe à l’assainissement de la matière organique. Les plantes malades peuvent donc être intégrées au compost si les quatre règles précédentes sont bien respectées, notamment l’équilibre des apports, l’aération et la montée en température.
En pratique, le compost maison s’adapte à votre espace :
Si vous avez un jardin : installez un composteur en bois ou en plastique dans un coin légèrement ombragé, ou optez pour un simple tas. Ajoutez progressivement vos déchets de cuisine, vos déchets verts et vos matières brunes, en alternant les apports et en aérant régulièrement
Si vous vivez en appartement : le lombricomposteur est souvent la solution la plus adaptée. Il peut être installé sur un balcon, dans une petite pièce ou sous un évier bien ventilé. Ajoutez les déchets organiques progressivement, sans saturer le bac, pour laisser aux vers le temps de les transformer.
Quels déchets peut-on mettre dans un compost ?
Les matières acceptées peuvent varier selon la méthode de compostage choisie : composteur de jardin, compost partagé, borne d’apport volontaire ou lombricomposteur. Les consignes peuvent aussi différer d’une commune à l’autre. Voici les principaux déchets organiques que l’on peut généralement intégrer dans un composteur de jardin ou un compost partagé :
Les épluchures et restes végétaux : épluchures de légumes, de fruits, de champignons, d’oignons, d’échalotes ou d’ail, agrumes découpés en petits morceaux, aliments avariés d’origine végétale, restes de riz, pâtes ou légumes cuits
Les déchets de cuisine secs : coquilles d’œufs écrasées, noyaux de fruits, marc de café, filtres en papier, sachets de thé, restes de thé et tisanes
Les restes alimentaires à intégrer en petite quantité : croûtes de fromage, produits laitiers périmés et pain rassis, idéalement humidifié et émietté
Les déchets du jardin : feuilles mortes, plantes sèches, fleurs fanées, tontes de gazon, résidus de taille de haie, petites branches et petits morceaux de bois
Les autres matières compostables : essuie-tout et mouchoirs non traités, cheveux et poils d’animaux, en petite quantité
Les plantes malades : elles peuvent être intégrées uniquement si le compost est bien équilibré, suffisamment actif et géré avec précaution.
Attention : en lombricompostage, la liste des matières à intégrer est plus restrictive. Les agrumes, l’ail, l’oignon, les produits laitiers ou les restes cuits sont par exemple à limiter, voire à éviter selon le modèle utilisé.
Comment réussir l’équilibre de son compost ?
Un bon compost repose sur un juste équilibre entre matières humides, matières sèches, air et humidité. Lorsqu’il est trop sec, la décomposition ralentit ; lorsqu’il est trop humide, le tas peut se tasser, manquer d’oxygène et dégager de mauvaises odeurs. L’objectif est d’obtenir une matière humide comme une éponge essorée, ni sèche, ni détrempée.
Compost trop sec | Compost trop humide | Solutions |
Les matières se décomposent très lentement | Le compost sent mauvais ou dégage une odeur de fermentation | Ajouter des matières sèches et structurantes, comme des feuilles mortes, du broyat, de la paille ou du carton non imprimé |
Le tas reste froid et peu actif | Le compost est compact, collant ou pâteux | Aérer en retournant le compost avec une fourche ou un croc |
Les déchets restent visibles longtemps | De l’eau s’écoule lorsque l’on presse une poignée de compost | Alterner les apports humides et secs à chaque ajout |
La matière est friable, poussiéreuse ou très légère | Les moucherons peuvent apparaître en excès | Couper les déchets en petits morceaux et recouvrir les apports frais avec des matières sèches |
Le compost manque d’humidité au toucher | Le tas manque d’oxygène | Ajuster l’humidité : arrosez légèrement si le compost est trop sec ; ajoutez des matières sèches, comme des feuilles mortes, du broyat ou du carton non imprimé, puis brassez s’il est trop humide. |
À éviter dans un composteur de jardin : les graisses, huiles de friture, viandes, os, coquilles de mollusques, papier cuisson, verre, plastique, métal, sacs plastiques, sacs dits « compostables », tissus, terre, cendres, sacs d’aspirateur et gros morceaux de bois.
Comment entretenir son compost et éviter les odeurs ?
Un compost bien équilibré ne doit pas dégager de mauvaises odeurs. Lorsqu’une odeur de fermentation apparaît, c’est souvent le signe d’un manque d’air, d’un excès d’humidité ou d’un apport trop important de matières azotées. Il faut alors rééquilibrer le tas en l’aérant et en ajoutant des matières sèches.
Aérer régulièrement : retournez le compost avec une fourche ou un croc pour faire circuler l’oxygène et relancer la décomposition
Alterner matières vertes et matières brunes : associez les déchets humides et azotés, comme les épluchures ou les tontes fraîches, à des matières sèches et carbonées, comme les feuilles mortes, le broyat ou le carton non imprimé
Surveiller l’humidité : le compost doit rester humide comme une éponge essorée, sans être détrempé. S’il est trop sec, arrosez légèrement ; s’il est trop humide, ajoutez des matières sèches et brassez
Éviter les apports inadaptés : limitez les restes de viande, de poisson, les graisses et les produits très cuisinés, qui peuvent attirer les nuisibles et provoquer des odeurs
Recouvrir les apports frais : après chaque ajout d’épluchures ou de déchets humides, couvrez avec une couche de matières sèches pour limiter les moucherons, absorber l’excès d’humidité et garder un compost plus équilibré.
Pour accélérer la décomposition, pensez aussi à couper les déchets en petits morceaux, à varier les apports et à maintenir une bonne aération du tas.
Que dit la loi sur le tri des biodéchets depuis 2024 ?
Depuis le 1er janvier 2024, la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) a généralisé le tri à la source des biodéchets. Cette mesure concerne aussi bien les particuliers que les professionnels. L’objectif est de mieux valoriser les déchets organiques et de réduire la quantité de déchets envoyés à l’incinération ou à l’enfouissement.
Concrètement, les collectivités territoriales doivent mettre à disposition des habitants une solution adaptée pour trier leurs biodéchets. Selon les communes, plusieurs dispositifs peuvent être proposés :
La distribution de composteurs individuels : certaines collectivités proposent des composteurs gratuits ou une aide à l’achat pour encourager le compostage à domicile
Les composteurs collectifs : ils peuvent être installés en pied d’immeuble, dans une résidence ou à l’échelle d’un quartier
Les bornes d’apport volontaire : elles permettent de déposer ses déchets organiques dans des points de collecte dédiés
La collecte séparée des biodéchets : certaines communes organisent une collecte spécifique, distincte des ordures ménagères.
Pour connaître les solutions disponibles près de chez vous, renseignez-vous auprès de votre mairie ou de votre communauté de communes.
Pour aller plus loin
Pour approfondir le sujet du compostage, de nombreux ouvrages spécialisés sont disponibles, parmi lesquels Je réussis mon compost et lombricompost, publié aux éditions Terre vivante.
L'association Terre & Humanisme propose également des stages et formations pour découvrir les principes de l'agroécologie et les bonnes pratiques du compostage.
Enfin, de nombreuses associations accompagnent les projets de compostage partagé dans les quartiers et les copropriétés. Le Réseau Compost Citoyen met notamment à disposition des ressources et retours d'expérience pour aider les habitants à mettre en place des solutions collectives.
Précautions d’usage
Pour réussir votre compost, veillez à maintenir un bon équilibre entre matières humides et matières sèches, à l’aérer régulièrement et à éviter l’excès d’humidité, souvent responsable des mauvaises odeurs. N’intégrez pas de graisses, huiles, plastiques, métaux, sacs dits « compostables », gros morceaux de bois ou déchets non organiques. En lombricompostage, limitez aussi les apports irritants ou difficiles à décomposer, comme les agrumes, l’ail ou l’oignon.
Conseil de l’expert
Pour réussir votre compost, observez-le régulièrement : son odeur, son humidité et sa texture donnent de bonnes indications sur son équilibre. Un compost vivant ne doit pas sentir mauvais, il doit rester légèrement humide, aéré et composé de matières variées. En cas de doute, ajoutez toujours un peu de matière sèche, comme des feuilles mortes, du broyat ou du carton non imprimé, puis brassez pour relancer la décomposition.
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Comment accélérer la décomposition du compost naturellement ?

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Comment composter les déchets du jardin et les feuilles mortes ?

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Les déchets du jardin, comme les tontes de gazon, les fleurs fanées, les tailles de haies ou les feuilles mortes, constituent une excellente matière pour le compost. Les feuilles mortes, riches en carbone, sont particulièrement utiles pour équilibrer les déchets de cuisine plus riches en azote. Pour favoriser leur décomposition, il est conseillé de les mélanger avec d'autres matières organiques et, si possible, de les broyer ou de les fragmenter avant de les ajouter au compost.

Comment composter sans attirer les rongeurs ?

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Un compost bien équilibré attire peu les nuisibles. Pour limiter les risques, évitez d'y déposer de la viande, du poisson, des graisses ou de grandes quantités d'aliments cuits. Pensez également à recouvrir les déchets frais avec des matières sèches, comme des feuilles mortes ou du broyat, et à maintenir une bonne aération du compost. Si vous utilisez un composteur, veillez à ce qu'il soit correctement fermé et installé sur un sol permettant l'activité des organismes du sol.

Comment doser le compost pour éviter de brûler les plantes ?

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Le compost mûr s'utilise avec modération. En règle générale, une couche d'environ 2 à 3 cm déposée en surface suffit pour enrichir le sol. Il est préférable de ne pas planter directement dans du compost pur, sauf pour certaines plantes très gourmandes comme les courges. Pour les pots et jardinières, mélangez environ un tiers de compost avec deux tiers de terreau. Un compost bien mûr et correctement dosé nourrit le sol progressivement, sans risque pour les plantations.
Zoom sur notre rédactrice, Lucie Granjon
Passionnée par les plantes et leurs propriétés, elle travaille depuis plus de 10 ans dans l'univers de la beauté naturelle et de l'aromathérapie, après avoir débuté sa carrière chez un parfumeur. Lucie accompagne des marques éthiques et engagées dans leur stratégie de développement, la formulation de leurs produits et l'expertise des conseils partagés à leurs client(e)s. Elle a travaillé avec nos équipes Aroma-Zone sur plusieurs livres, notamment "Le grand guide de l'Aromathérapie et des cosmétiques naturels". En parallèle, elle se forme depuis des années à l'aromathérapie, l'herboristerie et la distillation d'huiles essentielles tout en soutenant le travail des productrices et producteurs de plantes français.














